Manu Scordia et Farida Aarrass à la librairie Par Chemins à Forest (jeudi 15 déc 19.30h)

dans ACTIONS/ARTS/Lettres/Letters/Brieven par

farida-aarrass-et-manu-scordiaConférence/débat/discussion autour des 2 livres sur Ali Aarrass:
la bande dessinée « Je m’appelle Ali Aarrass » de Manu Scordia et le livre « Lettres de prison et journal d’une grève » d’Ali Aarrass et Farida Aarrass.
A l’heure du tout-sécuritaire, d’un virage à (l’extrême) droite et de l’explosion du racisme le plus décomplexé, quelles perspectives pour Ali Aarrass et pour les binationaux?

Débat, discussions et témoignages en présence de

– Farida Aarrass, soeur d’Ali Aarrass et co-auteure du livre « Lettre de prison »
– Manu Scordia, auteur de la bd « Je m’appelle Ali Aarrass »

Où ? Librairie Par Chemins, Rue Berthelot 116, 1190 Forest

Quand ? Jeudi 15 décembre 2016 à 19.30h.

La protection consulaire à l’étranger pour tous les Belges binationaux ! Sauvons la vie d’Ali Aarrass ! 14 déc. 12.30h Ministère des Aff. étrangères.

dans ACTIONS par

solitary-confinement-1Il y a deux ans, en février 2014, puis en appel en septembre 2014, la Belgique a été condamnée par deux Cours de justice belges à « requérir de l’État du Maroc de permettre aux autorités consulaires au Maroc de rendre hebdomadairement visite à Ali Aarrass pendant une période de six mois », et à payer « une astreinte de 100 euros par jour de retard si elle n’adresse pas cette demande dans le mois de la signification de l’arrêt », si elle ne réagit pas à l’urgence signalée par la Cour de Bruxelles.

Pour la Cour, « des indications sérieuses tendent à démontrer que l’intimé (Ali Aarrass) a subi des traitements inhumains et dégradants dans les prisons marocaines afin de lui arracher des aveux. » La Cour critique « le silence persistant conservé par les autorités marocaines aux demandes d’information », « la manière dont elles tendent à minimiser les plaintes de l’intimé ».

Pour la Cour, il était clair qu’ « Ali Aarrass subit encore à ce jour des atteintes graves à son intégrité physique et à son intégrité morale.. » 

solitary-confinement-2Depuis ce jugement, Ali Aarrass n’a reçu aucune assistance de la part de la Belgique et n’a vu qu’empirer ses conditions de détention.  

Stop à l’enfermement en isolement d’Ali Aarrass

Début octobre Ali a été transféré à la prison de Tiflet. Pour y être traité comme un rat en laboratoire du nouveau système carcéral à l’américaine qu’on est en train d’installer au Maroc. Selon des spécialistes, ces conditions de détention risquent d’avoir des  conséquences graves aussi bien au niveau psychique que physique d’un détenu si elles sont appliquées de manière prolongée ou indéterminée.  

Voici les conditions de détention de haute sécurité qui ont été imposées à Ali Aarrass. Elles sont mot pour mot identiques aux conditions de « solitary confinement » aux Etats-Unis dans les prisons ou sections de sécurité maximale.

solitary-confinement-juan-mendezAli se trouve dans une cellule de 2m/3m. Il y est seul et aucun contact n’est autorisé ! Il n’a le droit qu’à une heure de sortie sur les 24h, il s’y retrouve seul de nouveau ! Il n’a le droit qu’à une douche par semaine ! Il ne dort pas sur un lit, il n’y en a pas, c’est sur une espèce de bloc de béton ! Il est non seulement isolé dans une cellule 23h/24h, mais il est carrément isolé de tous les autres quartiers ! Il est seul à occuper une cellule dans un hall qui se compose d’une trentaine d’autres cellules, qui sont toutes vides ! Même quand il appelle le gardien, ce dernier ne l’entend pas tant il est loin de ce quartier. Lorsque les repas qui sont abjects, sont distribués, il les reçoit à travers le petit sas ou grille. Autrement dit, aucun contact humain ne lui est autorisé !

(Photo : Juan Mendez, le rapporteur de l’ONU : je propose une interdiction au niveau mondial de l’enfermement en isolement prolongé ou indéfini)

Il est temps d’agir pour que ce régime de détention pour Ali Aarrass soit arrêté immédiatement.

Merci de signer la pétition, cliquez ici 
Merci d’acheter et de diffuser les livres « Lettres de prison et Journal d’une grève de la faim » par Ali et Farida Aarrass et « Je m’appelle Ali Aarrass » de Manu Scordia.  Cliquez ici 

Evénement Facebook, cliquez ici

QUAND ? mercredi 14 décembre à 12:30 – 14:30h
Où ? Ministère des Affaires Étrangères, Rue des Petits Carmes 15, 1000 Bruxelles

Nous invitons toute personne le souhaitant, à nous accompagner lors de la remise de la pétition au ministère des affaires étrangères, pour exiger l’assistance consulaire qui est due à Ali Aarrass.

Le Comité Free Ali Aarrass

 

 

Le cri d’alarme de Houria, la femme d’Ali Aarrass : les conditions de détention d’Ali sont inhumaines !

dans LA PRISON AU MAROC/Lettres/Letters/Brieven par

Houria la femme d'AliDans une lettre à Farida Aarrass, Houria, la femme d’Ali, raconte sa visite à son mari le 8 novembre 2016.

« Je te résume la situation dans laquelle est Ali à l’heure actuelle. Il m’a demandé à ce que je t’en parle, mais insiste pour que tu ne t’inquiètes pas pour lui.

Il est enfermé dans cellule 23h/24 dans un long couloir où il y a plus de 30 cellules, toutes vides. Son lit est en béton. On lui a remis 2 couvertures militaires toutes fines. Celles qu’il avait avant, il a du me les remettre car interdites, ainsi que les draps et tous les objets qui lui servait pour cuisiner. Ainsi que les réserves qu’il avait encore en pâtes, café, infusions…

En plus de ça tout ce que je lui ai apporté, lui a été interdit, ils me l’ont donc rendu. Exception faite des fruits, des cahiers et bics.

Dans cette prison le régime est très stricte, l’unique chose que peuvent apporter les familles est la nourriture préparée et les fruits. C’est apparemment la même chose pour tous les détenus dans cette prison. C’est du moins ce qu’ils disent.

J’ai demandé à un fonctionnaire comment c’était possible et il m’a répondu que tout ce que nous apportons peut être acheté dans le magasin qu’ils ont à l’intérieur de la prison. Je ne sais pas s’il faut vraiment croire cela, j’ignore à quel moment Ali pourrait s’acheter quoi que ce soit alors qu’il est enfermé 23h/24. Mais nous veillerons à renflouer autant que possible en argent, son compte à l’économat de la prison.

Il a droit à 1 heure de promenade toujours tout seul. Il en profite pour faire un peu de sport, pour se maintenir tant bien que mal, en forme.

Il a demandé au directeur la raison de son transfert à cette prison. Il a répondu que l’ordre vient du chef pénitentiaire. Mais dès qu’il a eu l’opportunité, il a posé la même question à un coordinateur qui lui répond que l’ordre vient de plus haut.

Ali dit ne pas savoir qui croire ????

Il a demandé combien de temps va durer cette situation inhumaine. Combien de temps il va encore être ainsi traité ?

Nourriture abjecte fournie sans échange, pas le moindre mot. Privation de tout contact humain et cela même lors de son heure de préau !

Tout est fait de façon à ce qu’il se retrouve tout le temps seul !

De quoi lui rendre fou !

Dès qu’il a eu l’occasion, il leur a fait savoir que s’il lui arrivait quoi que ce soit, ils seraient responsables.

Dans la nuit du vendredi à samedi, il a été pris de sueurs froides, chaudes et lorsqu’il s’est levé a été pris de vertiges et a vomis du blanc. Il a paniqué et a crié de toutes ses forces pour alerter le garde, qui étant trop loin ne l’entendait pas.

Ces derniers temps (cela avait déjà commencé à Salé 2) il est souvent pris de vertiges et il lui arrive de perdre conscience. Il leur a fait comprendre qu’il a souvent des vertiges et qu’il tombe, mais aucun retour. A Salé il avait déjà vu un médecin pour cela : vertige, vomissements, du mal à uriner. Il l’a fait savoir au médecin dans la prison actuelle.

D’ailleurs la nuit du vendredi à samedi il est tombé, il n’a pas arrêté de crier pour qu’on vienne le voir, sans réponse. Il est resté un long moment espérant qu’on vienne. Il a crié encore et encore de toutes ses forces et enfin est apparu un gardien qui l’a emmené à l’infirmerie.

C’est suite à cela qui s’est plaint des conditions dans lesquelles il est. Il avait demandé à voir le directeur cette semaine on va voir s’il va le recevoir.

Ali demande qu’un Comité des droits de l’homme vienne le voir et raconter sa situation alarmante avant que son état n’empire.

Il continue à espérer la visite du consul belge. Je lui ai dit qu’il y a une pétition qui circule pour récolter le maximum de signatures pour qu’il puisse avoir une visite consulaire.

Depuis qu’il est là, il y a eu 4 fouilles !!!! Des fouilles inutiles pour lui puisqu’il n’a aucun contact et donc jamais ils n’auraient à trouver quoi que ce soit de nouveau !!!!

Sa condition est pénible, insupportable… Ali leur a fait également savoir qu’il veut voir un ophtalmologue car sa vue à baissé, il devrait changer de lunettes. On ne lui a pas encore répondu.

En ce qui concerne la visite même, la prison est en dehors de la ville. Il y en a 2 Tiflet 1 et Tiflet 2..

Elles sont l’une à côté de l’autre.

Pour y accéder on a dû laisser la voiture assez loin et marcher une belle trotte avant d’y arriver.

Il n’y avait pas d’autres familles à ce moment-là.

J’ai frappé au portail et un fonctionnaire est sorti aussitôt. Après lui avoir dit qu’on venait pour rendre visite à un détenu, il nous a fait savoir que seulement 2 personnes pouvaient rentrer, donc je suis rentrée moi et ton frère Musti.

Malheureusement Famma l’épouse de ton père a dû rester dehors. On est rentré directement après la vérification des paperasses. On est passé par le contrôle des affaires qu’on a apportées, qui finalement ont toutes été refusées exception faite des fruits.

Après la fouille corporelle très minutieuse, on nous a indiqué la salle de visite. Nous sommes passés par un grand couloir avant d’arriver à cette salle, qui m’a paru très grande par rapport à celle de Salé. Il y avait au moins 10 tables avec des chaises autour d’elles.

Trois gardiens se tenaient assis là, à proximité, pour la surveillance. A part nous, il y avait 2 autres familles qui attendaient un proche. Ali est apparu le premier.

Dès qu il nous a vus, un grand sourire est apparu sur son visage qui s’est illuminé. Ton frère Musti lui a fait cette remarque :  » Que guapo estas hermano » (que tu es beau mon frère). Ali a éclaté de rire. Cela faisait plaisir de le voir ainsi rire. Il nous a serrés très fort dans ses bras, il ne nous lâchait plus…. puis a immédiatement demandé des nouvelles de tout le monde.

Mais juste après ça il a repris son air sérieux et a commencé à nous raconter toute la situation dégradante dans laquelle il est..

Il parlait vite et regardait souvent sa montre, comme s’il avait peur d’oublier quelque chose…pour ne rien oublier. Il nous a dit qu’on n’avait qu’à une demi heure de visite !!!! J’étais choquée, mais je n’ai pas voulu rajouter une couche supplémentaire à ce désastre dévastateur. Mais je me disais en mon fort intérieur : Mais c’est trop court !!!!! On l’a laissé parler sans l’interrompre.

Farida, il faut absolument le faire sortir de cette condition inhumaine. Moi je reste sans voix face à sa force morale. Il m’a fait savoir qu’ils n’arriveront pas à le briser. Mais je suis morte d’inquiétude, je sens qu’il ne tiendra pas, c’est trop !!!!

Il dit puiser sa force dans sa foi en Dieu, mais aussi en pensant beaucoup à sa famille et grâce à tout le soutien qu’il a à l’extérieur.

Un petit détail que j’ai oublié. Il n’a droit qu’à une seule douche par semaine. Lui ce qu’il fait c’est prendre deux bouteilles d’eau il les met avec lui pour dormir, au matin elles sont tièdes et se lave avec.

Je te précise qu’ils ne lui ont pas remis ses couvertures, j’ai dû les reprendre avec… Il met pour dormir sur une des couvertures fines des vêtements à lui pour amortir la dureté du béton.

Lui, pour l’instant, il veut juste que s’améliorent ses conditions de détention. »

Houria, épouse d’Ali Aarrass.

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Act now ! Signez la pétition et achetez les livres sur Ali Aarrass ( 10 points de vente !)

Act now ! Signez la pétition et achetez les livres sur Ali Aarrass ( 10 points de vente !)

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librarie-resistances-paris-iiLibrairie UOPC, Avenue Gustave Demey 14-16, 1160 Auderghem, Bruxelles

Tropismes Libraires, Les Galeries Royales Saint-Hubert, Galerie des Princes 11, 1000 Bruxelles

Librairie Joli Mai : Avenue Paul Dejaer 29, 1060 Saint-Gilles

Librairie Par Chemins, Rue Berthelot 116, 1190 Forest

ESG asbl, Rue d’Anderlecht 30, 1000 Bruxelles

PTB shop, Boulevard Lemonnier 171, 1000 Bruxelles

Le Space, Rue de la clé 26 Sleutelstraat, 1000 Brussels

Librairie Aurora, 34 av. J. Volders 34 1060 Saint-Gilles

Antidote, par virement sur le compte IBAN : BE20 0004 2359 4956 BIC: BPOTBEB1XXX

Librairie Résistances, 4 Villa Compoint 75017 Paris

Signez la pétition pour une assistance consulaire pour Ali Aarrass / Consular protection for Ali Aarrass / Consulaire bijstand voor Ali Aarrass / Assistencia consular para Ali Aarrass :

Cliquez ici

Présentation des livres sur Ali Aarrass à la Librairie Résistances (Paris) par Manu Scordia et Luk Vervaet (19 nov 17h)

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Présentation de « Je m’appelle Ali Aarrass » et de « Lettres de prison et Journal d’une grève de la faim  » sur les emprisonnements arbitraires au Maroc.

Samedi 19 novembre à partir de 17 H

Librairie Résistances
4 Villa Compoint 75017 Paris

(Angle du 40, rue Guy Môquet)

Manu Scordia et Luk Vervaet présenteront deux livres : La bande dessinée « Je m’appelle Ali Aarrass » et « Lettres de prison et Journal d’une grève de la faim », qui concernent les prisonniers politiques marocains et notamment Ali Aarrass dont l’affaire est l’un des scandales judiciaires et politiques majeurs de cette dernière décennie, en Belgique.

Belgo-Marocain arrêté en 2008 pour terrorisme en Espagne à la demande du Maroc, Ali y est soumis à la torture blanche pendant près de trois ans, puis innocenté par le juge Garzon. Abandonné par son pays, la Belgique, Il est illégalement extradé par l’Espagne au Maroc où il sera torturé pendant douze jours. Après un procès inique, il est condamné à 12 ans de détention et enfermé dans la prison de haute sécurité de Salé II et, depuis octobre 2016, à la prison de Tiflet II. Des instances onusiennes, dont le Comité contre la torture, le Comité contre la détention arbitraire et le Comité des droits de l’homme, demandent sa libération. En 2014, Ali accepte d’être l’une des cinq personnes emblématiques de la campagne internationale d’Amnesty International, « Stop torture ».

Avec ces Lettres de prison, écrites de 2012 à 2016, Ali brise le silence. « Les récits d’hier et d’aujourd’hui se ressemblent », écrit Khadija Ryadi, lauréate 2013 du prix des Droits de l’Homme des Nations-Unies. Comme Henri Alleg dans La Question sur la torture pendant la guerre d’Algérie, ou Ahmed Marzouki dans Tazmamart cellule 10 sur les tortionnaires d’Hassan II, Ali livre un témoignage accablant sur la torture des temps modernes.

Dans Journal d’une grève de la faim, sa sœur Farida nous entraîne dans le monde des familles des détenus, qui elles aussi vivent la prison. Oscillant entre souffrance, désespoir et résistance pendant la sixième grève de la faim de son frère, elle lance un appel contre l’indifférence et la peur.

Le livre de Manu Scordia est une bande dessinée en noir et blanc de style « roman graphique » qui raconte l’histoire d’Ali Aarrass. Il retrace le parcours de cet homme, son enfance à Melilla, sa venue en Belgique, son mariage, ses différents boulots, son service militaire, sa librairie, son arrestation puis les mauvais traitements, l’extradition, la torture, le procès inique… tout cela en alternance avec le combat de sa sœur Farida pour la libération de son frère.

Manu Scordia est auteur de bande dessinée et illustrateur. Il est l’auteur de deux BD et a collaboré à plusieurs fanzines et projets de BD collectives. Il est également dessinateur pour divers organes de presse. Ses thèmes principaux sont le racisme, la discrimination, les réfugiés, le colonialisme, la question palestinienne, l’exclusion sociale et l’exploitation de manière générale.

Son travail est visible sur son blog: manu-scordia.blogspot.be

Il travaille également comme animateur dans une association pour les enfants du quartier à Cuesmes dans le Borinage.

Luk Vervaet, est un militant qui lutte contre l’injustice, l’enfermement et la torture. Il a écrit plusieurs livres, dont « Guantanamo chez nous ? »  , qui décrit et analyse la transformation de la société sous l’influence américaine. Ou comment, sous prétexte d’assurer notre sécurité, les gouvernements occidentaux violent les droits de l’Homme et toutes les conventions internationales.

17ème Festival du Cinéma d’Attac : Rencontre avec le Choeur d’Ali Aarrass (BXL Botanique, samedi 26 nov 15 h)

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festival-des-libertes-le-choeur-dali-aarrass le-choeur-dali-aarrassLe chœur d’Ali Aarrass
Débat
Chansons, vidéos et discussion avec le public.

Depuis plusieurs mois un collectif de femmes chante pour réclamer la libération d’Ali Aarrass, belgo-marocain détenu arbitrairement au Maroc.
Rencontre avec Farida Aarrass la soeur d’Ali, la metteuse en scène Julie Jaroszewski et les femmes du Choeur. Si l’accusation de terrorisme déshumanise, ces femmes font le pari de ré-humaniser la figure d’Ali par la culture.

Où : Botanique, Rue Royale, 236, Bruxelles

Quand : Samedi 26 novembre 2016 à 15 heures

Evénement Facebook cliquez ICI

Site du 17ème Festival du Cinéma d’Attac, cliquez ICI

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Protégez / Protect / Bescherm Ali Aarrass ! Merci de signer la pétition! Please sign the petition ! Dank om de petitie te tekenen !

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livres-2409-panel-ii(français) Assistance consulaire pour Ali Aarrass
Ali Aarrass est un Belgo-marocain injustement enfermé depuis 8 ans au Maroc suite à des aveux obtenus sous la torture dans une affaire de terrorisme.

En effet, la vie d’Ali Aarrass bascule le 1er avril 2008, lorsqu’il est arrêté à Melilla – enclave espagnole en territoire marocain – et transféré en Espagne, soupçonné d’appartenir à un réseau terroriste. Après une longue et minutieuse enquête, le célèbre juge Baltazar Garzon conclut à un non-lieu en mars 2009. Le Maroc, pourtant, exige de l’Espagne l’extradition d’Ali Aarrass. Celle-ci aura lieu le 14 décembre 2010 malgré l’opposition du Haut-Commissariat aux Droits de l’Homme des Nations Unies. Sous les coups de la torture infligés dans le centre de détention de Témara au Maroc, Ali Aarrass finit par avouer un crime qu’il n’a pas commis et signe des aveux en arabe, langue qu’il ne maîtrise pas. Au terme d’un procès inéquitable, il est d’abord condamné à une peine de 15 ans d’emprisonnement, finalement ramenée à 12 ans en appel. Les autorités belges n’ont rien fait pour empêcher cette illégale extradition vers un pays connu pour pratiquer la torture. Elles ont en outre refusé d’apporter volontairement l’aide consulaire à Ali Aarrass. Il a fallu que le Ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders, soit condamné par la Cour d’appel de Bruxelles pour qu’enfin il entame de timides démarches en vue de pouvoir rencontrer son ressortissant. Récemment, le Maroc a indiqué son refus d’accorder lesdites visites et Mr Reynders laisse faire, malgré le droit évident du Consul de Belgique au Maroc de pouvoir visiter Ali Aarrass en prison

Le 10 octobre 2016, il est transféré de la prison de Salé 2 vers celle de Tiflet 2 sans avertissement préalable. Ali Aarrass  a été placé en régime strict dans cette nouvelle prison, sans motif précis et sans que soit notifiée une décision administrative pouvant être contestée. Ses conditions de détention sont particulièrement dures : il est confiné 23h/24h dans une minuscule cellule où il n’y a pas de lit, il est confronté à la malnutrition, il n’a accès aux douches qu’une seule fois par semaine, il ne peut parler avec aucun détenu et les contacts avec sa famille sont limités à un seul appel hebdomadaire d’une durée de 5 minutes.

Nous adressons au Ministre des Affaires étrangères une nouvelle requête afin qu’il intervienne à l’égard d’Ali Aarrass, en détention préventive depuis plus de 8 ans et toujours en attente d’une réponse à son recours en cassation. Ali Aarrass, ce citoyen belge oublié de son propre pays, est devenu l’emblème de débats cruciaux qui agitent nos sociétés. Son sort ne peut définitivement plus être ignoré par les autorités belges, comme cela a été le cas jusqu’à aujourd’hui. Mr Reynders se réjouissait l’an dernier que la Belgique soit élue au Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU. Nous attendons dès lors qu’il agisse enfin face à la terrible injustice subie par Ali Aarrass pour montrer que notre pays est digne d’une telle nomination.

Plus d’informations sur l’affaire Ali Aarrass : http://www.freeali.eu/

petition-signez-la-petitionPOUR SIGNER LA PÉTITION CLIQUEZ ICI

 

 

(English) Consular assistance for Ali Aarrass

Ali Aarrass is a dual Belgian-Moroccan citizen, unjustly imprisoned for eight years in Morocco following a terrorism conviction based solely on torture evidence.   Ali Aarrass’ life was turned upside down on 1 April 2008, when he was arrested in Melilla, the Spanish enclave in Moroccan territory, and transferred to Spain, on
suspicion of belonging to a terrorist network. After a long and careful investigation, the celebrated judge Baltazar Garzon decided there was no case to answer in March 2009. But the Moroccan government demanded the extradition of Ali Aarrass, and this took place on 14 December 2010, over the objections of the UN High Commission on Human Rights. Under horrendous torture inflicted in Témara detention centre in Morocco, Ali eventually confessed a crime he had not committed, signing a document in Arabic (a language he does not speak). Following a flagrantly unjust trial, he was sentenced to 15 years’ imprisonment, reduced to 12 years on appeal.  

The Belgian authorities did nothing to prevent this illegal extradition to a country known to practice torture. They refused to provide consular assistance to Ali Aarrass. It took an order imposed on foreign minister Didier Reynders by the Brussels court of appeal for the first timid steps towards meeting him to be carried out. Recently, Morocco has refused to allow these visits, and Reynders has not protested, despite the clear right of the Belgian consulate to visit a citizen in prison.  

On 10 October 2016, Ali was transferred without warning from Salé prison to Tiflet 2, where he has been placed under a strict regime, with no reasons given and without a formal, contestable administrative decision being notified. Conditions of detention are extremely harsh: he is confined for 23 or 24 hours a day in a tiny cell with no bed, he is not fed properly and faces malnutrition, he can shower only once a week, he may not speak with other prisoners and contact with his family is limited to a weekly five-minute phone call.   Once more we call on the foreign minister to intervene for Ali, detained for over eight years, still waiting for a response to his 3-year-old request to the Moroccan appeal court. Ali a Belgian citizen forgotten by his own country, has become an emblem of the debates shaking our societies. His plight cannot continue to be ignored by the Belgian authorities, as has been the case to date. Last year, Mr Reynders was delighted that Belgium was elected to the UN’s Human Rights Council. Since then we have waited for him to act, in the face of the terrible injustice suffered by Ali Aarrass, to show that his country is worthy of such a nomination.

More on Ali Aarrass: http://www.freeali.eu/   

petition-sign-the-petitionTO SIGN THE PETITION CLICK HERE

 

 

 

(Nederlands) Consulaire bijstand voor Ali Aarrass

De Belg Ali Aarrass heeft de dubbele, Belgisch-Marokkaanse, nationalitieit. Hij zit sinds meer dan 8 jaar ten onrechte in de gevangenis, eerst in Spanje, daarna in Marokko.

Op 1 april 2008 werd hij op vraag van Marokko gearresteerd in Melilla –  de Spaanse enclave op Marokkaans grondgebied – en overgebracht naar Spanje op verdenking van lidmaatschap van een terroristisch netwerk. Na een lang en zorgvuldig onderzoek stelde de internationaal bekende rechter Baltasar Garzón in maart 2009 Ali buiten vervolging. Maar, op 14 december 2010, ondanks het bezwaar van de Hoge Commissaris voor de Rechten van de Mens van de Verenigde Naties, leverde Spanje Ali Aarrass uit aan Marokko. Ali Aarrass zal er worden gefolterd tot hij in het detentiecentrum Temara een handtekening zet onder de aanklacht tegen hem, opgesteld in het Arabisch, een taal die hij niet machtig is. Dit papier zal gelden als zijn bekentenis. Op deze basis wordt hij eerst veroordeeld tot 15 jaar cel, daarna, in hoger beroep, teruggebracht tot 12 jaar. De Belgische overheid deed niets om deze illegale uitlevering aan een land, dat bekend staat ​​om marteling, te voorkomen. België weigerde ook de consulaire bijstand voor Ali Aarrass. Tot de minister van Buitenlandse Zaken, Didier Reynders, door het Brusselse Hof van Beroep veroordeeld werd om die consulaire bijstand te verstrekken. Marokko weigert intussen om België de toelating te geven Ali Aarrass te bezoeken, ondanks het algemeen erkende recht van een consulaat om dit te doen.

Op 10 oktober 2016 werd Ali Aarrass overgeplaatst van de gevangenis in Salé II naar de gevangenis van Tiflet. Ali Aarrass werd er onder extreem regime geplaatst, zonder opgave van reden en zonder dat de beslissing kan worden aangevochten. Zijn detentievoorwaarden zijn bijzonder hard: alleen in een cel  gedurende 23u/24u, alleen op de wandeling gedurende één uur, douche eenmaal per week, afgesneden van elke contact andere gevangenen en zijn contact met de familie is beperkt tot één telefoongesprek gedurende 5 minuten per week.

Wij richten aan de minister van Buitenlandse Zaken een dringend verzoek om in te grijpen. Ali Aarrass zit sinds 8 jaar in voorlopige hechtenis: hij wacht nog steeds op een antwoord op vraag op een proces in cassatie. Hij is dus nog altijd niet définitief veroordeeld. Ali Aarrass is een Belg, vergeten door zijn eigen land. Hij is het embleem geworden van de cruciale debatten die onze samenleving beroeren. Zijn situatie kan niet langer genegeerd worden door de Belgische autoriteiten, zoals tot nu toe het geval is geweest. De heer Reynders verheugde zich vorig jaar over het feit dat België werd verkozen als lid van de Raad voor de Mensenrechten van de VN. Wil België een dergelijke plaats waardig zijn, dan verwachten wij dat de minister eindelijk een einde stelt aan het onrecht waarvan Ali Aarrass sinds meer dan 8 jaar het slachtoffer is.

petition-teken-de-petitieOM DE PETITIE TE TEKENEN KLIK HIER

 

 

 

 

Ce texte a été publié sur le site en ligne du Soir ou vous pourrez lire la version intégrale http://plus.lesoir.be/65240/article/2016-10-22/de-quoi-ali-aarrass-est-il-le-nom#_ga=1.125596362.1910915351.1452799741 

 

Merci d’écrire à Ali Aarrass, n° d’écrou : 930, Prison de Tiflet 2, Tiflet, Maroc

dans Lettres/Letters/Brieven par

larmes-et-lettres-ali-aarrassJe vous remercie d’avance pour ce que vous ferez.
Mais j’aimerais que vous sachiez (même si je sais que je me répète) que Ali a toujours besoin de notre soutien à tous.
Il est en isolement dans une nouvelle prison. Même s’il dit qu’il va bien (je sais qu’il le dit surtout pour nous rassurer) il n’y connait personne. Les contacts téléphoniques sont réduits à une seule fois par semaine, ce qui l’isolera encore plus…. Il n’a personne au Maroc.
Ali n’aspire qu’à la paix, tant il a subi répression sur répression à Salé 2, et il n’est pas dans un lieu où il baignera dans le bonheur.
N’oubliez pas surtout qu’il s’agit d’un homme qui n’a commis aucun crime, qui a vécu l’innommable depuis plus de 8 ans.
L’arbitraire et encore l’arbitraire….

Alors de grâce ne l’oubliez pas.
Même une toute petite lettre avec quelques mots rassurants, du genre : Ali tu n’es pas seul !

Aussi, si vous craignez qu’en affichant vos noms vous courriez le moindre risque, prenez un nom d’emprunt. Un pseudo. Ali comprend que trop bien et nous aussi.

Je compte sur vous <3

Pour celles et ceux qui le veulent, sachez que chaque vendredi à 18h30, un groupe d’écriture s’organise autour d’une table à la cafet’ d’ESG asbl : rue d’Anderlecht, 30 – 1000 Bruxelles. (Anneessens)

Farida Aarrass

Question aux autorités marocaines et belges : Pourquoi Ali Aarrass a-t-il été transféré dans une autre prison au Maroc ? (articles dans RTBF, LaCapitale)

dans DANS LA PRESSE par

 

ali_aarrass release Source  RTBF.be

K. F. le mardi 11 octobre 2016 

Ali Aarrass, Belgo-Marocain détenu au Maroc depuis 2011 et condamné à douze ans de prison en 2012 pour participation à un groupe terroriste, aurait quitté sa prison de Salé (Rabat). C’est ce qu’a annoncé ce mardi matin sa sœur Farida Aarrass sur Facebook. 

Selon Farida Aarrass, que la RTBF a pu contacter, « c’est une information qui nous est parvenue de source sûre. Nous sommes très inquiets ». Le dernier contact que Farida Aarrass a eu avec son frère date de ce lundi 16 h 30. « Je l’ai eu au téléphone comme je l’ai quasiment chaque jour. C’est lui qui m’appelle. Moi, je ne peux pas le faire. Lors de l’échange, il n’a pas été question de départ de sa prison. Il m’a parlé des restrictions alimentaires et de son état de santé. » 

Selon Farida Aarrass, « il n’y a aucune raison pour qu’Ali quitte sa prison de Salé dans laquelle il est détenu depuis plusieurs mois », depuis son départ de la prison de Temara. 

Farida Aarrass a mandaté l’avocat marocain d’Ali Aarrass, Maître Khalil Idrissi du barreau de Rabat afin que celui-ci puisse obtenir des informations sur l’éventuel transfert du détenu âgé de 53 ans. « Mon frère a subi d’atroces tortures dans la prison de Temara depuis sa condamnation. Il a ensuite été transféré à la prison de Salé 2. Le moindre dérèglement le terrifierait. » 

Un comité de soutien a été constitué en Belgique pour tenter d’obtenir la libération d’Ali Aarrass, qui a toujours clamé son innocence. Le détenu s’est également lancé dans plusieurs grèves de la faim pour alerter l’opinion publique et les dirigeants politiques. L’avocat belge de la famille Aarrass, Nicolas Cohen, a également entamé des démarches afin de faire entendre le sort du prisonnier auprès des autorités européennes.

Transféré à la prison de Tiflet

Vers 17 h, Farida Aarrass, qui avait pris contact avec les Affaires étrangères belges dans la journée, postait un nouveau message. « Je viens de recevoir un coup de fil du ministère des affaires étrangères. Ali Aarrass a été transféré à la prison de Tiflet 2, à 60 km de Rabat », écrit Farida Aarrass. « Ils ne savent pas encore la raison de ce transfert. Ils l’ont encore plus éloigné de nous. Il n’a toujours pas appelé pour qu’on puisse savoir comment il va. J’ai besoin d’entendre le son de sa voix. » 

Le SPF Affaires étrangères a confirmé cette information à la RTBF. « Notre ambassade au Maroc a pris des contacts avec les autorités locales et a été en mesure de confirmer le transfert de M. Aarrass. Les raisons de ce transfert ne sont pas connues », précise Michaël Mareel porte-parole des Affaires étrangères.

Ce mardi soir, Farida Aarrass a pu avoir un court contact téléphonique avec son frère. « Ali a été emmené à Tiflet hier, après qu’ils aient rassemblé toutes ses affaires personnelles », explique sa sœur. « Ali dit qu’il va bien, qu’il n’a pas été maltraité, qu’il a été reçu avec respect. Il est en isolement et il ignore tout des raisons de ce transfert. Ali aimerait quand même connaitre les raisons de cette décision. A Tiflet, il n’aura droit à nous appeler que les mardis, 5 minutes d’appel une fois par semaine. » La famille d’Ali Aarrass espère que ce transfert sera « un mal pour un bien ».

Source LaCapitale.be

Ali Aarrass, détenu au Maroc, transféré de la prison de Salé vers celle de Tiflet 2, selon sa soeur
Rédaction en ligne

Très inquiète, la sœur d’Ali Aarrass a lancé un appel à l’aide sur Facebook. Son frère, détenu au Maroc depuis 2011, aurait été transféré de la prison de Salé vers celle de Tiflet 2.

«  Je viens de recevoir un coup de fil du ministère des Affaires étrangères. Il a été transféré à la prison de Tiflet 2, à 60 km de Rabat. Ils ne savent pas encore la raison de ce transfert  », assure Farida Aarrass.

Farida Aarrass a aussi pris contact avec son avocat marocain Khalil Idrissi afin qu’il puisse se renseigner sur ce transfert. Ce dernier étant en audience, n’a pas su nous répondre lorsque nous l’avons contacté. «  Ils l’ont encore plus éloigné de nous  », a-t-elle encore commenté.

Condamné à 12 ans de prison en 2012 pour participation à un groupe terroriste, il a fait l’objet de plusieurs manifestations de soutien.

Il affirme que sa condamnation repose sur des aveux obtenus sous la torture. Cette torture a été rapportée par les Nations unies, qui exigent, comme de nombreuses associations des droits de l’Homme, sa libération immédiate. Plusieurs comités de soutien ont vu le jour et récemment, Farida Aarrass a publié deux livres dont les bénéfices servent à payer les frais de justice de son frère.

Ali Aarrass dispose également de soutien dans le monde médiatique et culturel (Jacques Mercier, Ismaël Saïdi, Serge Larivière, Myriam Leroy, Fréderic du Bus, Thomas Gunzing, Juan d’Oultremont, Richard Ruben et Sam Touzani). Ces derniers avaient pris sa défense et demandé sa libération dans une vidéo diffusée en décembre dernier.

« Poignant. Humain. Ludique. Deux livres contre l’invisibilisation d’Ali Aarrass », par Pierre Piccinin da Prata dans Le Courrier du Maghreb et de l’Orient (septembre 2016)

dans DANS LA PRESSE par

pierre-piccininSource

MAROC – Huit ans ! Déjà…

SEPTEMBER, 2016

C’est l’histoire d’une descente aux Enfers… Celle d’un citoyen belge, arrêté en Espagne, puis relaxé par un célèbre juge, Baltasar Garzón ; mais ensuite quand même extradé par le pouvoir exécutif espagnol, à la demande discrétionnaire des autorités marocaines… Une extradition dangereuse, vers un pays connu pour le peu de cas qu’y font de la vie humaine policiers et militaires… C’est pourquoi le Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU, qui s’était saisi de l’affaire, avait donné un avis très défavorable au gouvernement espagnol, qui est néanmoins passé outre… L’histoire d’un citoyen belge, qui n’a reçu aucune assistance du ministère des Affaires étrangères de son pays.

L’attitude du ministre belge concerné, Didier Reynders, qui refuse de mobiliser la représentation diplomatique belge au Maroc, reste inexplicable… Racisme latent ? Négligence à l’égard d’un « citoyen de seconde classe » dont le sort ne mobilise pas les foules ? Ou simple « realpolitik » de la part d’un ministre libéral au sang froid qui ne souhaite pas, pour sauver simplement la peau d’un « bougnoul », se fâcher avec un partenaire économique historique, défini par le secrétariat d’État au commerce comme la porte d’entrée vers l’Afrique subsaharienne ?

Il est vrai que la croissance moyenne du royaume chérifien est actuellement de 4,5% et que les exportations belges y progressent sensiblement chaque année. Alors, pourquoi risquer une crise diplomatique pour un moribond, d’ailleurs « pas tout à fait belge », en mettant le doigt sur une erreur judiciaire que le gouvernement marocain refuse coûte que coûte de reconnaître ?

Sans compter que le roi du Maroc possède 60% des actions de la Société nationale d’Investissement et fait chez lui la pluie et le beau temps dans le domaine qui intéresse le plus le gouvernement belge… C’est là tout le principe du makhzen, cette nébuleuse qui gravite autour de la famille royale et imbrique les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire et le monde entrepreneurial et financier.

La vie d’Ali Aarrass, depuis avril 2008, est emportée par le torrent d’une « justice » marocaine surréaliste, où se succèdent les procès dont les verdicts sont ficelés d’avance… Les avocats belges qui se sont rendus au Maroc pour plaider la cause de leur client en sont revenus stupéfaits, écœurés : « Les juges n’écoutent pas ; certains lisent, jouent avec leur téléphone portable ; d’autres s’assoupissent pendant les plaidoiries », déclarent Maître Nicolas Cohen ; et l’avocat, ému, d’ajouter : « Parfois, quand je parle d’Ali, à la maison, mes jeunes enfants me demandent : ‘C’est qui, Ali ? Pourquoi est-ce que des policiers ont pu se tromper ? Pourquoi est-ce qu’ils ont envie de garder Ali en prison ?’ »

On le sait, le Maroc, « l’élève modèle » du Maghreb en matière de Droits de l’Hommes, selon Paris et Bruxelles -et toute l’Union européenne béate d’admiration-, n’est en réalité pas moins indifférente au respect des libertés individuelles que ses voisins (exception faite de la Tunisie ?). On torture sans état d’âme dans les geôles du régime, qui pour arracher des aveux, qui pour mâter les prisonniers les plus audacieux à vouloir faire valoir leurs droits les plus légitimes, qui, parfois, par habitude d’une culture carcérale immuable…

Le « bon élève » est un leurre de papier : certes, la législation marocaine a multiplié, ces dernières années, les textes et articles promouvant les droits de la famille, les droits de la femme, les droits individuels, la collaboration avec les instances onusiennes, etc. Mais, dans les faits, dans la réalité quotidienne de ce royaume quasi théocratique où tout un establishment politico-financier gravite autour du monarque, ces lois, qui émerveillent les partenaires économiques occidentaux du Maroc, demeurent lettres mortes.

La Constitution de 2011, tant vantée pour ses « ouvertures démocratiques » par les chancelleries occidentales de tout poil, n’a en réalité rien changé au fait que le roi gouverne seul : il s’est agit d’un os, jeté aux contestataires du Mouvement du 20 Février, qui avaient cru dans le « Printemps arabe » ; mais sa majesté continue de nommer les juges et, directement, la plupart des hauts-fonctionnaires, il choisit ses ministres et les révoque selon son humeur, comme il peut aussi dissoudre le parlement si la majorité ne lui convient pas. Et le contexte terroriste actuel n’a fait que renforcer le climat d’arbitraire généralisé qui préside aux destinées judiciaires dans ce pays ; le « terrorisme » a bon dos, et il sert surtout à faire taire les opposants au régime.

En 2008, les autorités marocaines cherchent des coupables dans l’affaire des attentats de Casablanca qui ont eu lieu l’année précédente. Le nom d’Ali, comme ceux de centaines d’autres personnes, se retrouve sur une liste ; il est soupçonné… Une méprise, une « intime conviction », une négligence… Il est emprisonné. La police marocaine fouille partout, cherche des preuves ; les policiers creusent tout autour de la propriété de sa tante au Maroc. On n’en trouve pas. Rien.

Ali est alors torturé. Puisqu’il faut des preuves, on va en avoir… Il disparaît, dans le centre de Temara, tristement célèbre au Maroc.

Passages à tabac. Ali est suspendu par les poignets ; ses tortionnaires le frappent avec des bâtons, ils frappent « comme des fous ». Simulations de noyade. Injections de produits chimiques dans les veines ; des médecins participent aux séances de torture. Brûlures de cigarettes. Électrocutions ; décharges sur les parties génitales. Les agents de la sécurité qui « l’interrogent » l’obligent à mâcher du verre pilé ; Ali perd cinq dents. Tellement on le frappe sur la tête, il perd l’usage d’une oreille.

La Belgique ne réagit pas.

Les agents menacent de s’en prendre à sa petite fille.

Ali finit par céder ; on lui fait signer un document, rédigé en arabe. Ali ne lit pas l’arabe… Ce sont ses « aveux ». Il est condamné à douze années de réclusion ferme.

Un rapport des Nations Unies, dont les émissaires sont parvenus à rencontrer Ali et à le faire examiner, confirme tous les actes de tortures subis.

La Belgique ne réagit toujours pas.

Et le ministre marocain de l’Intérieur continue de nier les faits, sans la moindre honte. « C’est parce que, au Maroc, on n’en parle pas… », confie un des avocats rabatys d’Ali Aarrass. « La presse marocaine est probablement la plus lèche-bottes au monde, juste après celle de la Corée du Nord… Enfin, je suppose… »

La famille d’Ali a porté plainte contre le gouvernement belge. Condamné en première instance et en appel, il s’est pourvu en cassation…

« On ne croit plus en Lara Fabian, quand elle chante ‘Je t’aime’ », s’indigne le slameur belge Manza, venu soutenir la famille du détenu lors de la présentation de deux livres à Bruxelles, le 24 septembre. « Il faut agir par nous-mêmes ! »

Deux livres qui viennent dire aux gouvernements belges et marocains qu’il leur sera difficile de poursuivre leur politique « d’invisibilisation » d’Ali Aarrass, qu’ils ne peuvent pas continuer à traiter ce dossier comme un « non-problème ».

Il s’agit d’un recueil de lettres, que se sont échangés Ali et sa sœur, qui vit en Belgique. Poignant. Humain.

Et d’une BD, du dessinateur Manu Scordia.

Une BD, c’est une bonne idée… C’est ludique, une BD… Alors, si c’est bien diffusé, si la presse mainstream ne la boude pas, ça pourrait bien contourner l’indifférence citoyenne et toucher un peu plus le petit peuple belge à l’esprit apathique qui –sait-on jamais- pourrait soudainement prendre quelques minutes de son précieux temps consacré à chasser les Pokémons dans les gares et les parcs et gratter quelques mots sur une feuille de papier pour réclamer de ses élus un geste pour Ali, pour cet homme qui endure quotidiennement sévices, brimades et davantage encore.

Huit ans après son arrestation, il n’y a toujours aucune preuve d’une quelconque culpabilité d’Ali. Il n’y a toujours que ces quelques « aveux », ces quelques vagues déclarations qui ont été suggérées à Ali, qui les a répétées sous la torture.

Quatre ans après l’appel qui a été fait du jugement qui l’a condamné à une peine de douze années de réclusion, il n’y a toujours pas eu de nouveau procès. Régulièrement, les autorités démettent le rapporteur du tribunal, dont le successeur reporte alors l’affaire sine die.

Les magistrats marocains dissimulent des éléments à la défense, ils « omettent » de communiquer des pièces aux avocats d’Ali. Les avocats belges et marocains qui se sont solidarisés autour d’Ali doivent en outre se montrer très prudents : lorsqu’ils insistent trop sensiblement pour obtenir le respect des droits de la défense, c’est Ali qui en fait les frais ; les brimades redoublent, il est accusé de « radicaliser » les autres détenus, alors placé à l’isolement et maltraité à nouveau… Ou bien il est menacé de nouveaux chefs d’accusation, et de nouvelles procédures… Qui prolongeraient sa peine…

En quelques années, Ali Aarrass est devenu méconnaissable. Si ni l’État belge, ni le tout puissant makhzen marocain ne reviennent sur leur position et ne reconnaissent, respectivement, ni leur ignominie, ni leur erreur, qui sait, durant les années qu’il lui reste à survivre dans les prisons de Mohamed VI, ce qu’il adviendra de cet homme ?

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