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ACTIONS - page 36

Prévente du documentaire « Ali Aarrass pour l’exemple » de Mohamed Ouachen

dans ACTIONS/ARTS par

Le 25 février sortira le dvd du documentaire « Ali Aarrass pour l’exemple » de l’artiste Mohamed Ouachen.

Dès à présent, soutenez nous et achetez le dvd! Vous serez les premiers à le recevoir.

Si vous ne souhaitez pas de livraison, le DVD sera disponible dès sa sortie à Koekelberg, Rue Jules Debecker, 50.

Sortie prévue pour le 25 février


Dvd Ali Aarrass




Didier Reynders, le Maroc et l’affaire Florence Cassez

dans ACTIONS/DOUBLE NATIONALITE par

Le mercredi 23 janvier, Farida, Dounia, Malika, Mohamed et moi avons participé à une conférence du ministre des Affaires étrangères Didier Reynders (MR), organisée par le Mouvement Européen-Belgique. Thème de la conférence : “Belgique – UE, 60 ans d’union“.

Comme le ministre allait parler des « 60 ans de paix en Europe » et du « prix Nobel pour la Paix», accordé à l’Europe en 2012, nous nous sommes dit que c’était une bonne occasion, pour notre Comité des familles des détenus européens au Maroc, d´interpeller le ministre sur les relations avec le Maroc. Et en particulier sur son attitude par rapport aux prisonniers belgo-marocains dans les prisons marocaines.

Je vous épargne les détails du déroulement de cette conférence mais nous avons quand même réussi à poser une question : « Monsieur le ministre, ces derniers mois vous avez fait plusieurs déclarations, insistant sur la nécessité d’améliorer et de renforcer nos relations avec le Maroc. Comment pouvez-vous justifier votre position quand, en 2012, il y a eu au moins cinq rapports d’organisations internationales, dont le rapport du Rapporteur sur la torture de l’ONU Juan Mendez et celui du CNDH, qui dénoncent la torture systématique et généralisée, pratiquée au sein du système judiciaire et carcéral du Maroc ? Et, dans ce même cadre, comment pouvez-vous justifier votre abandon des détenus belgo-marocains au Maroc ? ».

Était-ce à cause de la présence dans la salle des familles des détenus ? En tout cas, le ministre n’a pas sorti l’argument habituel de la double nationalité  pour justifier l´inertie du gouvernement belge à l´égard des détenus belgo-marocains.

Il a répondu deux choses. « D’abord », a-t-il dit, « il faut traiter les affaires des détenus cas par cas. Il y a des personnes que je n’aimerais pas voir sortir de prison, ni au Maroc ni ici. Et deuxièmement, à chaque rencontre avec les autorités marocaines, nous mettons le dossier des droits de l’homme sur la table. Comme on le fait avec les autorités turques et d’autres pays. Ce serait facile de rompre avec tous ces pays. Dans ce cas, je pourrais me retirer tranquillement à la campagne ». Nous n’avons pas eu l’occasion de lui répondre.

Mais voici qu’un autre événement s’est produit le même jour, qui permet d’évaluer la réponse de notre ministre à sa juste valeur. C’est une affaire qui concerne la France. Mais, toutes proportions gardées, elle concerne également la Belgique : dans les dossiers internationaux, la Belgique ne fait pas exception à la politique européenne. Et elle agit et se comporte exactement de la même manière que ses grands voisins.

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La France fait libérer la Française Florence Cassez.

Le mercredi 23 janvier 2013, la Française Florence Cassez a été libérée par la Cour suprême mexicaine. Cette Cour a reconnu « la violation des droits de Florence Cassez » et a ordonné sa libération immédiate. Avec son ami, Florence Cassez avait été arrêtée en 2005 et inculpée pour « quatre enlèvements, séquestration, association de malfaiteurs, possession d’armes à feu et de munitions à l’usage exclusif des forces armées ». Condamnée à une peine de 96 années de prison, la Cour d’appel confirmait cette condamnation, tout en réduisant la peine à 60 ans. Puis, la Cour de cassation rejetait le pourvoi de la Française. Contre une presse mexicaine qui prétend le contraire, Florence a toujours clamé son innocence : « Au Mexique, la police fabrique des coupables, avec de fausses preuves ». Et sur les aveux de son compagnon, elle disait : « .. un certificat médical prouve qu’il a été torturé, juste avant ses aveux ».

Florence Cassez (38 ans) est restée en prison pendant sept ans. Sept ans de bataille juridique sans relâche. Sept ans de campagne de solidarité en France, Belgique, Canada, Suisse, Irlande, Allemagne[1] dont elle dit aujourd’hui : « Quand j’étais seule dans ma prison, les médias français ne m’ont pas laissé tomber. Si personne n’avait plus parlé de moi, si j’étais tombée dans l’oubli, ça aurait été la pire des choses. Moralement, d’abord ; et puis, je ne sais pas ce qu’il serait advenu de moi ». Sept ans de pression de la France par 500 parlementaires et par les présidents Nicolas Sarkozy et François Hollande, qui ont mis tous les moyens pour obtenir sa libération.

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En 2009 déjà, Sarkozy intervient auprès du président mexicain Calderon pour demander le transfert de Florence Cassez vers la France. Celui-ci refuse. A partir de là, l’affaire Cassez deviendra une affaire d’Etat et provoquera une vraie crise diplomatique entre la France et le Mexique.

En février 2011, Sarkozy décide de dédier la manifestation « L’ Année du Mexique en France » à Florence Cassez. Cette manifestation, préparée pendant deux ans, avait comme objectif de « favoriser la coopération dans les secteurs économique, culturel, touristique, éducatif, scientifique et technologique, de la santé, et du développement durable » entre les deux pays. Suite a la décision de Sarkozy, le gouvernement mexicain décide de se retirer de l’Année du Mexique en France ! Au total, plus de 350 événements prévus au cours de cette année, pour un budget de l’ordre de 50 millions d’euros, tombent à l’eau.

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Les cris de désespoir des détenus européens au Maroc ont-ils moins de valeur que ceux de Florence Cassez ?

Nous nous félicitons de la libération de Florence Cassez, qui nous apprend plusieurs choses.

Elle nous montre d’abord que, s’il y a violation des droits d’un détenu européen, au Mexique comme au Maroc, il est tout à fait possible de faire transférer ou même de libérer ce détenu, à condition que l’État, dont le détenu est citoyen, mette la pression. Dès que la volonté politique existe, fini les discours que les familles des détenus européens au Maroc ont dû entendre si souvent de la part de nos ministres successifs sur « le respect de la séparation des pouvoirs », sur « la non-ingérence dans les affaires d’un autre pays », sur « l’impossibilité de notre gouvernement de faire quoi que ce soit, malgré notre bonne volonté », sur « la nécessité de laisser faire son travail à la justice ». Il est clair que ce n’est pas, comme le prétend le ministre Reynders, en mettant « les dossiers de droits de l’homme sur la table » qu’on va résoudre une affaire, mais en mettant la pression, s’il le faut jusqu’à la crise diplomatique.

Ensuite, le cas de Florence Cassez nous montre que ce n’est pas le rôle de nos États de porter un jugement « au cas par cas », comme le prétend le ministre Reynders. Même si le détenu est accusé et condamné pour des faits gravissimes, comme dans le cas de Florence, le rôle de nos États n’est pas de se mettre à la place de la justice et de dire si une affaire est digne de s’en occuper ou pas, ou si un détenu a le droit de sortir ou non.

Nos États ont le devoir de veiller sur le respect des droits fondamentaux de n’importe quel détenu, quel que soient le cas ou les faits reprochés. Tant dans la lutte contre le fléau des enlèvements et de la drogue au Mexique, que, plus encore, dans la lutte antiterroriste au Maroc, les indices et les preuves, cités dans les rapports internationaux, sur les violations des droits fondamentaux des détenus sont systématiques. A cette situation systémique, nous demandons une réponse systémique, c’est-à-dire une intervention valant pour tous. Juger au cas par cas ne peut conduire qu’à l’arbitraire, ce qui est contraire aux principes d’un État de droit et contraire à la Convention internationale contre la torture que la Belgique et les autres pays européens ont signé.

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Enfin, et c’est là que le bât blesse, comment comprendre l’attitude différente des pays européens quand il s’agit du Maroc et du Mexique ? Il y a là une preuve irréfutable d’une politique de deux poids, deux mesures de la part de nos gouvernements européens. Comment expliquer que la France (et la Belgique) restent muets quant aux appels à l’aide des détenus franco-marocains (et belgo-marocains) dans les prisons marocaines ? Prenons trois cris d’alarme récents de la part des détenus européens venant des prisons au Maroc.

En octobre 2012, des dizaines de détenus européens publient un « Appel aux vivants » :  « La plupart de nous n’ont pas eu le droit à un procès équitable et ont fait l’objet de maltraitances physiques. Certains d’entre nous ont été torturés dans le centre de torture à Temera près de Rabat. Ou l’on nous a soutiré des aveux sous la torture physique souvent pour des affaires politiques, d’opinion, de règlement de compte ou autres. Nos différentes demandes et sollicitations auprès des pays de l’Union européenne sont restées jusque là sans réponse. »[2]

Un mois plus tard, en novembre 2012, le site Slate Afrique publie des témoignages accablants sur l’enfer de la prison de Tanger et l’abandon des détenus franco-marocains en particulier.[3]

En janvier 2013, le Français El Mostafa Naïm (numéro d’écrou 561, Prison de Salé 2) écrit dans une lettre au président français Hollande : « Après avoir été enlevé en Espagne (port d’Algeciras) par des agents marocains en civils, je suis  incarcéré au Maroc depuis 26 mois, alors qu’officiellement, je ne me trouve même pas dans le pays. J’ai même eu droit à une phrase, plus qu’éloquente sur l’immobilisme, voire la gêne manifeste qui entoure mon dossier : ” On ne peut pas intervenir de crainte de créer un conflit diplomatique.[4] »

L’ Europe (Prix Nobel de la Paix en 2012 !) accepte l’inacceptable du Maroc, allié stratégique…

L’Europe considère le Maroc comme son rempart contre l’immigration clandestine et le terrorisme. C’est la raison principale de son silence quant aux droits des détenus.

Récemment on pouvait lire : « ..le Maroc est à la fois le principal allié de la France et l’Espagne face à ce qu’elle considère comme les principales menaces à sa sécurité, mais aussi le pays par lequel le mal arrive…Pour la France et l’Espagne, le Maroc est à la fois un allié fiable par la volonté de son gouvernement et de son roi, par sa stabilité institutionnelle, mais le royaume est aussi le pays par qui le mal arrive, en particulier concernant l’immigration clandestine et le terrorisme. [5]». On parle de la mise sur pied d’un « G4 sécuritaire » entre le Maroc, la France, le Portugal et l’Espagne. Lors du sommet entre ces quatre pays, la semaine dernière, le ministre marocain de l’Intérieur a réaffirmé « le soutien sans réserve du Maroc à l’intervention militaire française au Mali pour défendre la souveraineté de ce pays africain ». Quelques mois avant, la France avait déjà proposé au Maroc un effacement partiel de ses dettes militaires, en échange d’un soutien logistique des Forces Armées Royales (FAR) à la force d’intervention militaire africaine au Nord-Mali.

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Au niveau judiciaire également, le Maroc est un partenaire avec lequel les pays européens collaborent sans problème et sans gêne. Quoi que dise le ministre Reynders aux familles des détenus sur « les dossiers du droit de l’homme mis sur la table », la réalité est qu’on assiste à une collaboration entre la Belgique et le Maroc comme jamais auparavant. La nouvelle ministre de la justice Turtelboom (VLD) dans le gouvernement Di Ruppo (PS) déclarait dans la Commission de la justice de la Chambre, le 2 mai 2012 :   « Après la France, la Belgique est le premier partenaire du Maroc en matière de collaboration judiciaire… J’ai abordé, avec mon homologue marocain, des matières comme le transfèrement des détenus marocains condamnés, la collaboration en matière de d’affaires pénales et civiles, l’échange d’informations liées à la problématique de l’identification et aux rapts internationaux d’enfants. »

… et partenaire économique privilégié

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Au niveau économique aussi, ce sont les intérêts, et non pas les valeurs européennes, qui déterminent la politique à suivre vis-à-vis du Maroc ou du Mexique. Quelle est la différence entre le Mexique et le Maroc ? Pour le Mexique : « Force est de constater que la France est loin d’être un partenaire stratégique de la deuxième économie latino-américaine. La France n’est que le quarantième fournisseur du Mexique, qui lui-même n’arrive qu’au soixantième rang des clients de l’Hexagone… De fait, l’économie mexicaine reste très dépendante du grand voisin américain, qui absorbe 80% de ses exportations. Côté investissements, la France, là encore, n’est qu’un acteur secondaire puisqu’elle pèse à peine 0,2% des sommes investies dans ce pays. » [6]

C’est tout le contraire pour les relations de la France avec le Maroc : « La France est le premier partenaire commercial du Maroc en 2011. Les échanges commerciaux franco-marocains se sont élevés à 7,4 milliards d’euros en 2011. En 2011, la France est restée le premier fournisseur du Maroc, avec 13,9% de part de marché. … La France est également le premier client du Maroc dont elle a absorbe 20,3% des exportations en 2011.. »[7]. Sur les relations économiques entre la Belgique et le Maroc, le ministre Van Ackere disait en 2010 : « En 2009, la Belgique a exporté pour 520 millions d’euros au Maroc, ce qui en fait le douzième fournisseur du Maroc. La Belgique a importé pour 321 millions d’euros du Maroc, ce qui en fait le septième client du Maroc. Les entreprises belges sont actives au Maroc, notamment dans le secteur de l’extraction minière, du textile et de la construction métallique, ainsi que dans le secteur des services. Dans le secteur de la construction et du tourisme aussi, plusieurs entreprises occupent une présence marquée au Maroc. Et par le biais d’un consortium espagnol, belge et marocain, des Belges sont impliqués dans l’aménagement du tram de Casablanca. Dans notre pays, le Maroc investit dans les secteurs bancaire et chimique. »

C’est bien d’une politique européenne qu’il s’agit, le Maroc ayant obtenu le statut « avancé » dans ses relations avec l’Europe en 2008 et depuis les affaires ne cessent de s’améliorer. Comme l’a encore souligné le président de la Commission parlementaire Maroc-UE, Panzeri, lorsqu’il était en visite au Maroc[8] pour discuter de nouveaux accords pour un « partenariat stratégique entre le Maroc et l’UE » : « Le Maroc est le partenaire privilégié de l’Union européenne, particulièrement dans le domaine économique».  Six mois plus tard, Hugues Mingarelli, responsable au Service européen d’action extérieure pour les relations avec l’Afrique du Nord reprend la même idée : « Le Maroc est pour l’Union européenne un partenaire de première importance et nous devons tout faire pour nous assurer que cette relation se développe dans le sens des intérêts du Maroc .»[9]

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Florence ou Ali, la discrimination à peine voilée

Enfin, on peut parler de discrimination à peine voilée envers les communautés d’origine arabe, et de confession musulmane en particulier, et les citoyens de cette origine, qui ont pourtant subi les mêmes horreurs, ou pires, que Florence Cassez dans les prisons marocaines. Au niveau européen, ces communautés sont plus considérées comme un ennemi intérieur potentiel, que comme des citoyens à part entière. Partout en Europe, les associations « immigration/criminalité » et « Islam/terrorisme » ont pour effet que les appels à l’aide ne sont pas entendus. Et l’Europe se sert de l’argument de la double nationalité pour justifier son inaction, voire sa complicité.

La libération de Florence Cassez ne peut que nous encourager.

C’est grâce à un travail judiciaire, un comité de soutien et une volonté politique que Florence Cassez est libre aujourd’hui. De ces trois piliers, nous en avons déjà construit deux. A nous de briser l’indifférence. A nous de faire du sort des détenus européens au Maroc un enjeu politique, dont tous les partis et tous les candidats devront tenir compte aux élections de 2014.

Par Luk Vervaet

http://www.egalite.be/?p=5342



« En 2013, libérons Ali Aarrass ! » : le message de la Campagne Free Ali Aarrass pour une nouvelle année de lutte

dans ACTIONS/ARTS par

Cliquez ici : Signez la pétition : Libérez Ali Aarrass

Luk Vervaet et Farida Aarrass.

Le 13 janvier à Molenbeek (Bruxelles), un « Goûter pour Ali Aarrass » a rassemblé plus de cent personnes. Un bon début pour une nouvelle année de lutte. Voici notre bilan de la campagne pour la libération d’Ali, menée en 2012, et les perspectives pour 2013.

« Le 11 janvier 2013, aux États-Unis, on célébrait le 11ème anniversaire de l’ouverture de la base de Guantanamo, devenue par la suite la prison la plus controversée au monde. Déjà en juillet 2004, des inspecteurs de la Croix Rouge accusaient les militaires américains de Guantanamo d’y commettre « d’actes d’humiliation, d’enfermement en isolement, d’exposition à des températures extrêmes, d’usage de positions insoutenables ». En mai 2005, Amnesty International a surnommé Guantanamo le « Goulag des temps modernes ». Au cours des années, 600 des 800 cents présumés terroristes qui y ont été détenus, la plupart arrêtés, achetés ou kidnappés après l’attaque américaine contre l’Afghanistan, ont été relachés sans inculpation, ni procès. Malgré les promesses d’Obama de fermer cette prison, située géographiquement hors du territoire des États-Unis, et, en conséquence, hors de toutes les règles de droit et normes existantes, elle est toujours ouverte : Guantanamo détient aujourd’hui toujours 166 détenus.

 Si nous vous parlons de Guantanamo, ce n’est pas pour vous démontrer une nouvelle fois le caractère impitoyable du monde occidental d’aujourd’hui. Ni pour vous rappeller que l’existence de Guantanamo est un scandale juridique, politique et moral au niveau international.

Aujourd’hui, tout le monde le sait.

Nous vous parlons de Guantanamo pour rendre hommage à cette poignée de détenus, d’avocats, de journalistes et d’activistes qui ont osé commencer, il y a onze ans, le combat contre l’existence de cette prison. Ils n’étaient pas plus nombreux que le nombre d’activistes qui se mobilisent aujourd’hui pour Ali Aarrass. Cette petite minorité s’est vue menacer et traiter de tous les noms : d’être des « traîtres » jusqu’à des « sympathisants ou des associés de terroristes ». Elle a dû se battre contre une opinion publique et des médias, qui étaient en faveur de l’utilisation de la torture dans les affaires, dites terroristes. Ils ont dû combattre une indifférence totale par rapport à la situation de ces détenus, qui, dans l’opinion publique, ne subissaient ce qu’ils méritaient. Bien qu’ils n’étaient qu’une minorité, ils ne se sont pas isolés ou retranchés. Ils sont restés ouverts au monde. Ils ont continué à rechercher des nouvelles voies pour faire passer leur message. Ils ont réussi à créer des liens de soutien parmi des tendances politiques et sociales des plus diverse, au sein de certains médias et parmi l’opinion publique.

C’est grâce à cette minorité que le scandale de Guantanamo a éclaté, que ce qui était caché et nié a vu le jour, que des détenus ont été libérés et que Guantanamo restera pour toujours une tâche sur le drapeau américain. Cette minorité qui s’est battu et se bat toujours contre Guantanamo, est une source d’inspiration pour notre lutte contre les Guantanamos marocains et la complicité belge.

 2012

 A notre petite échelle, c’est grâce à la ténacité d’Ali Aarrass et de sa famille, grâce à une campagne de solidarité internationale soutenue par des dizaines de volontaires anonymes et un travail juridique sans relâche que l’affaire d’Ali Aarrass est devenue un symbole. Un symbole contre la torture et contre les procès inéquitables au Maroc. Symbole contre les arrestations arbitraires et les extraditions illégales. Symbole contre une complicité internationale entre les états marocain, espagnol et belge. Et, en Belgique en particulier, Ali Aarrass est devenu un symbole contre les discriminations et le racisme d’état, liés à la double nationalité.

 Qu’avons-nous réalisé en 2012 ?

D’abord, il y a eu le travail juridique sans relâche du Cabinet Juscogens avec Maitres Cohen, Marchand et Alamat à Bruxelles et Maitres Dadsi et Jallal au Maroc. Leurs plaidoiries devant le tribunal, leurs communiqués de presse, leur présence et leurs appels sans arrêt aux autorités marocaines et aux organisations internationales concernant la situation d’Ali Aarrass ont suscité une admiration internationale.

En janvier 2012, seize parlementaires, issus du PS, d’Ecolo, du cdH, du FDF, de Groen et du sp.a, ont signé une lettre au ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders (MR), pour demander une intervention urgente de la Belgique auprès des autorités marocaines pour Ali Aarrass. Parmi les seize parlementaires figuraient Olivier Maingain (FDF), Nadia El Yousfi, Jamal Ikazban et Patrick Moriau (PS), Zoé Genot, Zakia Khattabi, Céline Delforge et Juliette Boulet (Ecolo), Ahmed El Khannouss et Mahinur Özdemir (cdH), Bert Anciaux (sp.a) et Eva Brems (Groen). Ils demandaient « que les autorités marocaines s’expliquent sur les nombreuses infractions contre les droits de l’Homme commises dans cette affaire, soulevées et dénoncées par de nombreuses organisations internationales« .

Lancée comme pétition en décembre 2011, c’est en mars 2012 que dix-huit parlementaires britanniques, tous partis confondus, demandent dans une pétition au gouvernement britannique d’intervenir pour Ali Aarrass et de se joindre aux organisations contre la torture dans leur demande de faire justice à Ali Aarrass. Le rôle du parlementaire Jeremy Corbyn qui a au moins adressé trois lettres en 2012 à l’ambassadrice marocaine Laila Joumala Alaoui doit être souligné.

En mars 2012, le ministre Reynders doit répondre à une nouvelle interpellation de Zoé Genot (Ecolo). Après avoir répété, comme son prédécesseur Van Ackere, que la Belgique n’a « aucunement l’intention d’intervenir pour un Belgo-Marocain au Maroc », ni de « l’assurer quelconque protection consulaire », il n’exclut toutefois pas « d’en parler avec son homologue marocain ».

En avril, mai et juin, des délégations de solidarité partent de la Belgique et de Melilla à Rabat pour participer aux procès en appel.

Le secteur artistique aussi se mobilise pour Ali Aarrass pendant l’année 2012.

En mai, Nicolas Ingargiola lance une campagne internationale de photos.

Quelques centaines de personnes – de la Mecque à Melilla, de Tunis à Casablanca, de Bruxelles à Gaza – se font photographier avec le texte « Free Ali Aarrass now ». C’est un déferlement sur le net de mots d’encouragement, de sympathie et un appel à sa libération immédiate!

En juin, le cinéaste Mohamed Ouachen lance son nouveau film documentaire « ‎Ali Aarrass pour l’exemple » lors d’une première à l’Espace Magh à Bruxelles. Une dizaine d’artistes y participent, quelques centaines de personnes remplissent la salle. Le film sera ensuite montré au Festival du Cinéma méditerranéen. Duo créée à l’occasion du lancement du film, les Dalidettes réalisent un clip pour Ali Aarrass : « Laissez-le rentrer ». Le groupe Hydra enregistre son morceau : « Ali Aarrass est innocent ». Le rappeur Sefyu soutient Ali Aarrass. Le poète el Kalam écrit le poème : « Ce cri est devenu sacré : « Libéréz Ali Aarrass ! »

Au mois d’août, pendant le mois du Ramadan, Farida Aarrass, avec une équipe de jeunes volontaires, organise une rupture du jeûne « Ftor pour Ali Aarrass » en soutien à la campagne Free Ali. Quelques centaines de personnes participent.

En septembre 2012, Juan Mendez, le rapporteur spécial sur la torture de l’ONU rencontre Ali Aarrass à la prison de Salé I.

Le 24 septembre 2012, la plus grande délégation internationale depuis le début de la campagne, composée d’une quarantaine de Belges, d’Anglais, d’Espagnols et de Français et des journalistes britanniques et néerlandais se rend à Rabat pour la dernière audience dans le procès en appel d’Ali Aarrass. Parmi eux : la professeure Penny Green de Londres, l’ex-sénatrice française et parlementaire européenne Alima Boumédienne, Maitre Marc Nève, membre et ancien vice président du Comité européen pour la prévention de la torture et des peines ou traitements inhumains ou dégradants (Conseil de l’Europe). La délégation organise une conférence de presse avec l’AMDH (l’Association marocaine des Droits Humains) à Rabat et un sit-in devant la prison et le tribunal.

Le verdict en appel tombe le 1 octobre 2012 : 12 ans de prison, une diminution de trois ans par rapport au jugement en premier instance. Suite à ce verdict, les avocats d’Ali Aarrass publient un communiqué : « Le Maroc poursuit sur le chemin de la honte ». A Londres, l’organisation State Crime Initiative publie : « State crime and the War on Terror: the trial of Ali Aarrass ». A Bruxelles, fin octobre, nous participons à la Journée mondiale contre l’injustice, l’arbitraire et la torture au Maroc avec une manifestation devant le consulat du Maroc.

En novembre, Farida Aarrass parle au 13ème festival d’Attac lors du film sur « Abdelkrim ou la guerre du Rif » de Daniel Cling, suivi d’un débat « Maroc : La lutte continue.. ! »

A partir de décembre 2012, les autorités marocaines, sous la pression, cèdent enfin à la demande à l’aide médicale d’Ali Aarrass. Ali Aarrass est examiné par des médecins pour ces problèmes physiques et psychologiques, dus à la torture et l’enfermement prolongé.

En décembre 2012, en Belgique, différentes familles de détenus belgo-marocains au Maroc joignent leurs forces. Elles décident d’organiser une manifestation mensuelle, chaque premier dimanche, autour du monument à l’honneur de l’immigration marocaine en Belgique.

2013

Quand nous parcourons cette liste d’activités et d’actions en 2012, nous en tirons deux conclusions pour 2013.

D’abord, au niveau judiciaire et au niveau de la campagne, il nous faut continuer le combat dans le même sens, avec la même conviction, avec la même énergie. Ce combat juridique et militant restera la base de la campagne pour faire libérer Ali Aarrass.

 Voici les 4 activités qui s’annoncent pour les mois à venir.

A partir de février 2013, le film de Mohamed Ouachen « Ali Aarrass pour l’exemple », sera disponible, parlé français, sous-titré en anglais. Ce DVD sera notre nouveau livre. Il sera notre principal moyen de communication pour faire connaître l’affaire d’Ali Aarrass autour de nous. 1000 exemplaires de ce DVD attendent à être diffusés. Ce DVD sera notre première source pour payer les frais du procès et de la détention. La somme entière de la vente du DVD sera versée dans la caisse de la Campagne Free Ali Aarrass.

Le lundi 1 avril 2013, cela fera jour pour jour 5 ans qu’Ali Aarrass a été arrêté et incarcéré. Nous organiserons un grand événement à l’occasion de ce 5ème anniversaire pendant le week-end du 29 au 30 mars.

Le dimanche 26 mai 2013, auront lieu les 20 km de Bruxelles. La campagne Ali Aarrass y participera pour Ali en portant le t-shirt avec sa photo. Soyons au rendez-vous le 26 mai, et courons tous ensemble côtes à côtes dans les rues de Bxl pour Ali Aarrass ! Les inscriptions débutent le samedi 23 mars à 9h.

Enfin, chaque premier dimanche du mois de 12 à 14 heures, nous invitons les sympathisants d’Ali Aarrass à rejoindre le rassemblement mensuel des Familles des détenus européens dans les prisons marocaines (Boulevard Stalingrad, monument La Passionaria).

Rectifier notre point faible : le soutien politique de la Belgique.

La parlementaire Zoé Genot (Ecolo) a fait plusieurs interpellations au parlement. 16 autres parlementaires ont signé une lettre au Ministre. C’est un bon début. Mais nous nous réalisons aussi que notre point faible reste le silence du monde politique belge. Notre point faible, c’est le refus systématique du gouvernement et des parlements belges de faire quoi que ce soit pour Ali, de lui venir en aide, de réclamer justice pour leur citoyen. Faisons de sorte que l’affaire Ali Aarrass devienne une affaire d’état. En 2013, rassemblons un soutien aussi large que possible autour de l’affaire Ali Aarrass pour obliger le parlement et gouvernement à changer d’attitude et de bouger.

Commençons par les conseils communaux. Introduisons une motion de soutien à Ali Aarrass à l’occasion du cinquième anniversaire de la détention d’Ali Aarrass au sein des conseils communaux. Et, tout le long de l’année 2013, interpellons chaque candidat de chaque parti qui veut se présenter pour les élections en 2014. A nous de faire du sort d’Ali Aarrass un enjeu politique, dont tous les partis et tous les candidats devront tenir compte aux élections de 2014.

Notre combat est juste.

Nous vaincrons ! »

Passeports, fouilles, 30 minutes de visite et un goût amer : visite à Ali Aarrass, le vendredi 7 décembre à 12h

dans ACTIONS/LA PRISON AU MAROC par

Je me dirige à la prison de Salé en fin de matinée, accompagnée de mon fils Mohamed Dahnin, 18 ans.

Nos passeports sont exigés, nous les remettons au garde qui les réceptionne tous et qui très vite va encore demander le carnet de famille, pour prouver que c’est bien de mon fils qu’il s’agit.

Je conteste en me servant de l’argument suivant :

« Vous avez déjà autorisé ma fille Sarah Dahnin à rendre visite à mon frère et cela sans aucun document en dehors du passeport. Là il s’agit de son frère Mohamed, j’ai 7 enfants et il est fort probable que je vienne avec chacun d’eux pour voir leur oncle. Vous n’allez pas m’ennuyer avec le même baratin pour chacun d’eux ?! Vérifiez votre registre des visiteurs et vous verrez bien que Sarah Dahnin, ma fille, a pu y entrer le voir et que donc il n’y a pas de raison qu’on refuse l’accès à mon fils ».

Nous allons attendre à l’extérieur, environ une demi-heure. Cela va nous laisser le temps d’observer avec peine, les proches parents d’autres détenus, qui attendent aussi mais depuis bien plus longtemps que nous. Sous la pluie… Le regard de ces gens est triste et le teint pâle. Ils sont pour la plupart mal vêtus, reflet de leur situation financière qui ne doit pas du tout être rose.

Une fois qu’on nous a autorisés à rentrer, encore une période d’attente d’une autre demi-heure dans la salle de fouilles de tout, des aliments, vêtements et autre….

J’ai ramené entre autre, une plaque réchaud électrique à Ali, afin qu’il puisse de nouveau cuisiner par lui-même, vu que l’autre plaque qu’on lui avait acheté lui a été confisquée et ensuite volée par l’adjoint du directeur de la prison. Nous lui avons ramené aussi du chocolat et des frangipanes, Ali aime beaucoup ça.

Finalement une garde m’appelle pour me fouiller à l’écart. Elle va procéder à des fouilles corporelles et m’accompagner jusque dans la salle de visites. Je réalise qu’ils ont séparé mon fils de moi…Mon sang ne fait qu’un tour. Je demande à la gardienne où se trouve mon fils et elle me répond à moitié, en marmonnant, qu’il arrive.

Je ne me gêne pas et lui demande encore une fois, il est où et pourquoi vous le laissez dehors ? Il est venu voir son oncle et je ne vois pas pourquoi vous l’éloignez de moi alors qu’il ne parle pas du tout l’arabe et que c’est bien la première fois dans sa vie qu’il rentre dans une prison ?

La gardienne m’ignore et continue à parler comme si de rien n’était au gars qui tient une sorte de petit magasin qui se trouve dans la salle des visites. Sur ce  je me lève et m’approche de la grille qui est fermée derrière moi, en vain, puisqu’elle simule bien ne pas me voir. Je m’approche d’elle et elle me dit en arabe, sur un ton impératif : « Patiente qu’est que t’as toi ? Pourquoi t’excites-tu comme ça ? »

Je lui réponds : « Si toi tu as l’habitude de ces lieux, ce n’est point le cas pour nous, je ne me sens pas du tout rassurée avec vos méthodes ! Je veux que vous laissiez rentrer mon fils ou alors je préfère sortir le rejoindre ! D’ailleurs vous allez entendre parler de tout ça ! »

La gardienne appelle de suite un garde par téléphone. Ce garde ne tarde pas à venir, mais à son tour ne réagit pas. Il prend le trousseau de clés que la gardienne lui passe et ne dis rien et reste debout, planté devant moi.

Je me rends compte que j’ai à faire à des gens plus que bizarres, l’arrogance et la malhonnêteté sont si présents en eux…. Je décide de remettre ça et de ne pas me laisser faire. Je m’adresse cette fois ci à ce garde et lui dit, que mon fils est venu rendre visite à son oncle en ma compagnie, mais que cela fait quasi 25 minutes qu’ils l’ont laissé dehors. Ce dernier sourit ironiquement et me dit que c’est tout à fait normal, que les femmes fouillent les femmes et les gardes hommes, les hommes. Sur ce je lui demande, qui va fouiller mon fils ? Là il me répond « Moi » et je lui dis alors pourquoi le laissez vous attendre plus longtemps, il doit être fort inquiet de ne pas avoir pu rentrer avec moi.

Le garde prend mes dires très à la légère et s’en va tout doucement et en esquissant un sourire diabolique revient quelques minutes plus tard avec mon fils.

Je respire enfin normalement et je m’oblige à faire semblant de rien devant lui.

Pendant ce temps, j’ai pu sentir des choses horribles, je vous jure que d’être la dedans n’est déjà pas du tout rassurant, mais quand en plus ils s’amusent avec vos nerfs avec un sang froid à vous glacer le vôtre….

Nous allons après cela attendre encore 15 minutes approximativement avant de voir arriver Ali enfin. Il entre et avance dans la salle des visites avec un air tellement amère. Un regard triste, exprimant un grand dégout et les traits qui laissent paraître une grande fatigue. Cerné et flétri comme s’il se fanait.

Mais dès qu’il nous voit, le sourire gagne tout son visage en éclat et en émotions ! Il va me serrer dans ses bras à ne plus vouloir me lâcher, et de même à mon fils.

Mon fils le serre aussi mais avec un bras et Ali lui fait la remarque tout en l’étreignant de toutes ses force…. Mais où est donc ton deuxième bras ? Et Mohamed réagit immédiatement en le levant et l’enlaçant des plus belles. Ali poursuit en lui disant, mon Dieu que ça fait du bien…. Je les observe et en écoutant Ali me rend compte à quel point il manque de chaleur humaine et d’affection dans ces lieux lugubres tenus par des diables.

D’habitude, sachant que nous venons de loin, les gardes sous les ordres de la direction, nous donnaient droit à au moins deux heures de visite. Nous nous asseyons autour d’une table et deux gardes prennent des chaises et s’asseyaient à un mètre de notre table, pour entendre ce qu’on se dit.

Nous les avons ignorés et donc commencés à discuter à notre aise, sans penser à donner priorité aux choses les plus importantes, pensant avoir le temps de tout dire. J’ai durant ce temps de discussion découvert qu’Ali avait perdu encore une dent. Il s’agit d’une canine inférieure. Elle faisait partie des dents qui bougeaient entièrement depuis la torture subie. On lui avait fracassé des bouteilles à la bouche….

J’ai pleuré et ne savait que dire, Ali me regardait d’un air qui en disait long, sans rien me dire, comme si pour lui cela ne signifiait plus rien à coté de tout ce qu’il a enduré.

Alors que nous parlions d’un peu de tout, voilà que dès la demi-heure passée, un garde est venu mettre un terme à notre visite. Ali réagit au quart de tour en disant que nous venons de très loin, qu’il ne voit jamais personne, que ce n’est pas normal qu’on veuille interrompre ainsi sa visite ! Mais le garde qui a pourtant l’air gêné insiste et simultanément s’éloigne sans savoir que répondre. 5 minutes plus tard, ce même fonctionnaire revient nous demander de quitter. Plus moyen de négocier ni d’insister lorsqu’il dit que ce n’est pas lui mais les ordres.

J’ai senti cette interruption comme une rupture terrible car je voyais bien qu’Ali avait besoin d’être en notre compagnie. Il n’était pas très bien physiquement, même si le moral semble lui plutôt bon.

Quoi qu’il en soit, Ali ne va pas bien physiquement, j’insiste pour qu’il soit vu d’urgence par des spécialistes.

Il m’a décrit le malaise qu’il a eu. Il a été pris d’une douleur extrêmement forte dans le bas ventre, douleur qui l’empêchait de respirer, jusqu’à en perdre connaissance.

Il m’a aussi dit qu’il a été pris de frayeur lorsqu’en se réveillant il a vu l’infirmier en train de le piquer au doigt. Ali le haie et se méfie de lui comme de la peste. L’histoire des résultats sanguins perdure, on refuse toujours de lui donner les résultats.

Ali est pour le moment dans l’aile B du pavillon II de Salé. Il a été seul pendant quelques jours, mais pas en isolation. Il a droit à une heure de promenade dans la cour le matin et une autre heure le soir. Il en profite pour faire du sport. Il y a peu il avait droit à 4 heures de sortie dans la cour.

J’ai du reprendre le nouveau réchaud car les gardes savaient qu’Ali avait récupéré le sien. Ce réchaud, Ali ne peut plus l’utiliser dans sa cellule, ils ont changé les fusibles et ont mis des plus faibles, ce qui fait que tout saute chaque fois qu’il le branche, et cela même alors qu’il était seul dans l’aile B. Du coup, Ali doit cuisiner au fond du Hall de l’aile B, la prise se trouve tout au fond du couloir à l’opposé de sa cellule. En somme comme il le dit, ici il faut se battre et surtout beaucoup patienter pour trouver le moyen de subsister. J’ai appris aujourd’hui que ce réchaud est en panne, ils l’ont détraqué et moi j’ai repris l’autre 🙁 De vrais ordures!

Et pourtant, malgré tout Ali semble avoir le moral, il est très réaliste et dis très clairement qu’il ne croit pas du tout en une libération proche. Il développe des moyens de résistance, mais je me sens fort inquiète pour lui malgré cela.

Ali a reçu 17 lettres d’un coup, merci à vous tous!

Ali n’a pas reçu de coups durant la dernière révolte des prisonniers mais comme je vous l’avais dit, il a été mis sérieusement sous pression. Nous pensons que c’est grâce au soutien de toutes parts qu’ils n’osent plus lui administrer des coups.

Le nouvel adjoint du directeur semble beaucoup se méfier d’Ali, vu qu’on prétend que l’ancien aurait été démis de sa fonction à cause de la plainte de mon frère. Reste à vérifier, même si c’est ce que les prisonniers ont dit à Ali. Le nouvel adjoint répond donc aux différentes demandes d’Ali par un : « va voir le directeur. »

Vous vous rendez compte, que nous avons fait plus de 2200 km, pris un avion, un train, un taxi, pour seulement une demi heure de visite ?! C’est inadmissible !

Farida Aarrass.

Un gouter pour Ali

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Quand?

Dimanche 13 janvier 2013 de 15 à 18 h

Où ?

Salle Vaartkapoen à Molenbeek. Rue de l’Ecole, 76

Ali Aarrass est toujours en détention arbitraire dans la prison de Salé, pavillon II au Maroc. Au mois d’octobre 2012, en appel, il est condamné à 12 ans de prison ferme et cela malgré qu’il est innocent! Les autorités belges refusent de l’aider, d’intervenir, de faire le moindre geste pour lui rendre justice. En somme il a été abandonné de la Belgique.

Sa famille a du mal à s’en sortir face aux frais juridiques et à ceux de sa prise en charge. Les honoraires des avocats, les frais de voyage lors des visites, les frais de sa prise en charge alimentaire. Car Ali ne pourrait pas manger convenablement si on n’envoyait pas d’argent à quelqu’un (une personne honnête) sur place, qui se porte garante de lui procurer, fruits, légumes, viandes,…. mais aussi des cartes téléphoniques afin qu’il puisse nous passer des coups de fil.
Nous nous voyons donc dans l’obligation de trouver les moyens qui nous permettraient de continuer à pouvoir assumer l’ensemble des frais.

Ce gouter est l’un de ces moyens!
Il s’agira d’une rencontre, autour d’un gouter.

Au programme :

La projection du tout dernier documentaire de Mohamed Ouachen : « Ali Aarrass, pour l’exemple » qui fut diffusé en novembre dernier au festival du film méditerranéen
La vente d’objets et une vente aux enchères est prévue.

Contact : 0486703215

Prévente : 10 € gouter compris.

Sur place : 15 € gouter compris.

Merci de faire vos réservations par mail à cette adresse :

fa789456@hotmail.com
et payables par compte bancaire au :
BE69 0016 7484 8678
Communication : gouter pour Ali Aarrass

Vous recevrez par retour de mail la confirmation de votre réservation.

Merci

 


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Fête de Nouvel An militant pour Ali Aarrass

dans ACTIONS/ARTS par

 

 

 

 

 

 

Quand ?

Lundi 31 décembre 2012, 20 heures

Où ?

Au Phare, 41, Rue Tenbosch 1050 Ixelles

Porte ouverte à 20h00

Prix libre

Pour le 31 décembre 2012, l’ambiance sera également à la fête pour « ALI AARRASS »

Ce Belge d’origine marocaine est injustement détenu (après avoir été innocenté par les autorités espagnoles) au Maroc, suite à des aveux obtenus sous la torture .

Les fond récoltés lors de cette soirée serviront a son aide directe, frais d’avocat, soutien sur place, etc…

http://www.freeali.eu/?page_id=10

Au programme :

-concert du groupe hydra (rap-rock-oriental)

-soirée dansante disco-funk-hip-hop-reggae…..

Bar et petite restauration : Bénéfice au profit du « Comité de soutien Ali Aarrass» http://www.freeali.eu/

Bar Alcool au profit du Phare

Écrire une carte de soutien

M. Ali Aarrass
Prison de Salé II
Salé
Maroc
Soutenez-nous – Steun ons – Donate now

Nous avons besoin de votre générosité!

Nous avons entamé plusieurs actions pour sauver Ali Aarrass, en Espagne, en Belgique et maintenant au Maroc. Nos moyens financiers sont très limités et les frais d’avocats augmentent sans cesse car nous avons du prendre des avocats dans les trois pays pour défendre Ali.

Tout don est le bienvenu ! Même les petits dons comptent…

Merci pour votre générosité

We hebben uw steun nodig !

Zoals u weet hebben we meerdere initiatieven ondernomen om de belangen van Ali Aarrass te verdedigen in Spanje, in België en nu in Marokko.

Wij willen u danken omdat u hierbij steeds aan onze zijde stond.

Maar onze financiële middelen zijn zeer beperkt.

Zo hebben we een ploeg advokaten nodig, in de drie landen, die kunnen werken om de vrijlating van Ali te bekomen.

Elke gift, hoe klein ook, is welkom!

Dank u voor uw vrijgevigheid

We need your support !

Please donate know !

As you well know, we have undertaken several actions to protect the interests of Ali Aarrass in Spain, in Belgium and now in Morocco.

We want to thank you for being at our side in this struggle.

But our financial resources are very limited. We need to pay a team of lawyers in the three countries in order to obtain the release of Ali.

Every donation is very welcome!

Farida Aarrass
BNP Paribas Fortis
Chée de Gand à Molenbeek
IBAN: BE69 0016 7484 8678
BIC: GEBABEBB

 

 

En cette fin d’année, je vous demande un simple geste, écrire une carte de soutien et d’amitié

dans ACTIONS/DOUBLE NATIONALITE/LA PRISON AU MAROC par

A tous mes amies et amis,

Aujourd’hui, dimanche 9 décembre 2012, j’étais au rendez-vous, sur ce lieu très symbolique, rue de Stalingrad, à Bruxelles, sous le Pasionaria.

Ce porte-voix, pour la parole publique, est dédié à tous les migrants. Il a été inauguré en 2006 à l’occasion des 40 ans de présence de l’immigration marocaine en Belgique.

C’est pourquoi, nous nous y rendrons dorénavant tous les premiers dimanche du mois pour y défendre la cause des belges, «belgo-marocains », innocents et pourtant enfermés dans les prisons marocaines !

Ali Aarrass est né en 1962, à Melilla, enclave espagnole au nord du Maroc.

En 1977, Ali a 15 ans et, avec sa mère et ses sœurs (dont mon amie Farida), vient vivre en Belgique.

En 1989, Ali obtient la nationalité belge, il a alors 27 ans.

En 1993, il effectue son service militaire pour la Belgique.

En 2005, il retourne vivre près de son père, à Melilla.

Le 1 avril 2008, Ali Aarrass est arrêté et détenu en Espagne pour un dossier vide de preuves. Il est soupçonné d’appartenir à la « cellule terroriste Belliraj ».

Le « procès Belliraj », mené au Maroc, a été une véritable mascarade. Les inculpés ont été torturés pour ensuite être condamnés sur base de leurs propres « aveux », obtenus sous la torture.

Innocent, Ali est mis en prison d’isolement complet, l’enfer !

Innocenté par le grand juge espagnol Baltazar Garzon, le haut commissariat aux droits de l’homme de l’ONU interdit son extradition vers le Maroc.

Et pourtant, il le sera en décembre 2010 !

En extradant Ali AARRASS malgré la mesure provisoire adoptée par le Comité des Droits de l’Homme des Nations Unies, l’Espagne a manifestement violé ses obligations internationales.

Le Ministère des Affaires Etrangères belge s’est retranché derrière la double nationalité d’Ali AARRASS pour refuser toute intervention en sa faveur.

La Belgique, son pays, n’a rien fait car Ali est arabe, marocain et musulman.

Au cours du délai illégal de 12 jours de garde-à-vue, Ali AARRASS a été torturé, privé de sommeil et soumis à des interrogatoires incessants. Au cours de ceux-ci, il aurait fait l’objet d’injections de produits chimiques, de chocs électriques dans les parties génitales, du supplice de la bouteille (viol) et de nombreux autres sévices inqualifiables.

Sous la torture, il est contraint de signer des papiers en arabe, langue qu’il ne maîtrise pas.

Le 24/11/2011, Ali est condamné à 15 ans de prison.

Les proches de Monsieur AARRASS appellent les gouvernements espagnols et belges à se préoccuper de celui qu’ils ont livré à ses tortionnaires. Ils exigent qu’une enquête impartiale soit réalisée quant à ces allégations de torture. Ils appellent toutes les bonnes volontés à faire pression afin qu’Ali puisse bénéficier d’un procès équitable. Ils implorent les juridictions marocaines à ne pas avaliser l’usage de la torture et à rendre une justice qui puisse honorer le peuple marocain.

Octobre 2012, Ali Aarrass, condamné en appel à 12 ans de prison ferme pour « terrorisme », mais qui affirme avoir signé des aveux sous la torture, va « introduire un recours en cassation ». Les avocats d’Ali qualifient le jugement du tribunal de Salé d’ »inique » (injuste, illégal).

Avec nous, venez le dire haut et fort: « STOP aux extraditions, libérez Ali Aarrass, Bekhti, Belliraj, et les autres innocents » .

En cette fin d’année, je vous demande un simple geste, écrire une carte de soutien et d’amitié à Ali, Bekhti, Belliraj et leurs camarades, emprisonnés, le plus souvent injustement, à 16.000 dans des prisons ne pouvant contenir que 4.000 hommes!

L’adresse:

M. Ali Aarrass
Prison de Salé II
Salé
Maroc

Je sais que vous avez du coeur, vous qui êtes impliqués déjà dans différents engagements, pour les défavorisés sociaux, les malades de la sclérose ou de la leucémie, pour les pays exploités, pour les enfants dans les hôpitaux, pour les prisonniers et aussi pour la protection des animaux et de la nature en général.

D’avance je vous remercie pour votre geste et vous souhaite de passer d’agréables et chauds moments en cette fin d’année 2012 🙂

Véro

PS: et le courrier semble bien arriver dans les mains d’Ali 🙂

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