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DANS LA PRESSE - page 10

A l’attention de l’ancien ministre Van Ackere : On torture en Espagne !

dans ACTIONS/DANS LA PRESSE/FRIENDS OF ALI AARRASS LONDON SUPPORT COMMITTEE/LA PLATAFORMA POR ALI AARRASS par

Luk Vervaet

Photos : actions devant l’ambassade espagnole à Bruxelles et à Londres contre l’extradition d’Ali Aarrass, novembre 2010

Nous publions un article du journal espagnol El Pais du 29 avril 2013 (en espagnol et en anglais, grâce à la traduction du Ali Aarrass London Support Committee) sur la condamnation de l’Espagne par le Comité européen pour le prévention de la Torture (CPT) pour son refus d’examiner les plaintes sur la torture, commise par la Guardia Civil. Ce rapport a été réalisé suite à la visite du CPT des prisons et bureaux de police espagnols en 2011. Dans le rapport le Comité dit aussi qu’il s’est plaint depuis deux décennies auprès de l’Espagne pour son traitement des personnes accusées de terrorisme, sans que ça change.

Parmi ces détenus se trouvait le Belge Ali Aarrass.

Le 1 avril 2008, Ali avait été arrêté à Melilla à la demande du Maroc dans le cadre du démantèlement d’une organisation terroriste au Maroc, le réseau dit Belliraj. Dès le premier jour et jusqu’à aujourd’hui, Ali maintient son innocence. En Espagne, Ali a été mis en prison en isolement total. Sur le calvaire qu’il a vécu en isolement dans les prisons espagnoles, Ali a confié à sa sœur Farida : « J’ai toujours des sursauts si quelqu’un apparaît derrière moi, je fais trop souvent des cauchemars qui me font mal et les moments d’angoisse s’intensifient de temps à autre. C’est horrible ! Insupportable ! Cela ne devrait pas exister. Tu ne peux communiquer avec personne, tu ne peux t’adresser à personne, tu n’as jamais quelqu’un avec qui échanger le moindre mot. C’est le silence complet. Les minutes se transforment en heures très longues, les journées semblent être des éternités. On ne peut pas vivre dans la solitude, sans pouvoir discuter avec quelqu’un. La voix perd sa force, tes cordes vocales perdent l’habitude d’émettre des sons. Tu es à la recherche du moindre son externe et pourtant rien ne s’entend comme bruit…Oui même quand tu essaies de prononcer quelques mots, syllabes, tu n’y arrives plus, car comme tu ne parles jamais, tu as beau essayer de parler, ta voix s’estompe. Je me parlais à moi-même ! Je m’adressais des discours, je me racontais des histoires et me posais même des questions, auxquelles je répondais afin de casser la solitude qui au bout d’un moment devient on ne peut plus dure à supporter ! Je me touchais les membres, pour réaliser que j’étais bien là, que j’étais bien vivant, que j’étais bien un humain malgré ces conditions de détention inhumaines et surtout gratuites ! J’ai pendant longtemps senti l’envie de me regarder, puisque je n’avais ni miroir ni rien pour m’observer. A un moment, bien après mon extradition au Maroc et après la torture sauvage qu’on m’a infligée, j’ai remarqué, que dans la cellule sombre dans laquelle j’étais, il y avait à un moment déterminé de la journée, un petit rayon de soleil qui traversait la pièce et ne reflétait que sur une dalle qui paraissait brillante mais très sale sur l’un des murs de ce cachot. Je m’empressais donc de nettoyer cette dalle afin de m’en servir comme miroir au moment précis où le soleil venait se poser dessus. Je me suis finalement légèrement aperçu, ce qui me fit le plus grand bien. Même si l’image n’était pas très claire. Me regarder m’a fait prendre conscience que j’étais bien là, que j’existais. »

Le 16 mars 2009, le juge antiterroriste espagnol Baltazar Garzon, après un examen minutieux de son dossier, a prononcé un non-lieu dans l’affaire Ali Aarrass. Mais la demande d’extradition de la part du Maroc ayant été acceptée par la justice espagnole, Ali restait en prison.

Le 19 novembre 2010, le Conseil des ministres espagnol approuvait l’extradition d’Ali Aarrass, bien qu’il avait été innocenté. Par contre, elle refusait l’extradition d’un autre détenu Mohamed El Bay, détenu dans la même affaire mais de nationalité hispano-marocaine, qui sera mis en liberté. Le 26 novembre 2009, le Haut-Commissariat aux Droits de l’Homme de l’ONU avait demandé à l’Espagne de ne pas extrader Ali Aarrass vu le risque de torture. Le 14 décembre 2010, contre toutes les règles diplomatiques internationales, Ali Aarrass a été extradé vers le Maroc.

Pendant les deux ans et demi de sa détention en Espagne, le consul belge en Espagne a toujours refusé de rendre visite à Ali Aarrass. Quand nous avons demandé l’intervention de notre ministre des affaires étrangères Van Ackere auprès de l’Espagne pour se vérifier de la situation d’Ali Aarrass dans les prisons espagnoles et pour empêcher son extradition vers le Maroc, celui-ci a répondu ceci : « Pour ce qui concerne votre question relative à une visite du consul, l’assistance aux Belges détenus à l’étranger ne prévoit pas l’organisation de visites consulaires dans les pays de l’Union européenne. » (Réponse à une interpellation de la députée Zoe Genot le 29 novembre 2010). Mais pourquoi ne pas évoquer le dossier Aarrass avec votre collègue espagnol ?, lui demande Zoé Genot. Et le ministre répond : « Je n’ai pas évoqué le dossier d’extradition avec mon collègue espagnol car il n’est pas d’usage que la Belgique intervienne dans une procédure d’extradition entre pays tiers même lorsque cette dernière concerne un ressortissant national. De plus, j’ai entière confiance dans les garanties que le système judiciaire espagnol offre au niveau des procédures d’extradition et du respect des droits de l’homme. Il prévoit, en effet, des possibilités d’appel et ce, jusqu’au niveau de la Cour européenne des droits de l’homme en cas de non-respect de la Convention européenne des droits de l’homme. Vu ce qui précède, je n’entreprendrai pas de démarche qui pourrait être interprétée par mon collègue espagnol comme une ingérence dans des affaires internes et surtout comme un manque de confiance dans le système judiciaire espagnol. »

Ou comment Ali Aarrass fût sacrifié sur l’autel de la diplomatie belgo-espagnole.

 

 

Article Reprimenda del Consejo de Europa a España por ignorar denuncias de torturas El País Madrid 29 ABR 2013 :  cliquez ici

Article in English :

Council of Europe rebukes Spain for ignoring torture complaints

Organisation calls on the authorities to investigate “the methods” used by the Civil Guard

El País Madrid 29 April 2013

The European Committee for the Prevention of Torture has sent the Spanish government a report running to over 100 pages in which it rebukes the Spanish authorities for failing to investigate complaints of ill-treatment and calls on them to set up “an independent investigation into the methods used by the Civil Guard when holding and questioning individuals who have been detained”.

Following visits to police stations, Civil Guard stations and prisons in Madrid, Barcelona, Cordoba, Alava and Cadiz undertaken during June 2011, the European Committee delegation to Spain drew up a report setting out its conclusions, to be published today. The report records complaints from 10 individuals held in incommunicado detention who claimed that they had been ill-treated by the Civil Guard. The allegations included “kicks and blows with truncheons to the head and body”, and the practice known as “the bag”, where a plastic bag is placed over the head of the individual, who is then forced to perform prolonged physical exercise, “inducing a sensation of asphyxiation”.

In its report the Committee highlights “the need for determined action by the Spanish authorities to address the issue of ill-treatment by members of the Civil Guard in the context of incommunicado detention” and notes that it has been “drawing attention” to “the problem of ill-treatment by the Civil Guard” of persons suspected of terrorist offences for some two decades. It makes the criticism that “the facts found during the 2011 visit indicate that the above-mentioned problems remain unresolved”.

The Committee asks the Spanish authorities to ensure that where a detainee alleges ill-treatment, the judge should immediately order a forensic medical examination to ensure that the allegations “are properly investigated”. It says that it wishes to “receive within three months a full account of action taken to implement” its recommendations.

The Committee notes that the report it issued after a visit to Spain in 2007 referred to the safeguards provided by two judges of the National Court [Audiencia Nacional] to persons held under incommunicado detention. The safeguards involve notifying the family; allowing the individual to be visited by a personal doctor along with a forensic doctor appointed by the investigative judge; and 24-hour video surveillance of the detention areas. During their 2011 visit Committee members found that three of the six investigative judges of the National Court were systematically applying these measures. “However,” the delegation noted, “during the first five months of 2011 all the incommunicado detentions were authorised by a judge who does not apply any of these safeguards; a rather surprising state of affairs”. The Committee recommends that the Spanish authorities take “necessary steps to ensure that the three specific safeguards referred to above [surveillance cameras, personal doctor and notifying the family] are applied vis-à-vis all persons held in incommunicado detention”.

In its report the Committee expresses concern at CCTV recordings showing that “detained persons, while being moved from their cell to the interrogation room, to the doctor’s room or to the toilet, were hooded, and had to walk backwards”. The Committee calls upon the Spanish authorities to ensure that “the hooding of persons who are in police custody should be expressly prohibited”.


 

Sortie du documentaire sur Ali Aarass, belgo-marocain emprisonné pour terrorisme

dans ARTS/DANS LA PRESSE par

Entre 2011 et 2012, le belgo-marocain Mohamed Ouachen a réalisé le documentaire intitulé « Ali Aarrass pour l’exemple », sorti le 28 février, en DVD. Durant six mois, le réalisateur a rencontré la famille et le comité de soutien d’Ali Aarrass, qui se bat pour la libération de ce belgo-marocain de 51 ans, emprisonné pour terrorisme, depuis deux ans, au Maroc.

Depuis le 28 février, le DVD du documentaire « Ali Aarrass pour l’exemple » réalisé par le belgo-marocain Mohamed Ouachen, est disponible à la vente au prix de 7 euros sur internet. « L’initiative de la sortie de ce DVD vient de la famille et du comité de soutien d’Ali Aarrass. J’ai cédé tous les droits du film à la famille pour qu’elle puisse récolter de l’argent pour les frais de justice et déplacements au Maroc », indique Mohamed Ouachen.
Cela fait aujourd’hui près de 5 ans qu’Ali Aarrass est emprisonné, entre l’Espagne et le Maroc. Depuis deux ans, il est incarcéré à la prison de Salé. Il avait été interpelé et mis en détention, une première fois, le 1er avril 2008 à Melilla. Puis, le 14 décembre 2010, alors que la justice espagnole prononce un non-lieu dans son dossier et que le Haut Commissariat aux Droits de l’Homme de l’ONU suspend l’extradition d’Ali Aarrass, il est néanmoins extradé au Maroc.

Piège de la double nationalité

Les autorités marocaines l’ont accusé de trafic d’armes au profit du réseau jihadiste d’un autre Belgo-marocain, Abdelkader Belliraj, condamné, lui, à la prison à perpétuité. Fin 2011, il est condamné par la justice marocaine à 15 ans de prison. Du fond de sa cellule, Ali Aarrass clame son innocence. Il affirme qu’il a signé ses aveux sous la torture.
« Si j’ai voulu faire un documentaire sur cette affaire c’est surtout parce que c’est une affaire dont on ne parle pas beaucoup en Belgique. Ni les médias, ni les autorités belges n’ont pris la peine de se pencher sur ce dossier », explique-t-il. « A mes yeux il est considéré comme un citoyen de seconde zone. Pourquoi ne prend-t-on pas la peine d’aller le récupérer en prison ?

L’indifférence belge

Pourquoi ne lève-t-on pas le petit doigt pour lui, alors qu’il est aussi un citoyen belge ? Que représentons-nous, les Belgo-marocains, aux yeux des autorités belges ? Si c’était un Belgo-belge, la situation aurait été bien différente », lâche-t-il. Actuellement une seule députée belge du parti Ecolo, Zoé Genot se bat pour que le ministre belge des Affaires étrangères se penche de près sur le dossier.
Au-delà du manque de réactions de la part des autorités belges, Mohamed Ouachen a également voulu dénoncer dans son film, la manière dont la justice marocaine l’a très vite rendu coupable. « A mon sens, on n’a fait que chercher à prouver sa culpabilité [pas d’enquête à décharge, ndrl] et rien ne prouve aujourd’hui qu’il est coupable », estime-t-il. Il insiste sur le non-lieu prononcé par le célèbre juge espagnol Balthazar Garzon en 2010.

Piochages à l’aveugle

De son côté, la famille d’Ali Aarrass accuse le Maroc de mener une politique anti-terroriste stricte dans le seul but de montrer qu’il est investi à fond dans la guerre contre le terrorisme. Pour la famille, les victimes de cette politique sont souvent des bi-nationaux d’Europe qui se retrouvent dans les geôles marocaines, pris au piège par leur double-nationalité.
« L’impression de « piochages » à l’aveugle pour maintenir la peur du « terrorisme au Maroc » est très forte. Le Maroc semble avoir absolument besoin de suspects à accuser de terrorisme entre lesquels on crée des liens et pour donner plus de poids à cela on invente des connections internationales en emprisonnant des gens venant de plusieurs pays », avait déclaré Farida, la sœur d’Ali dans une interview pour Avanti, site anticapitaliste belge.
La famille Aarrass continue, aujourd’hui, de se battre pour demander la libération d’Ali. « Maintenant il faut épuiser tous les recours de la justice marocaine, même si nous savons que c’est sans espoir. Une fois que cela sera fait, nous pourrons faire officiellement appel aux autorités internationales. Sauf si la Cour de cassation marocaine casse le jugement, mais cela relève de l’irréel », avait précisé Farida Aarrass.
Une manifestation en soutien au prisonnier belgo-marocain est organisé le premier avril prochain à Bruxelles, avec la participation de nombreux artistes. Une date pour rappeler que cela fait 5 ans qu’Ali Aarrass est privé de liberté.

Hanane Jazouani

Source : http://www.yabiladi.com/articles/details/15768/sortie-documentaire-aarass-belgo-marocain-emprisonne.html

Pour acheter le dvd

Le rapport Mendez sur la torture au Maroc sera présenté lundi à Genève.. Pour quand une commission d’enquête sur la complicité de la Belgique ?

dans DANS LA PRESSE/TORTURE par

Un article de Lakome, Publié le vendredi 1 mars 2013

Le Rapporteur spécial de l’ONU détaille les pratiques de torture et encourage les autorités marocaines à prendre les mesures nécessaires pour y mettre fin. Voici les grandes lignes de son rapport qui sera présenté lundi à Genève.

La torture et les mauvais traitements n’ont pas disparu au Maroc selon le rapport de Juan Mendez, le Rapporteur spécial de l’ONU sur la torture, qui sera publiquement présenté lundi à Genève et dont Lakome détient une copie.

Selon ce rapport, réalisé suite à sa visite au Maroc en septembre dernier, Juan Mendez « se félicite de l’émergence, d’une manière générale, d’une culture des droits de l’homme » au Maroc mais indique par ailleurs que la pratique des traitements cruels « persiste dans les affaires pénales de droit commun » et que dans les situations de forte tension, comme par exemple en cas de menace perçue à la sécurité nationale, de terrorisme ou de manifestation de masse, « il y a un recours accru aux actes de torture et aux mauvais traitements lors de l’arrestation et pendant la détention ».

Terrorisme et sécurité nationale

Juan Mendez se dit « vivement préoccupé » par des témoignages de torture et de mauvais traitements dans des cas présumés de terrorisme ou de menace contre la sécurité nationale. « Il semble qu’actuellement la torture soit utilisée sur une large échelle pour obtenir des aveux dans les affaires touchant la sûreté nationale. Les tortures infligées consistent à frapper les personnes concernées avec un bâton et un tuyau, à les suspendre pendant de longues périodes, à les frapper sur la plante des pieds (falaqa), à les frapper de la paume de la main sur le visage et, en particulier, sur les oreilles, à leur donner des coups de pied, à les exposer à des températures extrêmes, à les agresser sexuellement ou à les menacer d’agressions sexuelles. »

Le Rapporteur spécial revient aussi sur les conditions d’arrestation et les « détentions secrètes » (incommunicado) de suspects dans ces cas qui touchent à la sécurité nationale. « Dans de telles situations, il semble que souvent les suspects ne sont pas officiellement enregistrés, qu’ils sont détenus pendant des semaines sans être présentés à un juge et sans contrôle judiciaire, et que leurs familles ne sont informées de leur détention que lorsqu’ils sont transférés dans les locaux de la police pour signer des aveux. Selon les informations reçues, dans de nombreux cas, les victimes sont alors conduites à un poste de police, où une enquête préliminaire, datée du jour du transfert au poste, pour éviter le dépassement des délais de garde à vue, est ouverte. »

Concernant les personnes reconnues coupables d’infractions liées au terrorisme, le Rapporteur spécial a constaté que ces derniers « continuaient d’être soumis à la torture et à des mauvais traitements pendant l’exécution de leur peine. ».

Usage excessif de la force pendant les manifestations

Juan Mendez revient sur les manifestations populaires de février et mars 2011 « pour la réforme de la constitution et de la démocratie ». Il note que « les forces de sécurité auraient plusieurs fois agressé les manifestants, faisant au moins un mort et de nombreux blessés ». Le Rapporteur spécial fait état de témoignages similaires concernant les manifestations de mai 2012 à Rabat, à Fez, à Tanger et à Témara. Le gouvernement s’est justifié en parlant de manifestations non-autorisées et donc « légitimement dispersées » mais Juan Mendez rétorque que l’usage excessif de la force est interdit par le droit international.

Impunité des responsables de torture

Le Rapporteur spécial note « avec préoccupation » qu’aucun fonctionnaire ne semble avoir été poursuivi pour des actes de torture. Suite à sa demande, le gouvernement marocain a indiqué que 220 agents de la force publique ont fait l’objet d’enquêtes. Juan Mendez indique que ces agents sont poursuivis pour coups et blessures et non pour actes de torture et que la plupart « sont encore en examen ou ont été déclarés non coupables. Les rares policiers qui ont été reconnus coupables ont été condamnés à des peines légères telles qu’une amende ou une suspension. »

A propos des travaux de l’IER et de la question de l’impunité, Juan Mendez craint d’ailleurs « que les activités de l’Instance n’aient pas brisé le cycle de l’impunité de facto des auteurs des violations de la Convention commises pendant cette période, dans la mesure où, à ce jour, aucun d’entre eux n’a été poursuivi. ». Par ailleurs, le Rapporteur spécial « regrette que des hautes autorités refusent d’admettre que la torture est encore pratiquée

Preuves obtenues sous la torture

Juan Mendez indique que les juges « semblent disposés à accepter des aveux sans essayer de les étayer par d’autres éléments de preuve même si la personne se rétracte au tribunal et affirme avoir été torturée. En outre, les témoignages reçus indiquent que de nombreuses affaires soumises aux tribunaux reposent entièrement sur les aveux de l’accusé, en l’absence de toute preuve matérielle ».

Il tient à souligner que le système médico-légal marocain « devrait être revu d’urgence et réformé, dans la mesure où il ne garantit pas actuellement la détection, la documentation et une évaluation médico-légale correcte de tout cas présumé de torture et de mauvais traitements; selon le Rapporteur spécial, c’est peut-être là une des raisons de la non-application de la règle d’exclusion des éléments de preuve obtenus sous la torture ».

Prison de Salé II : des soldats partout, fouilles corporelles, contrôles des cellules, tabassage de détenus et menaces verbales

dans DANS LA PRESSE/LA PRISON AU MAROC par

Un jeune prisonnier politique a fêté à sa manière le deuxième anniversaire de la naissance du Mouvement du 20 février en envoyant depuis la prison civile de Salé 2 un message-vidéo dans lequel il a clamé haut les idéaux de son mouvement.

Loin de faire dans le « naâmisme » (Naâm Sidi !, Naâm Lalla !), ce jeune détenu confirme les principes du M20F et dit parler au nom de tous ses camarades détenus avec lui dans ce pénitencier.

Au passage, il critique les déclarations du ministre de la justice et des libertés (sic), Mustapha Ramid, qui avait assuré il y a quelques mois qu’il n’y avait pas de prisonniers politiques au Maroc, avant de se rétracter piteusement devant la levée de boucliers que ses paroles ont provoquée.

Ce jeune homme a terminé son message par un « Vive le peuple marocain » au lieu de l’obligé « « Vive le roi ! ».

Selon des sources contactées par Demain, depuis la parution de cette vidéo, le régime a réagi en investissant de force Salé 2, avec un renfort de 20 matons qui ont mis sens dessus dessous les quartiers de la prison. Fouilles corporelles, contrôles des cellules, tabassage de détenus et menaces verbales contre les récalcitrants, tel est le climat dans cette taule.

On a appris également que Abdelkader Belliraj, présenté par les autorités marocaines comme le chef d’un réseau islamiste portant son nom, une accusation que les autorités belges jugent farfelue, a été mis à l’isolement total.

Va-t-on essayer d’impliquer Belliraj avec le Mouvement du 20 février ?

Source : l’article sur demainonline et la vidéo du militant du Mouvement du 20 février

Torture au Maroc : le rapport Mendez bientôt rendu public

dans DANS LA PRESSE/ORGANISATIONS POUR LES DROITS DE L'HOMME / FOR HUMAN RIGHTS par

Le rapport final du Rapporteur spécial de l’ONU sur la torture, Juan Mendez, sera dévoilé dans quelques jours à Genève lors de la 22e session du Conseil des droits de l’homme de l’ONU.

L’argentin Juan Mendez, Rapporteur spécial de l’ONU sur la torture, présentera son rapport final sur la torture au Maroc dans quelques jours, à l’occasion de la 22e session du Conseil des droits de l’homme de l’ONU à Genève.

Ce rapport, le premier du genre, fait suite à sa visite au Maroc en septembre dernier. Juan Mendez avait passé une dizaine de jours dans le royaume pour rencontrer les autorités marocaines, des représentants de la justice, de la société civile, des groupes de défense des droits de l’homme, des agences de l’ONU, ainsi que des victimes de violences et leurs familles.

Juan Mendez avait fait part de ses premières observations fin septembre lors d’une conférence de presse donnée à Rabat. Il affirmait alors que « le Maroc développe une culture de respect des droits de l’homme qui est un bon point de départ en vue de l’élimination de la torture dans un futur proche. Mais le pays est loin de pouvoir affirmer qu’il a éliminé la torture ».

Il expliquait notamment : « Chaque fois qu’il est question de sécurité nationale, il y a une tendance à utiliser la torture dans les interrogatoires. Il est difficile de dire si c’est très répandu ou si c’est systématique, mais cela arrive assez souvent pour que le gouvernement marocain ne puisse l’ignorer ».

Torture, impunité, prisons secrètes : ce que dit l’ONU

Pour rédiger son rapport final, Juan Mendez a pu s’appuyer sur les travaux du Comité de l’ONU sur la torture, qui a présenté son rapport périodique Maroc en juin 2012. Ce document fait en effet un point complet sur les sujets de préoccupation du Comité, la collaboration de l’Etat marocain et les recommandations de l’ONU.

Voici ci-dessous les grands axes de ce rapport Maroc, qui n’a fait l’objet d’aucune publicité dans le royaume depuis sa publication.

Aspects positifs

Le Comité de l’ONU sur la torture se félicite du « dialogue constructif » entre ses experts et l’Etat marocain. Il note également « avec satisfaction » la ratification par le Maroc d’un certain nombre de conventions internationales, de la mise en place du CNDH, du vote de la nouvelle constitution et du lancement de la réforme de la justice.

Définition et criminalisation de la torture

Selon le Comité, le Maroc « devrait s’assurer que les projets de loi actuellement devant le Parlement étendent le champ de la définition de la torture, conformément à l’article premier de la Convention contre la torture. L’État partie, conformément à ses obligations internationales, devrait veiller à ce que quiconque se rend coupable ou complice d’actes de torture, tente de commettre de tels actes ou participe à leur commission fasse l’objet d’une enquête, et soit poursuivi et sanctionné sans pouvoir bénéficier d’un délai de prescription.

Utilisation de la torture dans les affaires de sécurité

Le Comité se dit « préoccupé par les nombreuses allégations d’actes de torture et de mauvais traitements commis par les officiers de police, les agents pénitentiaires et plus particulièrement les agents de la Direction de surveillance du territoire (DST) – désormais reconnus comme officiers de police judiciaire – lorsque les personnes, en particulier celles suspectées d’appartenir à des réseaux terroristes ou d’être des partisans de l’indépendance du Sahara occidental, sont privées de l’exercice des garanties juridiques fondamentales comme l’accès à un avocat ou durant les interrogatoires dans le but de soutirer des aveux aux personnes soupçonnées de terrorisme ».

Impunité des responsables de torture

Le Comité « est particulièrement préoccupé par le fait de n’avoir reçu à ce jour aucune information faisant état de la condamnation d’une personne pour actes de torture au titre de l’article 231.1 du Code pénal. Le Comité note avec préoccupation que les officiers de police sont dans le meilleur des cas poursuivis pour violences ou coups et blessures, et non pour le crime de torture, et que selon les données fournies par l’État partie, les sanctions administratives et disciplinaires prises à l’endroit des officiers concernés ne semblent pas proportionnées à la gravité des actes commis. Le Comité note avec préoccupation que les allégations de torture, pourtant nombreuses et fréquentes, font rarement l’objet d’enquêtes et de poursuites et qu’un climat d’impunité semble s’être instauré en raison de l’absence de véritables mesures disciplinaires et de poursuites pénales significatives contre les agents de l’État accusés des actes visés dans la Convention, y compris les auteurs des violations graves et massives des droits de l’homme commises entre 1956 et 1999 ».

« Transfèrements secrets » de la CIA

Le Comité « prend note des déclarations de l’État partie selon lesquelles il n’était pas impliqué dans les opérations de «transfèrements secrets» menées dans le contexte de la lutte internationale contre le terrorisme. Néanmoins, le Comité reste préoccupé par les allégations selon lesquelles le Maroc aurait servi de point de départ, de transit et de destination de «transfèrements secrets» opérés en dehors de tout cadre légal, notamment dans les cas de MM. Mohamed Binyam, Ramzi bin al-Shib et Mohamed Gatit. Il note que les informations lacunaires fournies par l’État partie sur les enquêtes qu’il a menées à ce sujet ne sont pas à même de dissiper ces allégations. Le Comité est gravement préoccupé par les allégations selon lesquelles tous ces «transfèrements secrets» se seraient accompagnés de détention au secret et/ou dans des lieux secrets, d’actes de torture et de mauvais traitements, notamment lors des interrogatoires des suspects, ainsi que de refoulements vers des pays dans lesquels les personnes auraient été également soumises à la torture ».

Les prisons secrètes du Maroc

Le Comité « prend note des déclarations faites par l’État partie durant le dialogue selon lesquelles il n’existait aucun centre de détention secret au siège de la DST à Témara, comme l’attestaient les résultats des trois visites effectuées par le Procureur général du Roi en 2004, mais aussi par les représentants de la Commission nationale des droits de l’homme et par plusieurs parlementaires en 2011. Toutefois, le Comité regrette le manque d’informations relatives à l’organisation et à la méthodologie de ces visites, qui au vu de la situation et des allégations nombreuses et persistantes de l’existence d’un tel centre de détention secret ne permettent pas de lever le doute sur ce point. Cette question reste donc un objet de préoccupation pour le Comité. Ce dernier est également préoccupé par les allégations selon lesquelles des lieux de détention secrets existeraient également au sein même de certains établissements de détention officiels. D’après les allégations reçues par le Comité, ces centres de détention secrets ne feraient l’objet d’aucune surveillance ni inspection de la part d’organes indépendants. Pour finir, le Comité est préoccupé par les allégations selon lesquelles une nouvelle prison secrète aurait été construite dans les environs d’Ain Aouda, près de la capitale de Rabat, pour y détenir les personnes soupçonnées d’être liées à des mouvements terroristes ».

Torture au Sahara

Le Comité « est préoccupé par les allégations faisant état d’arrestations et de détentions arbitraires, de détentions au secret et dans des lieux secrets, d’actes de torture et de mauvais traitements, de l’extorsion d’aveux sous la torture et d’un usage excessif de la force par les forces de sécurité et par les forces de l’ordre marocaines au Sahara occidental. »

Traitement des migrants et des étrangers

Le Comité « prend note » des informations fournies par le Maroc mais « reste toutefois préoccupé par les informations reçues selon lesquelles, dans la pratique, des migrants illégaux ont été reconduits à la frontière ou expulsés en violation des lois marocaines, sans avoir eu la possibilité de faire valoir leurs droits. Suivant plusieurs allégations, des centaines d’entre eux auraient été abandonnés dans le désert sans eau ni nourriture. Le Comité déplore le manque d’information sur ces événements de la part de l’État partie, ainsi que sur les lieux et les régimes de détention des étrangers en attente d’expulsion qui ne relèvent pas de l’administration pénitentiaire. Le Comité déplore enfin le manque d’information au sujet des enquêtes éventuellement menées sur les violences commises par les forces de l’ordre à l’encontre de migrants clandestins dans les régions de Ceuta et Melilla en 2005 ».

Coopération avec les mécanismes de l’ONU

Le Comité recommande au Maroc « d’intensifier sa coopération avec les mécanismes des droits de l’homme de l’ONU, notamment en autorisant les visites, entre autres, du Groupe de travail sur la détention arbitraire, de la Rapporteuse spéciale sur la traite des êtres humains, en particulier les femmes et les enfants, et du Rapporteur spécial sur le droit de réunion et d’association pacifiques ».

Il invite aussi le Maroc « à envisager d’adhérer aux principaux instruments relatifs aux droits de l’homme auxquels il n’est pas encore partie, notamment au Protocole facultatif se rapportant à la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants et au Statut de Rome de la Cour pénale internationale ». (un projet de loi a été validé en décembre dernier par le gouvernement pour ratifier ce protocole facultatif à la Convention contre la torture).

Enfin, le Comité de l’ONU exhorte le Maroc « à diffuser largement les rapports qu’il a soumis au Comité, ainsi que les conclusions et recommandations de celui-ci, par le biais des sites Internet officiels, des médias et des organisations non gouvernementales ».

 Écrit par Christophe Guguen

Source : http://fr.lakome.com/index.php/politique/375-torture-au-maroc-le-rapport-mendez-bientot-rendu-public

Communication téléphonique avec Ali Aarrass de la prison de Salé au Maroc – Mediane TV

dans ACTIONS/DANS LA PRESSE par

La chaîne Mediane TV donne la parole à Ali Aarrass de la prison de Salé II.

Durant douze minutes, Ali Aarrass, entre larmes et colère, dénonce l’injustice subit depuis le 1er avril 2008, ces conditions de détention et la torture vécue au Maroc.

Vous trouverez ci-dessous quelques passages bouleversants de cette interview.

« Cette Belgique qui était mon pays, ma patrie, pour laquelle moi j’ai vécu, j’ai vécu toute ma vie en Belgique. Et puis j’ai fait mon service militaire en Belgique en 93. En 93 j’ai dû fermer mon commerce pendant un an. Tout ça pour quoi ? C’était pour ma patrie tout de même… pour ma patrie. Pourquoi ils m’ont oublié ? Pourquoi ils m’ont sacrifié ? Pourquoi ils ont participé à ce silence ? Maintenant qu’ils fassent le nécessaire pour me relâcher… »

« Ça fait 5 ans que je suis dans les prisons espagnoles et au Maroc, et je suis en train de souffrir. Je veux vous dire qu’ils n’attendent plus, qu’ils me relâchent tout simplement. Car je suis innocent. Pourquoi cette injustice, ce silence ? »

« Je ne pourrai faire de mal à une mouche »

« Ils mentent car ils cachent la vérité »

« Mes conditions de détention sont très mauvaises, très dures… On est tout le temps enfermé, on a un minimum de droit, … »

« La torture… on appelle ça l’avion, le perroquet, électrocution au testicule, viole avec une bouteille en cristal, … ils m’ont violé »

« Ma petite fille, ma famille, mon père me permet de tenir… Ils ont voulu la détruire, ils n’ont fait que la renforcer »

« Ce que je vis, c’est parce que je m’appelle Ali »

« Je n’oublierai jamais ce que les gens font pour moi, ça m’aide beaucoup moralement»

Plus que jamais, nous avons besoin de votre aide pour faire sortir Ali de prison !


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« Abou Ghraïb au Maroc », un article de Taoufiq Bouachrine

dans DANS LA PRESSE/LA PRISON AU MAROC/ORGANISATIONS POUR LES DROITS DE L'HOMME / FOR HUMAN RIGHTS/TORTURE par

Quelle est donc cette capacité d’encaissement que possède Benhachem ? Et quel est cet aplomb que l’ancien collaborateur de Driss Basri à la Sûreté détient pour rester aussi impassible, ses nerfs comme placés dans un frigo, du début à la fin de l’audience du CNDH où il a entendu les pires choses sur les prisons dont il a la charge ?

 

Coups de bâtons et de tuyaux en plastique, « suspension » en l’air des prisonniers attachés avec des menottes, à la porte de leurs cellules, pendant de longues durées, coups de poings, brûlures, coups de pieds, dénudement intégral des détenus et exposition de leurs corps nus aux regards des autres, insultes avec les mots les plus orduriers et les plus méprisants et avilissants qui soient…

 

Que manque-t-il donc pour rebaptiser le Haut-commissariat à l’Administration pénitentiaire en Abou Ghraïb ? Ah oui, j’oubliais… il existe quand même une forme de torture qui n’est pas du tout appliquée dans les prisons de Benhachem : le harcèlement sexuel des prisonniers par des blondes et leur obligation à avoir des relations sexuelles avec elles, comme cela se produisait dans la sinistre prison d’Abou Ghraîb, en Irak…

 

Le rapport, dont la rédaction aura nécessité cinq mois d’enquêtes dans les différentes et nombreuses centrales d’arrêt au Maroc, n’a pas été élaboré par un organisme indépendant de défense des droits humains, pas plus qu’il n’est le fait d’une ONG ou institution internationale, ni même d’un organe d’opposition, mais bel et bien d’une institution officielle, dont le président et le SG ont été désignés par dahirs royaux… et c’est bien pour cela, surtout pour cela, que ce rapport terrible sur l’effrayante situation qui prévaut dans les prisons ne doit pas être rangé soigneusement dans un tiroir, et oublié, comme si de rien n’était.

 

Si le Conseil national des droits de l’Homme (CNDH) a mis le doigt sur une plaie béante de notre société, cela aura permis de redonner un peu de crédibilité et d’indépendance à cet organisme né handicapé. Cependant, on peut également reprocher au CNDH de s’être arrêté en milieu de chemin en essayant de blanchir Benhachem de toute implication directe dans ce qui se produit comme traitements dégradants et humiliants, chaque jour, dans ses geôles, comme si c’étaient des êtres imaginaires qui dirigeaient ses prisons et officiaient dans leurs administrations.

 

Benhachem est juridiquement et administrativement responsable de qui se passe dans une institution qu’il dirige de la manière la plus directe qui soit, dont il nomme les directeurs et responsables des centrales d’arrêt et où il prend toutes les décisions. Le seul chose qui lui reste à faire est de présenter sa démission et de s’en aller. Immédiatement. Et le chef du gouvernement, Abdelilah Benkirane, est également responsable sur les plan juridique, politique et même (et surtout) moral sur ces faits qui se produisent dans les prisons du royaume, car le Haut-commissariat à l’Administration pénitentiaire relève de la présidence du gouvernement. Quant à Mustapha Ramid, le ministre de la Justice, il est à son tour responsable, et lui aussi, sur les plan juridique, politique et même (et surtout) moral et, de ce fait, il lui appartient d’ordonner l’ouverture d’une instruction judiciaire sur les faits rapportés par le rapport du CNDH ; son ministère doit reprendre les points de ce rapport et interroger les responsables en garantissant les protections légales aux témoins afin de les protéger et les prémunir contre toute vengeance des accusés… accusés de tortures et de mauvais traitements…

 

Par ailleurs, la torture dans les prisons revêt plusieurs formes. Ainsi, en plus des comportements sadiques de certains responsables et gardiens de prisons, il y a aussi le problème de la surpopulation carcérale (65.000 détenus pour une capacité de 30.000 places) ; et puis, les prisons au Maroc n’assurent pas le minimum alimentaire à leurs pensionnaires puisqu’il est admis qu’un prisonnier coûte quotidiennement 20 DH à l’Etat, une somme englobant son alimentation, en plus des dépenses d’eau et d’électricité ; le budget des dépenses des prisons, au niveau national, ne dépasse guère 556 millions de DH annuellement, et leur budget global pour 2013 sera de 2,2 milliards de DH, avec une augmentation de seulement 200 millions de DH par rapport à l’année passée. Cela est nettement en-deçà des besoins… et si l’Etat se montre ainsi incapable de s’occuper de 65.000 citoyens dans des conditions humaines décentes, comment pourrait-on attendre de lui qu’il prenne en charge les 34 millions d’autres personnes, qui vivent à l’extérieur des murs des prisons ?

 

Comment donc le chef du gouvernement peut-il manger, boire et dormir alors que dans tous les coins et recoins des prisons et pénitenciers du royaume, des êtres humains vivent dans des conditions moyenâgeuses, torturés, battus, humiliés, brûlés ?… Il s’agit là d’une véritable marque d’infamie sur le front des responsables de ce gouvernement, et plus généralement de tout responsable de ce pays qui peut faire, qui peut dire, qui peut dénoncer… et qui se tait… La moindre des choses que pourrait faire Benhachem est d’envoyer Benhachem en retraite et de réviser cette pratique, cette erreur, consistant à faire appel à cette ancienne mentalité, dépassée et renfermée sur elle-même, pour diriger les prisons du royaume.

 

Votre silence, Messieurs, ne fait que prolonger l’existence de ces prisons de la honte !

 

 

Entretien avec Farida Aarrass par Sylvia Nerina (www.avanti4.be) : « Ali Aarrass, un combat contre l’injustice marocaine et belge »

dans DANS LA PRESSE par

Ali Aarrass est un Belge d’origine marocaine enfermé dans les prisons marocaines, où il subit la torture, pour des faits de terrorisme qui n’ont jamais été prouvés et malgré un non-lieu prononcé par la justice espagnole. Abandonné par la Belgique, il est cependant soutenu par des centaines de personnes qui en font un symbole de la façon dont le Maroc peut frapper impunément.

 Nous avons rencontré Farida Aarrass, membre du parti Egalité, qui milite sans répit pour la libération de son frère. Depuis 4 ans, Farida et d’autres suivent les procès injustes et sonnent aux portes de toutes les institutions. « Free Ali Aarrass ! » a été scandé par des centaines de personnes en Belgique, au Maroc et en Espagne et pourtant, celui-ci vient d’être condamné à rester encore douze ans dans les geôles marocaines.

 Farida nous livre ici le récit de ce combat contre l’injustice. Car ce récit, celui d’une sœur qui se bat pour son frère, est aussi celui d’une militante consciente qui nous explique comment le cas de Ali Aarrass n’est pas isolé, mais l’exemple d’un fonctionnement politico-diplomatique qui détruit des vies pour entretenir le « péril terroriste » et les bonnes relations avec un régime non démocratique. Elle nous décrit comment le Maroc prétend combattre ce terrorisme par tous les moyens, y compris par la torture, avec l’aval ou l’indifférence des pays occidentaux. Un témoignage qui montre comment, au-delà du cas de son frère, ce sont des dizaines de ressortissants européens d’origine marocaine qui font les frais de cette « realpolitik ». Des histoires d’êtres humains abandonnés par leur pays parce que leur double nationalité fait d’eux des citoyens de seconde zone. Entretien réalisé par Sylvia Nerina.

 

Qui est Ali Aarrass et de quoi est-il accusé ?

Farida Aarrass : Ali est un belge d’origine marocaine qui a la double nationalité. Quand on est Marocain on a cette nationalité collée à notre peau jusqu’à la fin de notre vie. Ali est arrivé en Belgique à l’âge de 15 ans pour vivre avec notre mère, je les ai rejoins plus tard. Après le divorce de nos parents, nous avons été élevés par des religieuses catholiques dans la petite enclave espagnole de Melilla (ville autonome espagnole située sur la côte nord du Maroc, héritage de la période coloniale, ndlr.). Il s’est installé ici et est resté 28 ans. Il était indépendant et tenait une librairie-papéterie qui vendait du matériel informatique, qui a bien fonctionné. Les affaires allaient plutôt bien. Une fois la nationalité belge acquise, il a fait son service militaire. Sa vie était sereine, c’est un homme affable, qui avait beaucoup d’amis. C’est un homme très généreux qui n’a jamais refusé l’aide à quelqu’un dans le besoin.

Comment se sont déroulés les faits qui ont amené à son emprisonnement ?

F. A : En 2005, il retourne à Melilla vivre auprès de son père et se met en affaire avec un autre membre de la famille. C’est en novembre 2006, qu’il est arrêté pour la première fois sur son lieu de travail. Il ne comprend pas ce qui lui arrive et les gardes civiles qui l’emmènent ne lui en disent pas plus. Il ne sait d’ailleurs pas que depuis son retour à Melilla il a été mis sur écoute. Ce n’est qu’une fois à Madrid, alors qu’il est interrogé par la police espagnole en présence de représentants français, qu’il comprend qu’on le soupçonne de trafic d’armes entre la Belgique, la France et l’Espagne.

La famille n’est pas informée de son arrestation et il est interrogé pendant quatre jours. L’interrogatoire démontrera que rien ne le lie aux faits dont on le soupçonne. Mais après sa libération, un mandat d’arrêt est quand même envoyé par le Maroc. Ali est forcé de rester dans la petite enclave espagnole, où il doit signer une feuille de présence chaque semaine au tribunal.

Cela durera deux ans et le 1er avril 2008, il sera à nouveau arrêté sur son lieu de travail et emmené à Madrid. De nouveau, la famille est laissée sans nouvelles pendant plus de deux semaines.

Ali Aarrass est un citoyen belge ; est-ce que le gouvernement belge est intervenu en faveur d’un de ses ressortissants ?

F. A : Pas vraiment. Lors de son arrestation en 2008, j’ai fait appel au ministère des affaires étrangères pour avoir au moins un minimum d’information. C’est là qu’on m’a informé qu’il était dans un centre pénitencier de Madrid et qu’il avait un avocat, mais ils n’ont rien fait d’autre et ne m’ont même pas renseigné sur les chefs d’inculpation contre mon frère.

Plus tard, j’ai sonné à toutes les portes pour qu’il bénéficie de ce minimum d’assistance consulaire à laquelle chaque ressortissant belge a droit. Mais à chaque occasion au cours de ces démarches nous avons pu constater qu’un « ressortissant belge » et un « ressortissant belge d’origine marocaine » ne sont pas considérés par les autorités de la même manière.

Si l’arrestation était sans fondement, comment ont-ils pu le détenir impunément aussi longtemps ?

F. A : Le Maroc, qui est à la base de la seconde arrestation de 2008, avait 40 jours pour démontrer qu’il y avait des raisons valables à celle-ci et obtenir son extradition de l’Espagne vers le Maroc. Pendant cette période, nous avons eu très peur pour Ali. Nous connaissons les conditions de détention au Maroc.

Au bout des 40 jours, la Maroc n’avait toujours pas réussi à justifier son arrestation. Leur seule argumentation était une série de faits énoncés, pour lesquels ils n’avaient ni témoins, ni preuves.

En mars 2009, le juge Baltazar Garzon a prononcé un non-lieu. Pour la justice espagnole, rien ne justifiait qu’on poursuive plus loin les tentatives de lier mon frère aux soupçons terroristes pour lesquels on le poursuivait.

Il a donc été relâché ?

F. A. : Non, malgré le non-lieu, le Maroc a réitéré sa demande d’extradition et Ali a été maintenu emprisonné, toujours dans des conditions d’isolement.

Nous, sa famille, ses amis, avons mis la pression d’un point de vue légal et médiatique pour éviter cette extradition. Mais celle-ci a quand même eu lieu, en catimini, sans prévenir ni la famille, ni les avocats, ni les autorités belges.

Les autorités belges ont-elles, à un moment où l’autre, fait le moindre geste pour tenter d’éviter cette extradition ?

F. A. : C’est une question compliquée. On peut se demander quel a été le rôle des autorités belges. Alors qu’Ali était détenu depuis des semaines et que les autorités belges n’étaient jamais intervenues, sinon pour nous transmettre de maigres informations, voilà qu’ils décident de lui rendre visite. Et comble de malchance, les représentants belges qui devaient voir mon frère sont arrivés à la prison le lendemain de son extradition. Une extradition dont ils prétendent ne pas avoir été mis au courant et qu’ils n’ont pu « malheureusement » que constater parce qu’ils se sont rendus sur les lieux justement le lendemain de celle-ci.

La Belgique est un pays qui continue à prétendre qu’il n’y a plus de torture au Maroc. Ils prétendent qu’il faut faire confiance à la justice espagnole et marocaine… Selon moi, la Belgique l’a en fait complètement abandonné.

Pourquoi un tel acharnement de la part du Maroc ?

F. A. C’est difficile d’affirmer quelle est la logique derrière toute cette injustice. Mais les faits sont là et il semble que la Maroc opère une importante propagande « anti-terroriste » dont des Européens à la double nationalité font les frais. En prison, tous ne sont pas en isolement, et beaucoup de prisonniers ont pu communiquer avec l’extérieur. Il y a des centaines d’Européens d’origine marocaine, venant de pays différents : Hollandais, Espagnols, Français, Italiens… Et tous témoignaient de la même incompréhension. Chacun dans sa langue dit « je ne comprend rien, je ne sais pas pourquoi je suis ici ».

L’impression de « piochages » à l’aveugle pour maintenir la peur du « terrorisme au Maroc » est très forte. Le Maroc semble avoir absolument besoin de suspects à accuser de terrorisme entre lesquels on crée des liens et pour donner plus de poids à cela on invente des connections internationales en emprisonnant des gens venant de plusieurs pays.

Il y a des règles archaïques dans la constitution marocaine, inscrites « au nom de l’Islam ». Mais dans le même temps le pouvoir persécute les islamistes, ou les prétendus tels. Est-ce une contradiction ?

F. A. : Quoi qu’il y ait dans la constitution marocaine, le Maroc n’est pas un pays qui respecte l’Islam. Un pays qui torture et perpétue des injustices ne peut pas le faire au nom de l’Islam. Mais il veulent donner une « bonne image » à leurs partenaires occidentaux et pour cela ils n’hésitent pas à diaboliser et arrêter des gens. C’est une politique de la peur. Ils arrêtent des gens venant de différents pays pour démontrer le danger de réseaux internationaux et se poser ainsi en barrage efficace contre ce danger.

Est-ce qu’il y a eu une justification officielle du refus d’aider un ressortissant belge détenu au Maroc ?

F. A. : Nous avons interpellé le ministre des affaires étrangères de l’époque, Steve Vanackere sur la question de l’extradition. Nous lui avons demandé ce qu’il allait faire pour assurer la sécurité de mon frère, un ressortissant belge injustement détenu au Maroc dans des conditions contraires aux droits de l’homme. Celui-ci nous a répondu comme à des enfants impertinents. Il a profité du fait que la question était posée dans le cadre d’une conférence publique pour balayer nos questions du revers de la main en invoquant le fait que c’était hors sujet, allant jusqu’à me traiter de personne « malpolie ». Nous avons tenu bon et lui avons demandé un rendez-vous pour pouvoir en parler « dans le cadre adéquat », mais il nous a répondu que quel que soit le cadre, sa réponse serait la même et que de toute façon la Belgique n’interviendrait pas.

Zoé Genot (députée Ecolo, ndlr.) a fait une interpellation parlementaire et a obtenu la même réponse. Si Luk Vervaet n’avait pas rédigé une demande pour prendre en considération le cas de Ali Aarrass et n’avait pas couru après les signatures, aucun document officiel n’existerait sur notre situation.

La Belgique était-elle empêchée d’intervenir ?

F. A. : Non, ils auraient pu faire quelque chose, ils auraient pu exiger la protection de ce citoyen. Pendant la même période, cinq ressortissants belges étaient détenus en Iran. Mais ceux-ci étaient des Belges « de souche », pas des citoyens de seconde zone d’origine marocaine ou iranienne. La Belgique a réussi à les libérer et à les ramener en moins d’un mois. Il y a une différence de traitement qui est inquiétante. Certaines personnes s’en rendent compte, mais la majorité garde encore une confiance injustifiée dans le gouvernement belge. Ils ne se rendent pas compte que ce qui est arrivé à Ali pourrait arriver à n’importe qui et que n’importe quel ressortissant belge d’origine marocaine pourrait être abandonné à l’injustice du Maroc sans que la Belgique ne fasse quoi que ce soit.

Tout est lié. On est face à un racisme institutionnel. Ali pouvait se considérer comme Belge à part entière, mais pour les autorités, un Belge d’origine marocaine n’est qu’un citoyen de seconde zone pour lequel il ne faut pas gâcher les bonnes relations diplomatiques.

Après l’extradition au Maroc, Ali a-t-il subit la torture ?

F. A. : Je ne veux pas vraiment m’étendre sur la torture qu’a subit mon frère. C’est relaté dans d’autres articles et ça reste très douloureux d’en reparler à chaque fois. Mais oui, il a été torturé, à plusieurs reprises.

En 2010 il a été amené à Témara (centre de torture près de rabat, utilisé par la police secrète pour exercer la torture sans contrôle aucun. Le Maroc nie l’existence de ce centre, pourtant bien réel, ndlr.). On l’a jeté dans une cave comme un objet et il a été « interrogé » pendant douze jours. Après avoir espéré mourir pour que la torture s’arrête, il a inventé des réponses. Alors que ses tortionnaires lui demandaient des informations sur une planque où trouver certaines armes, il leur a donné la seule adresse qu’il connaissait, celle d’une tante paternelle, adresse se trouvant être assez distante, sachant que le temps de vérifier lui donnerait un répit. Lorsque la police a vu qu’il n’y avait pas d’armes, ils l’ont amené dans les bois et l’ont torturé et humilié.

Le pire, c’est que la justice marocaine fait comme si cela n’existait pas. Lorsque des procureurs ou des médecins rencontrent mon frère, ils font comme si il n’était pas dans un état physique lamentable. Lorsqu’il a montré les marques de torture sur son corps au procès, cela n’a pas été pris en considération.

La justice Marocaine a condamné Ali à 15 ans (réduit à 12 en appel) en se basant sur des documents – des aveux – qu’il aurait signés.

F. A. : Ces documents sont des faux. Certains ont été signés sous la torture, d’autres par mensonge, et sur d’autres, la signature d’Ali a été tout simplement scannée et apposée.

Après les 12 jours de garde à vue pendant lesquels il a été torturé, Ali a rencontré un procureur marocain et ensuite un juge d’instruction. Celui-ci est un des premiers à lui avoir parlé avec gentillesse et compréhension. Après quoi, il lui a fait parapher le résultat de ces auditions, rédigées en langue arabe classique. Ali ne lit pas l’arabe classique. Ces « auditions », dont il ne connaissait pas le contenu et qu’on ne lui a pas traduites serviront à la condamner à quinze ans de prison. Lorsqu’on consulte ces auditions, on peut voir que quelqu’un a sur-signé le paraphe d’Ali avec une signature signifiant « Ali Aarrass » en langue arabe classique.

Ce n’est pas la seule pièce fausse du dossier. Lors du procès en appel, le procureur a utilisé trois documents signés par des médecins légistes attestant qu’il n’y avait pas de traces de torture sur son corps. Ces documents portaient aussi la « signature » de Ali.

Il faut savoir que mon frère n’a jamais rencontré ces médecins. Il avait par contre précédemment été entendu par le directeur de la prison et son adjoint soit disant pour parler de la torture qu’il avait subit. Il a ensuite de nouveau signé un document en langue arabe sensé être le compte-rendu de son témoignage. C’est cette signature, en caractères latins, qui a été scannée et on la retrouve sur sur les certificats des médecins affirmant que Ali avait été ausculté et ne portait aucune marque indiquant qu’il aurait été torturé.

Si la justice belge n’a rien fait, n’y a-t-il pas eu d’interventions d’organismes internationaux ?

F. A. : Oui, bien que très peu et très tard. Des représentant du conseil de l’ONU ont rendu visite à Ali avec un médecin légiste qui a attesté des traces de torture inhumaine qu’il a subit. Amnesty International aussi est intervenue, mais trop tard pour éviter l’extradition.

Mais qu’ils soient intervenus tôt ou tard, le Maroc agit de toute façon à sa guise. Le Comité des droits de l’homme de l’ONU avait ordonné à l’Espagne de suspendre l’extradition, car illégale, mais celle-ci a quand même eu lieu.

Maintenant il faut épuiser tous les recours de la justice marocaine, même si nous savons que c’est sans espoir. Une fois que cela sera fait, nous pourront faire officiellement appel aux autorités internationales. Sauf si la cour de cassation casse le jugement, mais cela révèle de l’irréel.

Cependant, on sent que le seul espoir légal réside à ce niveau. Par exemple, lorsque Ali a décidé de porter plainte auprès de l’ONU contre un adjoint qui l’a menacé pendant la nuit, le directeur a tout fait pour que cette plainte soit retirée. Il n’a pas réussi à la faire retirer ou à la faire disparaître et celle-ci va rejoindre les autres plaintes adressées à l’ONU. Ça semble être la seule chose qui peut les inquiéter.

Ce combat dure depuis 7 ans et semble devoir encore durer longtemps ; comment le vis-tu ?

F. A. : C’est très difficile, mais on n’a le choix qu’entre deux comportements ; flancher et se dire que tout est perdu ; pour moi, pour mon frère, pour tout le monde. Ou alors tenir. Et ça c’est possible grâce à tous ceux qui sont autour de moi.

Ali croit que toute l’énergie et la solidarité autour de sa situation ne le sauveront peut-être pas, mais il considère que cette solidarité compte plus que tout. Il veut que son combat continue pour servir à d’autres après lui, c’est pour ça qu’il nous demande de ne pas lâcher prise.

Pour suivre l’affaire et participer aux mobilisations de soutien :

http://www.freeali.eu

Pour écrire des lettres ou des cartes de soutien à Ali :

Ali Aarrass : Prison de Salé II, Ville de Salé – Maroc.

 

APPEL : 28 octobre 2012 : Journée Mondiale contre l’arbitraire, l’injustice et la torture au Maroc

Rassemblement devant l’ambassade du Maroc

29, rue Saint Michel à 1040 Etterbeek

Dimanche 28 octobre de 14h00 à 16h00


 

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