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Nordine Saïdi et Khalid Derouich dans Bruxelles en mouvements (juillet-août 2016) : « Ali Aarrass représente ce qu’est le racisme d’État. »

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bruxelles-en-mouvement« Ali Aarrass est pour moi le symbole de la domination raciale dans ce pays. Ali Aarrass représente ce qu’est le racisme d’État. Quand on est issu de l’immigration marocaine, donc assimilé à un musulman, on perd non pas sa nationalité, mais son droit même à la présomption d’innocence.

Ali rappelle à chaque non blanc que sa vie et celle de sa famille peuvent être brisées à tout moment. Ali nous rappelle que pour être un Belge à part entière et non un Belge à part, il vaut mieux s’appeler Alain qu’Ali. Nous devons tout faire pour qu’Ali soit considéré comme un prisonnier politique. Ali est notre Mumia Abu Jamal, Leonard Peltier, ou tout autre prisonnier politique coupable d’être « indigène ».

Source ieb, inter-environnement Bruxelles

Rencontre avec Nordine Saïdi, membre fondateur de Bruxelles Panthères
Publié le mercredi 31 août, par Marianne Van Leeuw-Koplewicz

Bruxelles Panthère(S) se veut être un espace de réflexion autonome de tous ceux qui veulent s’engager dans le combat contre les inégalités raciales qui cantonnent les immigrés et leurs enfants à un statut analogue à celui des indigènes dans les anciennes colonies. Son objectif prioritaire est de faire converger, au sein d’une même dynamique antiraciste et décoloniale, l’ensemble des espaces de résistances que se donnent les habitants des quartiers populaires de Bruxelles.
Marianne Van Leeuw-Koplewicz : Un grand Salam. On ne va pas jouer la distance feinte. C’est parce que j’ai une très grande estime pour toi et pour l’action de Bruxelles Panthères que tu ne pouvais pas manquer dans un Bruxelles en mouvements dédié à la Culture avec un grand C et dont le point de départ est la proposition de Réouverture des Halles de Schaerbeek. Il s’agit aussi de rendre hommage à tous les bénévoles de Panthères.

Je me souviens que tu étais très enthousiaste pour « Réouverture », livre qui n’aurait pu être conçu sans les exigences qui sous-tendent vos actions. Tout comme l’idée des pôles, pensés comme autonomes les uns par rapport aux autres, doit énormément à Houria Bouteldja (que vous avez invitée plusieurs fois) et au terme « d’agendas différés », concept clef dans le projet des Halles. En résumé, tu irrigues les Éditions depuis un certain temps et ce projet en particulier. Aurais-tu envie de revenir sur ce livre ?

Nordine Saïdi : J’ai beaucoup aimé le livre avant de le lire, car il est beau, il est original : un cahier de croquis d’architecte qui invite à être lu. Ensuite, la présentation d’un lieu ouvert, qui appartient aux personnes qui l’habitent, c’est révolutionnaire et donc j’accroche. Au fur et à mesure, ce livre me parle directement. Il est blindé de références qui me concernent, la parole est aux Bruxellois(e)s, aux frangins et aux frangines. Il décrit le lieu de nos projets.

Dans les différents pôles annoncés, il y a le pôle artistique, « Snowden » et le pôle colonial et post-colonial, nommé « Abdelkrim, Lumumba, X et Rosa ». Pas besoin de développer plus pour voir que ça correspond à l’orientation politique de Bruxelles Panthères. Aujourd’hui, je l’appellerais tout simplement le pôle Décolonial. Finalement, ce qui est super avec le livre, c’est que nous avons déjà les plans de nos futurs lieux à Bruxelles, et ça nous épargne combien de temps, d’énergie, d’argent ? Je suis surpris quand je découvre en fin du livre la signature de l’auteure, merci Marianne.

M. : Tu représentes un espace culturel important et pourtant tu n’as ni moyens, ni lieu. L’endroit à Bruxelles qui met à disposition des espaces de la façon la plus démocratique est le Pianofabriek [1] – et aujourd’hui le Space [2]. Comment expliques-tu cela ? Et pour vos rendez-vous, tu vois le futur comment ?

N. : Je ne sais pas si on représente un espace important, mais c’est vrai que nous avons organisé pas mal de rencontres intéressantes avec pas grand-chose comme budget, c’est-à-dire zéro euro de subside public. Que ce soit nos rencontres sur l’Islamophobie, la Négrophobie, la Romophobie, les violences policières… Je crois que ça a été plus facile de le faire au Pianofabriek parce qu’ils sont flamands. Ça me donne l’occasion de les remercier pour ce qui est devenu une vraie collaboration avec ce Centre culturel. Je crois que pour les néerlandophones, les concepts de Blanc et Non Blanc sont plus facilement compréhensibles vu leur familiarité avec les études anglophones où ils existent depuis très longtemps. Il n’y a eu aucune méfiance de leur part et je tiens à le signaler car c’est très rare.

M. : Quand et comment débute Bruxelles Panthères ? [3]

N. : Les Bruxelles Panthères viennent à la suite du parti Égalité [4], fondé en 2008. La plupart des membres fondateurs sont des anciens d’Égalité. En 2008, c’est les frappes sur Gaza. À ce moment-là se constitue une organisation politique autonome, issue des quartiers populaires, qui tiendra 4 ans. En juillet 2012, Khalid Derouich [5]et moi, on se rend en France pour travailler à un texte intitulé « Convergence avec nous-mêmes ». « Nous-mêmes », c’est Égalité à l’époque, la Brigade Anti-Negrophobie, le Parti des Indigènes de la République. Ce texte qui pose les fondations d’une convergence avec nous-mêmes d’abord, que j’assume et que je signerais encore aujourd’hui, a été mal reçu ici en Belgique. Entre autres par une partie d’Égalité, parce qu’il parle de domination blanche au niveau planétaire. On est alors en 2012 et ça fait encore débat. Ce texte est mal perçu sur une question de pouvoir et sur une question d’orientation. Donc je quitte Égalité, notamment avec Khalid, sans faire trop de bruit, et on pose les fondations de ce qui devient Bruxelles Panthères, et qui assume dès le départ (ce qui est pour moi l’échec d’Égalité) la constitution d’une organisation indigène politique décoloniale avec des références du Sud, qui parle de convergence d’abord avec les noirs, les roms, les personnes issues des quartiers populaires, et où la question de la convergence avec l’extrême gauche est présente, oui, mais sans être prioritaire contrairement à l’obsession de certains.

M. : Et qu’est-ce qui déplait à Égalité ?

N. : Depuis 2012, les lignes ont bougé, mais à l’époque quand je disais les Blancs, il y avait une levée de boucliers pour dire mais c’est quoi ce terme honteux de Blancs. On était trop dans une version égalitaire de Bruxelles, qui ne prenait pas en compte le rapport de domination qui se traduit par un racisme d’État.

M. : Ils ne comprenaient pas que tu disais blanc en termes de construction sociale…

Khalid Derouich : Ce qui a dérangé, c’est que le texte soit signé par des organisations qui se revendiquent non blanches.

N. : Pour moi, assumer ce texte ne trahissait pas du tout les militants d’Égalité. C’était et c’est tout à fait ce que je pense être depuis 2008. Pour moi, Égalité était une organisation non blanche, et il n’avait jamais fallu expliquer que les blancs étaient les égaux des « bougnouls ». Devoir expliquer ça ou devoir le formaliser, pour moi, c’était hallucinant. C’était voir le monde comme si nous avions le pouvoir de décider si la société est raciste ou pas.

M. : Aujourd’hui les membres de Panthères sont en parfaite amitié, collaboration et fraternité avec beaucoup de membres fondateurs d’Égalité qui, je pense, intègrent actuellement la question de la domination blanche et du racisme structurel. Pour préciser, ce qui caractérise les Panthères serait de ne pas avoir d’agenda politique, pas d’attente à l’égard de la politique représentative : vous allez directement faire du terrain, des actions…

N. : On est 100 % dans l’action. On ne pense pas aux échéances électorales pour le moment. Égalité était aussi pour l’action à 100 %. Et les Bruxelles Panthères n’ont jamais dit qu’elles ne participeraient jamais aux élections. Si on doit s’appeler Bruxelles Panthères Party à un moment donné, pourquoi pas.

M. : Si je pose cette question, c’est qu’une caractéristique de Bruxelles Panthères est d’être partout dans Bruxelles, là où l’action le demande. Vous ne restez pas dans une commune ou un quartier. Vous êtes des grands représentants de Bruxelles en termes de prise d’espaces publics et tout cela sans subside.

N. : On ne prétend pas représenter Bruxelles, tout au plus les habitants des cinq communes les plus pauvres de ce royaume. On se fait la voix de ceux qui savent qu’ils vivent dans la région la plus riche, mais qu’ils sont les plus pauvres. De ceux à qui on n’a pas besoin de présenter des études pour leur confirmer qu’il existe bien une discrimination quand on est issu de l’immigration marocaine, turque, ou congolaise et plus encore quand on est une femme musulmane qui porte le voile. De ceux pour qui la police n’est pas une force de l’ordre, mais une force d’occupation. Oui bien sûr, on est des individualités, on est des personnes, mais surtout et avant tout des frères. On ne calcule pas, même si certains croient le contraire vu de l’extérieur. On parle surtout entre frères. On ne va pas laisser un vide politique sur la question du racisme d’État. On se construit entre nous sans vouloir voir trop grand.

K. : Les personnes qui composent Bruxelles Panthères se complètent.

N. : Sans vouloir être exhaustif, on a des Bruxellois issus de l’immigration, des Bruxellois de quartiers blancs convertis à l’Islam, des immigrés en Espagne puis immigrés à Bruxelles, des Marocains, des anciens gauchistes, des gens qui ont grandi au Maroc et qui vivent ici. Notre grande particularité est de ne pas vouloir atteindre 10 000 membres. On ne veut pas que toutes les petites organisations se fédèrent autour de Bruxelles Panthères. Contrairement à la gauche, on ne veut pas pousser les petites associations à se dissoudre dans un grand groupe. On veut renforcer toutes les petites organisations racisées à continuer leur combat sur leurs priorités à elles et qu’à certains moments, on marche ensemble. On soutient à 100 % l’asbl Change, on soutient à 100 % le collectif Mémoire Coloniale, etc. Ça nous permet, par exemple, de ne pas devoir étudier la question de la négrophobie car Mémoire Coloniale le fait très bien. Ce sont nos frères, on peut très bien les suivre sur ce point-là.

M. : C’est ce que Isabelle Stengers appellerait un savoir situé.

N. : Moi, j’appelle ça la confiance en nos frères.

M. : Ce n’est pas non plus une confiance béate…

N. : Non, c’est une réelle confiance en nos frères et sœurs.

Il faut se rappeler qu’à l’époque d’Égalité, les membres étaient considérés comme les pires criminels. Politiquement, on était les islamo-gauchistes – représentés par la figure de Nordine Saïdi parce qu’on doit toujours personnaliser un mouvement pour le criminaliser. Ces mêmes « criminels » vont fonder une autre organisation ! On est déjà parti sur une étiquette de racistes anti-blancs et compagnie. Aujourd’hui on sait que celui qui va parler de racisme anti-blanc est tout de suite ridiculisé. On a déjà gagné des batailles idéologiques. On ne pourra plus jamais faire sans nous. Ça c’est sûr. En 2008, on a semé des graines, un vent s’est levé et les graines germent, chacune à son rythme. Je suis certain qu’à un moment germera celle d’une organisation politique issue des habitants de quartiers populaires et qu’elle sera décoloniale ou ne sera pas. Ce que je vois aujourd’hui avec la gauche dite « radicale » et qui est en partie au pouvoir, me le confirme. Je pensais juste que ça prendrait plus de temps.

M. : Quelles sont les dates importantes ?

N. : C’est surtout 2008. Gaza. Quand ces criminels du gouvernement belge ont fermé les yeux sur les massacres qui se passaient là-bas, « nègres de maison » inclus…

M. : Je me souviens d’une manifestation que vous avez portée, qui était très émouvante parce qu’il y avait énormément de monde, surtout beaucoup de familles avec des enfants… ce sera en 2012.

N. : 2008 contre les massacres à Gaza, on est déjà beaucoup d’indigènes issus de l’immigration à sortir dans les rues et à faire la procession Nord-Sud. Quelques jours après, sort la carte blanche signée par Manuel Abramowicz etc. « Le pouvoir aux barbus ». Tout à coup, certains se sont rendus compte qu’il y avait plus de « bougnoules » dans cette ville qu’ils l’imaginaient. Ils ont eu peur, les gars, et ils ont fait peur à beaucoup de monde malheureusement. Ces mecs ont fait laFitna [6] dans le mouvement anti-raciste. Pour moi, ils sont responsables de la mort de l’anti-racisme politique et donc aussi de la montée du discours islamophobe décomplexé. En 2012, face aux massacres à Gaza, on ne voit rien venir. Khalid et moi, on se dit que ce n’est pas possible ; on ne peut pas laisser les choses comme ça ; et on invite des organisations à lancer un appel avec des revendications, dont celle qui a causé beaucoup de problèmes : « soutien total à la résistance du peuple palestinien ». Là, beaucoup d’organisations nous ont dit :on ne peut pas signer pour ce truc-là. On a vécu l’inquisition. On a été accueilli avec toutes les autres organisations pro-palestiniennes, elles nous ont dit que la manifestation était très bien, qu’il fallait la faire, mais qu’il y avait un problème : on nous a demandé d’ajouter soutien aux pacifistes israéliens, et même qu’on devait dire qu’on n’était pas antisémites !

M. : En 2008, le point positif, c’est voir qu’à Bruxelles, il y a des militants et pas seulement des consommateurs et des travailleurs issus de l’immigration ; les « nouveaux belges » qui rasent les murs. C’est un moment historique, ce nombre. Le point négatif, c’est qu’il n’y avait aucune joie.

N. : Moment historique certainement. Politiquement, je me rends compte que notre seule force, c’est nous. Ce ne sont pas ces organisations dont la direction est blanche (ABP, UPJB, CNCD-11.11.11, CNAPD…) et qui nous font pleurer les morts palestiniens dans la procession Nord-Sud qui vont changer les choses. En 2012, au début des attaques, on a été très patients, il y avait plein de demandes pour organiser un événement, pour montrer notre solidarité et comme rien ne se faisait, on a lancé un appel que personne n’a voulu signer parmi les structures officielles. À ce moment-là, il y a eu un boycott à l’égard des gens des quartiers populaires dont nous étions le porte-voix. Ce jour-là, ils n’ont pas fait confiance au peuple bruxellois. Ils se sont dits : on doit faire notre manifestation, on ne peut pas laisser ça dans leurs mains. Effectivement, ils ont fait une autre manifestation une semaine après…

M. : J’y étais, je sais où est ma place (rires). Mais il y avait beaucoup moins d’énergie et de monde… Après avoir marché avec toutes ces familles, c’était triste de ne se retrouver qu’entre militants.

N. : Ce dont ils ne se sont pas rendu compte, c’est que le Khalid et le Nordine qu’ils avaient devant eux représentaient déjà la réunion d’une quarantaine ou une cinquantaine de personnes. En tout cas, ils n’ont pas voulu entendre qu’on ne parlait pas en notre nom seulement, mais qu’on représentait beaucoup de gens dégoûtés par ces massacres et qui avaient décidé de faire quelque chose. Pour organiser la manif, j’ai vu les frères et sœurs, je leur ai dit que les grosses organisations ne voulaient pas signer, et on s’est dit on continue. Chacun a fait son boulot. 50 personnes se sont dit on va faire intervenir toute notre famille. C’était une manifestation magnifique. Entre 10 000 et 15 000 personnes qui scandaient « soutien total à la résistance du peuple palestinien ». C’est plus en ça qu’elle est inoubliable : sur la base des slogans, pas du nombre.

M. : Et on peut dire que 90 % des personnes présentes, c’étaient des familles.

N. : C’est normal. Quand tu veux réunir 15 000 personnes, il faut qu’il y ait des familles.

M. : On considère qu’une manifestation est politique quand elle réunit les familles, des simples citoyens. S’il n’y a que des militants, c’est un acte de militance.

N. : Certain(e)s se disaient qu’on était qu’entre nous, entre « bougnouls ». Moi, je demande où étaient les blancs. Quand les Palestiniens ou les gens du Sud crèvent par milliers ou millions, où sont les blancs ?

M. : Est-ce qu’il n’en avait pas plus dans la manifestation organisée après ?

N. : Oui, parce qu’organisée par les gens fréquentables qui disaient on veut que le massacre s’arrête, sans remettre en cause l’obligation pour la Palestine d’avoir une position pacifiste.

M. : Comment avez vous fait finalement pour en arriver là ?

N. : On était 50 et on a contacté tout le monde.

On a envoyé un mail pour faire la réunion sans annoncer qui serait là. On leur a dit les gars, c’est la mort là-bas ! Qu’est-ce qu’on fait ? La médiatisation a été très mauvaise. On a parlé de 1 500 personnes. On a dit qu’il y avait des casseurs en fin de manif, alors qu’à la fin, la police est venue et nous a félicité pour le bon déroulement. Au final, on a dénombré une seule vitrine cassée à la Gare du Nord, une demi-heure après la fin de la manif.

M. : Au final vous avez été mieux traité par la police que par les médias. Est-ce que tu te souviens lors du rassemblement devant le ministère, tu te disputes avec le journaliste de Télé Bruxelles, avant la manifestation.

N. : Ce jour-là, j’ai rendez-vous avec Yvan Mayeur et l’état-major, je suis avec le bourgmestre, ses assistants et des policiers de la hiérarchie. Ils me demandent de reporter la manifestation d’un jour. Je leur réponds cette manifestation, c’est vous qui allez la reporter d’un jour, parce que, moi, je ne pourrai pas prévenir 10 000 personnes. Ils me disent vous pensez vraiment qu’il y aura 10 000 personnes ? Et là, je regarde les policiers et je leur dis : je vous l’affirme, il y aura au moins 10 000 personnes et je n’ai pas envie d’organiser deux manifestations, la mienne et la vôtre. Si vous voulez organiser une manifestation le lendemain, faites-le vous-même, mais moi, je n’annule rien. Le chef de la police me demande si je peux affirmer qu’il n’y aura pas de casse. Je lui réponds que si je pouvais l’affirmer, je serais à sa place. Et j’ai dû batailler, insister, je leur ai dit qu’il n’y aurait pas d’incidents s’il n’y avait pas de policiers sur le parcours… Il y avait un service d’ordre, mais c’était nous, les mamans et papas.

M. : Ton nom est associé comme celui de nombreux autres à la défense d’Ali Aarrass [7]. Maintenant le front s’est élargi grâce à des supports de toutes sortes, mais cette question de la double nationalité et de la justice à deux vitesses rend encore plus douloureuse la question post-coloniale…

N. : Oui, Ali Aarrass est pour moi le symbole de la domination raciale dans ce pays. Ali Aarrass représente ce qu’est le racisme d’État. Quand on est issu de l’immigration marocaine, donc assimilé à un musulman, on perd non pas sa nationalité, mais son droit même à la présomption d’innocence.

Ali rappelle à chaque non blanc que sa vie et celle de sa famille peuvent être brisées à tout moment. Ali nous rappelle que pour être un Belge à part entière et non un Belge à part, il vaut mieux s’appeler Alain qu’Ali. Nous devons tout faire pour qu’Ali soit considéré comme un prisonnier politique. Ali est notre Mumia Abu Jamal, Leonard Peltier, ou tout autre prisonnier politique coupable d’être « indigène ».

Entretien avec Marianne Van Leeuw-Koplewicz,
Éditions du Souffle

Baudouin Loos (LeSoir) : deux livres pour ne pas oublier Ali Aarrass

dans DANS LA PRESSE par

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Les proches d’Ali Aarrass, condamné à une lourde peine de prison au Maroc, ne se découragent pas. Ils publient deux livres, dont une bande dessinée, pour faire connaître le sort funeste de ce Belgo-Marocain qui clame son innocence.

Ali Aarrass est toujours en prison à Salé 2, près de Rabat au Maroc. Rien de très nouveau, donc, pour ce Belgo-Marocain de 54 ans condamné en 2012 à douze ans de prison pour «terrorisme» à l’issue d’un procès où l’accusation s’est basée sur un seul élément concret, des aveux extorqués sous la torture (confirmée par un rapport des Nations unies), aveux qu’il a rapidement récusés.
Ses proches n’ont cessé de se démener pour susciter la révision de son procès et sa libération (1). Ils ont notamment fait condamner l’Etat belge par la justice bruxelloise pour manquement au devoir d’assistance consulaire à un ressortissant emprisonné à l’étranger (la Belgique, condamnée en première instance et en appel, s’est pourvue en cassation). Voici qu’ils publient simultanément deux livres consacrés à cette pénible affaire, Lettres de prison (Editions Antidote), et une bande dessinée, Je m’appelle Ali, signée Manu Scordia.
«Cet artiste voulait faire quelque chose pour mon frère, nous raconte Farida, la sœur d’Ali Aarrass. Nous nous sommes arrangés un jour pour qu’il puisse lui parler au téléphone depuis sa prison ; Ali a pu lui raconter les étapes de sa vie, en Belgique ou ailleurs, qu’il a reprises dans le livre.»
Résultat: une BD aux dessins sobres et sombres, qui conte l’histoire d’Ali Aarrass aux petits comme aux grands (ces derniers pouvant en outre lire les détails politiques et juridiques expliqués dans des encadrés). Trois acteurs y parlent à la première personne: Ali, Farida et Houria Aarrass (la femme d’Ali)
L’autre livre évoque la prison, façon Maroc. Un tableau sombre, lui aussi. Une compilation des lettres de prison et aussi le journal tenu par Farida.
La publication de ces deux livres (2) a été rendue possible grâce à une action de «crowdfunding» (appel de fonds au public). «Nous avons rapidement réuni près de 4.000 euros, se souvient Farida Aarrass. Ce qui nous a permis d’imprimer cinq cents exemplaires de chacun des deux livres. Ils connaissent un beau succès, surtout la BD.»
Les dernières nouvelles d’Ali Aarrass datent du 5 octobre. Le prisonnier a perdu beaucoup de poids ces derniers temps, environ 11 kg, en raison des restrictions de nourriture infligées en guise de punition pour sa dénonciation des mauvais traitements qui sont le lot des prisonniers à Salé 2. Il vit seul dans une cellule et l’on interdit, par des menaces, aux autres prisonniers de lui parler lors des promenades.
Pour ses proches, le combat continue.

Baudouin Loos

(1) Pour les détails, voir le site www.freeali.eu/
(2) Pour se procurer les livres, s’adresser à l’ASBL ESG, tél. 0486.703.215

Bruxelles 24 septembre : un large front démocratique pour la libération d’Ali Aarrass

dans ACTIONS/ARTS/AVOCATS/DANS LA PRESSE/Lettres/Letters/Brieven/ORGANISATIONS POUR LES DROITS DE L'HOMME / FOR HUMAN RIGHTS/TORTURE par

livres-2409-panel-iiLe 24 septembre 2016, à la salle de conférence de Bruxelles Laïque, décorée à l’occasion avec des dessins de Manu Scordia, des dizaines de personnes ont participé au lancement festif des deux livres : « Lettres de prison d’Ali Aarrass & Journal d’une grève de la faim de Farida Aarrass » et la bande dessinée de Manu Scordia « Je m’appelle Ali Aarrass« . La présentation fût clôturée par une séance de dédicaces des auteurs et un buffet partagé.

livres-2409-publicLors de cette activité, présentée par Khadija Senhadji et Insaf Takkal, les différents intervenants : Youssef Chihab de l’AFD Alliance for Freedom and Dignity international; Alexis Deswaef de la Ligue des droits de l’homme; Nicolas Cohen du bureau d’avocats Juscogens; Vincent Cornil du Mrax le Mouvement contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie; David Jamar, sociologue et professeur à l’université de Mons; Farida Aarrass, auteure du livre; Manu Scordia, auteur de la BD; Manza, poète/slam et Souad Fila, écrivaine, ont dénoncé à travers des discours, des poèmes et la lecture des lettres d’Ali, l’injustice criante dont est victime Ali Aarrass.

livres-2409-vincent-et-youssef-iiParmi les personnes présentes lors de cet événement : Pierre Piccinin de la Prata, rédacteur en chef du Courrier du Maghreb et de l’Orient;  la criminologue Juliette Beghin; Youssef Handichi, parlementaire bruxellois du PTB;  des élus locaux d’Ecolo; Julie Jaroszewski et le Choeur d’Ali Aarrass, un représentant de Togo en lutte, le Comité Free Ali et d’autres ami(e)s de la cause d’Ali Aarrass.

livres-2409-public-iiiLes intervenants ont rappelé le caractère universel du combat pour Ali Aarrass, qui est en détention préventive depuis 8,5 ans, toujours en attente d’une réponse à sa demande d’un procès en cassation et d’une visite du consulat belge. Ils ont souligné que différents organismes onusiens et européens demandent sa libération immédiate.

livres-2409-manuDans le climat politique actuel où certains veulent que ce ne soient plus les autorités qui doivent se justifier pour leurs violations des droits de l’homme, mais bien les organisations des droits de l’homme pour leur simple demande de respect des conventions et des déclarations, le panel d’intervenants a insisté sur la nécessité de continuer le combat pour défendre Ali Aarrass, qui est devenu un symbole de la lutte antiraciste, contre la torture et contre les dérives de la lutte antiterroriste.

Merci de contribuer à la diffusion des deux livres en invitant les auteurs pour une rencontre et une présentation. Chez vous à la maison, dans votre association, syndicat, école ou université.

Merci de prendre contact avec Farida Aarrass (fa789456@hotmail.com) et Manu Scordia (manuscordia@gmail.com).

livres-2409-farida-et-khadijaParu dans la presse :

http://www.yabiladi.com/articles/details/47275/bruxelles-livre-detenu-marocain-aarass.html

http://www.dhnet.be/dernieres-depeches/belga/affaire-ali-aarrass-publication-de-deux-livres-sur-le-belgo-marocain-ali-aarrass-detenu-au-maroc-57e6c495cd70f74e720be7bf

http://www.rtl.be/info/monde/international/affaire-ali-aarrass-publication-de-deux-livres-sur-le-belgo-marocain-ali-aarrass-detenu-au-maroc-853734.aspx 

http://www.lavenir.net/cnt/dmf20160924_00885653

http://www.lalibre.be/dernieres-depeches/belga/affaire-ali-aarrass-publication-de-deux-livres-sur-le-belgo-marocain-ali-aarrass-detenu-au-maroc-57e6c495cd70f74e720be7bf

 

 

 

Anthologie pour la liberté d’expression : « l’affaire Ali Aarrass » par Omer Vandar

dans DANS LA PRESSE par

Anthologie pour la liberté d'expressionJ’espère que vous avez apprécié notre anthologie pour la liberté d’expression et la nouvelle que j’ai écrite malgré son style humoristique et quelque peu décalé, ce récit n’a rien de fictif.

Au 1er avril 2016, Ali Aarrass aura passé neuf années en prison en dehors de toute légalité: le juge Espagnol a prononcé un non lieu et réclamé sa libération, le CEDH s’est opposé à son extradition vers le Maroc qui a eu lieu malgré tout et un observateur de l’ONU a certifié qu’il a bel et bien été torturé. Sa condamnation se base exclusivement sur des aveux obtenus sous la torture *après* le non lieu prononcé en Espagne. Comme si tout ce procès n’était dès le départ qu’un vaste et sinistre farce.

La liberté de penser, de s’exprimer, de se déplacer, de communiquer en privé sans que nos propos ne soient transmis à un monarque ayant le pouvoir de nous faire condamner au moindre prétexte nous semblent tellement évidents aujourd’hui qu’on a presque oublié qu’il y a peu de temps encore, des hommes pouvaient être arrêtés et déportés pour le simple crime de déplaire au « prince » ou pire encore, d’appartenir à un peuple honni.

C’est ainsi qu’en 1894, le Capitaine Alfred Dreyfus fut accusé d’un crime par la justice de son pays pour la simple raison de son appartenance au peuple Juif, tout comme Ali Aarrass l’est aujourd’hui parce certains au sein du gouvernement belge ont décidé que les «binationaux belgo marocains» devaient perdre leurs droits les plus élémentaires. La condamnation de Dreyfus fut un crime due au racisme ordinaire, celle d’Ali Aarrass s’inscrit dans le cadre beaucoup plus inquiétant d’un racisme d’état qui ne recule devant aucune bassesse pour arriver à ses fins: nier ou minimiser les tortures dont il a été victime, lui refuser les droits conférés par sa nationalité et laisser encore planer un doute sur sa totale innocence qui a été constatée par le juge Garzon, un magistrat qui n’a justement pas la réputation d’être tendre ou négligent envers les criminels.

L’affaire Dreyfus a finalement été résolue, non grâce à l’intervention de la justice ou par une miraculeuse prise de conscience par les élites, aveuglées par l’antisémitisme «bien pensant» qui était la norme, mais par l’acharnement de quelques personnes courageuses qui ont usé et abusé de leur liberté d’expression, cette liberté même qui est aujourd’hui menacé, tant en France par des projets de «blocages de site internet» (avec redirection des visiteurs vers une page du ministère de l’intérieur ou leur adresse IP sera pieusement conservée) qu’en Belgique ou ceux qui osent critiquer certains ministres belges sur facebook sont ausitôt convoqués par la police en dehors de tout contrôle judiciaire.
Emile Zola a lui aussi eu des ennuis, lorsque sa voix s’est élevée pour dénoncer les crimes dont Dreyfus était victime, et non coupable, mais même à cette époque ou n’existaient ni l’ONU, ni le Conseil Européen des droits de l’homme n’étaient là pour tempérer les injustices, le gouvernement n’a osé faire taire Emile Zola sans passer par une justice qui n’était pas totalement sous leur contrôle. Or les lois qui sont votées actuellement vont toutes dans le même sens pour permettre aux chefs d’état, tant en France qu’en Belgique, de se passer du juge d’instruction pour faire taire les voix discordantes.

Si la liberté d’expression doit être préservée, ce n’est pas pour conserver le droit inaliénable des guignols de l’info à se moquer de Nicolas Sarkozy, de Charlie Hebdo à publier des caricatures islamophobes plus ou moins obscènes ou des internautes belges de dire « prout à Charles Michel » sur leur page facebook. Elle doit être préservée, à n’importe quel prix, parce que dans une société dont les dirigeants n’ont plus de contre-pouvoir, elle est l’unique recours pour ceux qui estiment que leur gouvernement n’a pas le droit de les traiter comme des serfs, susceptibles d’être privés de leurs droits les plus élémentaires et torturés pour le bon plaisir du « prince », Car Ali Aarrass a bel et bien été torturé, et il l’a été grâce à la complicité active du gouvernement belge, et ce seul fait constitue un crime contre l’humanité, même si Ali était coupable… Or il a été prouvé qu’il ne l’ést pas.

En France comme en Belgique, la lutte pour la liberté d’expression n’a rien d’un luxe de « bobo nanti ». C’est pour tous ceux qui sont visés par les « lois raciales » qui repointent le bout de leur nez d’une manière de moinsen moins discrète une simple question de vie ou de mort.

Merci d’avoir soutenu notre Anthologie.

Merci de continuer à lutter, pour la liberté d’expression, et pour toutes les luttes qui ont besoin d’elle.

OMER VANDAR

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Ali Aarrass et l’intensification de la coopération policière entre la Belgique et le Maroc

dans AU PARLEMENT/DANS LA PRESSE par

« … Le texte a été approuvé à l’unanimité moins l’abstention d’Ecolo. Pour justifier son inquiétude, Ecolo a avancé le cas d’Ali Aarass, un Belgo-Marocain emprisonné au Maroc pour des faits de terrorisme. L’homme dénonce ses conditions de détention et clame son innocence. Ses aveux auraient été obtenus sous la torture …  »

Source : LEVIF  24 février 2016

jambon francken michel benikraneLa Belgique et le Maroc ont franchi deux étapes supplémentaires dans leur coopération policière. La Commission des Relations extérieures de la Chambre a approuvé mercredi le projet d’assentiment à une convention relative à la lutte contre le terrorisme et la criminalité organisée. Plusieurs médias flamands ont également fait état de la conclusion d’un protocole d’accord d’échange d’empreintes digitales de personnes en séjour illégal.
Conclue en 1999, la convention n’a été finalisée qu’en février 2014. Un problème de garantie relative à la protection des données personnelles dans le chef du Maroc a longtemps empêché la signature et la ratification. Il est aujourd’hui résolu, aux yeux de la Belgique, par la ratification marocaine de certains textes internationaux.
« Le Maroc est un important pays d’origine et de transit pour le trafic de drogues et le trafic et la traite d’êtres humains. En outre, nous constatons qu’une majeure partie des personnes qui sont soupçonnées en Belgique d’activités terroristes ont un lien avec le Maroc. Il est donc crucial de construire de bonnes relations avec les services de maintien de l’ordre marocains et de pouvoir échanger rapidement des informations dans le cadre des enquêtes transfrontalières », indique l’exposé des motifs.
Outre le terrorisme et le trafic de drogue et d’êtres humains, d’autres infractions sont visées comme la falsification de moyens de paiement, le vol et le trafic de voitures.
Les deux pays échangeront des informations et des bonnes pratiques et se prêteront une assistance logistique et technique. Ils coopéreront également dans le cas des demandes d’entraide judiciaire. La convention consacrera par ailleurs le détachement d’officiers de liaison. Un policier belge se trouve à Rabat depuis 2007.
Le texte a été approuvé à l’unanimité moins l’abstention d’Ecolo. Les Verts ont exprimé leurs interrogations à propos de la définition de terrorisme, rejoints en cela par le cdH. La Belgique et le Maroc n’entendent pas ce phénomène de la même manière. « Certains Etats utilisent l’accusation de terrorisme pour museler les opposants politiques », a fait remarquer Benoît Hellings (Ecolo).
Pour justifier son inquiétude, Ecolo a avancé le cas d’Ali Aarass, un Belgo-Marocain emprisonné au Maroc pour des faits de terrorisme. L’homme dénonce ses conditions de détention et clame son innocence. Ses aveux auraient été obtenus sous la torture.
« Il y a des cas où la Belgique peut décider de ne pas transmettre des informations parce qu’on ne serait pas dans un environnement qui permet de sauvegarder les droits de l’homme ou si l’on sort du cadre de définitions acceptables pour la Belgique », a expliqué le ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders.
Le chef de la diplomatie a également rappelé l’assistance consulaire que la Belgique fournit à M. Aarrass à la suite d’une décision judiciaire. Ces efforts ont conduit à plusieurs visites de la commission marocaine des droits de l’homme au prisonnier.
Lundi et mardi, le premier ministre ainsi que le ministre de l’Intérieur et le secrétaire d’Etat à l’Asile se rendront à Rabat. A cette occasion, ils devraient signer un protocole d’accord relatif à l’échange d’empreintes digitales, négocié depuis plusieurs mois. La Belgique veut de la sorte identifier avec plus de précision les personnes qui n’ont pas de papiers et organiser plus facilement leur retour vers leur pays d’origine, selon l’hebdomadaire « Knack ».

Ali Aarrass and the human rights violations in Morocco : City of roses, city of torture (by Susanne Kaiser, Qantara.de, 2016)

dans DANS LA PRESSE par

qantara Source

The case of the Belgian-Moroccan national Ali Aarrass shines a spotlight on persistent human rights violations and the existence of torture prisons in Morocco. While the monarchy remains silent, the public deliberately looks the other way.

By Susanne Kaiser

« The main thing was there was no light, not even the tiniest ray of light, » recalls Aziz Binebine, who was forced to live for 18 years in total darkness in a tiny cell measuring no more than three metres. Heat, cold, rotting food, scorpions, the slowly advancing deformation of the body – utterly defenceless against these adversities, he nevertheless survived.

The Moroccan writer Tahar Ben Jelloun took up his story in the novel ″This Blinding Absence of Light″ published in 2001, which bore belated witness to what had been going on in Morocco’s subterranean torture chambers for twenty years. Binebine was one of six gravely ill survivors to be liberated from Tazmamart′ notorious Block B in the year 1991. The then monarch, King Hassan II, was forced to admit to the existence of secret jails such as Tazmamart – the worst prison in Morocco’s central eastern region – in the face of international pressure.

The 23 remaining detainees, imprisoned there along with Binebine in the early 1970s, would never again see the light of day. They had been simple low-ranking members of the army, officers and sergeants locked up in an act of revenge by the King after the failure of two coup attempts against his royal despotism.

« Years of lead »

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Quartier sur table – webradio d’habitants de Molenbeek : il était une fois Ali Aarrass

dans DANS LA PRESSE par

liège 15Qui ne connaît pas encore l’histoire d’Ali Aarrass? Et qui s’en soucie encore? Son histoire tragique est un symbole.

Ces temps-ci il prend une ampleur détonnante; révélant plus vivement encore des questions sensibles:
-La double face de l’anti-terrorisme à l’échelle belge, européenne et mondiale.
-Le racisme institutionnalisé, d’autant plus féroce qu’il est occulté par la cacophonie autour du vivre ensemble, de la mixité, et, en dernier recours, de la sécurité.
La résignation organisée : un voisin mourant sous la torture dans un autre pays et appelant à l’aide, 100.000 personnes dans la rue contre l’austérité, une déclaration de guerre du pays où l’on vit, ne suscitent visiblement pas plus de réactions conséquentes, qu’un bulletin météo ou un fait divers.

Aujourd’hui, ce belge est toujours enfermé dans des conditions terribles dans la prison de Salé II au Maroc.

Arriver à créer le rapport de force suffisant, ici en Belgique, pour forcer la libération d’Ali Aarrass, c’est faire cesser une situation insoutenable, sauver la vie d’un homme, et se doter d’un précédent inestimable dans les temps à venir.

Comment faire?
RDV demain mardi 15 décembre à 18h30 devant l’hôtel Radisson, rue du Fossé-aux-Loups 47, BXL. Nous partagerons le repas du prisonnier.

Radio Rive west : écoutez ICI

 

17 novembre : une soirée réussie d’Amnesty international à l’ULB et le Comité Ali Aarrass interviewé à la Radio Campus

dans ACTIONS/DANS LA PRESSE/ORGANISATIONS POUR LES DROITS DE L'HOMME / FOR HUMAN RIGHTS par

Près de 100 personnes ont participé à la soirée d’Amnesty international à l’ULB (Bruxelles) avec Zoé Spriet (Amnesty international), Farida Aarrass, Zoé Genot (Ecolo) et Jamal Ikazban (PS).

Amnesty international Bruxelles 17 novembre

 

Midi Express: Interview sur Ali Aarrass (2)

Le podcast de l’interview de Khadija Senhadji sur l’affaire Ali Aarrass (à partir de la 16eme minute). Il y est question d’Ali Aarrass, de binationalité, de lutte contre le terrorisme et même de Molenbeek…

Lien vers le podcast de l’interview à Radio Campus : cliquez ICI

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