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DANS LA PRESSE - page 3

Extraits de la conférence de presse du 10 novembre à la Place poelaert, par Khadija Senhadji

dans COMMUNIQUES DE PRESSE/DANS LA PRESSE par

conf de presse 10 nov 2

Alexis Deswaef conf de presseAlexis Deswaef (Président de la Ligue des droits de l’homme):
« Ali Aarrass illustre les dérives et manquements dans la lutte anti-terroriste. »
« C’est un très mauvais message que la classe politique envoie aux nouveaux Belges en leur disant d’un côté « intégrez-vous » et en refusant d’un autre côté d’intervenir en cas de problème dans le pays d’origine ».
« Utiliser la binationalite comme prétexte pour ne pas intervenir est contraire au droit international (la Convention de Vienne n’opère pas cette distinction et rend obligatoire l’assistance consulaire quand l’intégrité physique est menacée). »
« C’est au nom de la realpolitik que la Belgique ne veut pas intervenir, les parquets de Bruxelles et de Rabat travaillant en étroite collaboration dans la lutte anti-terroriste. »

DouniaDounia Alamat (Avocate d’Ali Aarrass):
« La cour internationale de justice met en avant la notion de nationalité prépondérante. Dans ce cadre, évoquer la binationalite ne tient pas la route. »

Zoé

Zoé Genot (députée Ecolo):
« L’escalade dans les arguments utilisés par les autorités politiques et notamment par Didier Reynders, montre que la mobilisation marche. Il est donc très important de maintenir la pression et de poursuivre cette mobilisation. »
« Plusieurs députés fédéraux prévoient d’interpeller Reynders prochainement. Le nouveau combat étant de faire reconnaître la notion de nationalité prédominante. »

Youssef
Youssef Handichi (député PTB):
« Ali Aarrass est devenu l’emblème de toute une génération directement concernée par la question de la binationalite (cf. débat sur la déchéance de la nationalité ). La mobilisation doit devenir de plus en plus importante pour rendre sa dignité à Ali Aarrass mais également à toutes les autres familles touchées par les discriminations induites par le statut de binational. »

jamal Ikazban

Jamal Ikazban (député PS):
« Il y a clairement non assistance à personne en danger vis à vis d’Ali Aarrass de la part de la Belgique. »
« Reynders a ouvert une brèche dans son argumentaire; il faut s’y engouffrer pour lutter contre l’idée d’une citoyenneté de seconde zone. Si son traitement de l’affaire Ali Aarrass sous-entend que tous les citoyens belges n’ont pas les mêmes droits, qu’en est-il de leurs devoirs? »

Pour le Comité Free Ali et sa cellule média : Julie Jaroszewski (www.freeali.eu) 0497855460

Dans la presse :

Affaire Ali Aarrass: l’occupation continuera jusqu’au 14 décembre 

Roterende hongerstaking voor Ali Aarrass

Speak up for Ali Aarrass – torture survivor on hungerstrike

Que faire pour Ali Aarrass ?, par Ikram Benaissa, écrivaine

dans DANS LA PRESSE par
Ikram Benaissa
Ikram Benaissa

SOURCE

En observant derrière mon écran ce qui arrive à cet homme depuis plusieurs années, je réfléchis, égoïstement peut-être, à ma propre situation. En effet, nous sommes nombreux à être belges mais d’origines étrangères. Nous sommes nés ici, nous avons étudié et grandis en Belgique, nos plus grandes relations sont sur ce territoire et pour beaucoup d’entre nous, notre avenir est ici. Enfin, c’est ce que je pensais. Je ne suis plus certaine de quoique ce soit actuellement. Suis-je réellement belge ? Est-ce que ce gouvernement se soucie de ma personne ? Bruxelloise, oui, je m’y reconnais complètement. Parmi ces 75% de belges d’origines étrangères sur Bruxelles, c’est clair, nous sommes majoritaires. Mais pourquoi l’affaire d’Ali Arraas me fait comprendre qu’il y aura toujours ce risque, qu’aux yeux de ces dirigeants, je ne sois pas une des leurs?

Puis, je regarde de l’autre coté de la méditerranée, direction, le Maroc. Oui, comme Ali, mes racines viennent de là. Pourtant, ce pays-là, je ne le connais pas. Je n’y ai jamais mis les pieds, j’ignore l’odeur de ces lieux, la chaleur des cieux, mais ce que je n’ignore pas, c’est que là-bas, les droits de l’Homme, ce n’est pas encore cela. Il suffit d’observer les différents dossiers à propos des traitements inhumains qui s’y réalisent et notamment en prison. La torture en fait. Des souffrances terribles sont réalisées dans ce pays, qui est censé être le pays de mes origines. Les images à ce sujet sont consternantes, et je ne peux cesser de froncer les sourcils.

Alors Ali, qui sommes-nous ? Si comme toi, un jour, il m’arrivait d’être emprisonnée pour je ne sais quelle raison, qui prendra ma défense ? Le gouvernement belge ? Le gouvernement marocain ? Je vois comment ils t’ont ignoré d’un coté, et la manière dont ils te traitent à Salé… Non, ils ne se soucient guère de toi, et cela aurait pu être moi à ta place. Pourtant, certains citoyens ne sont pas indifférents, plusieurs ont été informés de ta situation au Ministre des Affaires Etrangères. Oui, ils connaissent ta situation depuis plusieurs années maintenant, mais cela ne semble pas être leur priorité, toi l’enfant qui a trop de nationalités, tes pères ton renier.

Toujours derrière cet écran, j’observe ta dernière vidéo, dans cette pièce, où je n’aurais pas pu supporter une seconde d’y être. Je t’observe et mon cœur s’arrête, j’ignore comment tu fais pour continuer d’être. Les droits de l’Homme, j’y crois, ce gouvernement belge soutien également ces droits, et pourtant, ils préfèrent laisser ton sort à ton pays d’origine, à notre pays d’origine. Un pays que nous ne connaissons pas forcément, où l’absence de traitements humains est complètement avérée, et avec lesquels nous n’avons plus aucun lien.

Ali, j’écris tu vois, parce que tu aurais pu aussi être mon père ou mon frère ou encore un ami, et que clairement, pour t’aider, je ne sais pas ce que j’aurais pu faire. Je me souviens alors qu’il y a quelques temps, certains de tes proches, après plusieurs lettres envoyées à Didier Reynders, sont partis le rencontrer lors d’une conférence. Ils sont partis lui parler de toi, de ton cas Ali. Pour ceux qui étaient assis, certains devaient se dire: « Mais qui sont ces personnes qui perturbent une rencontre? », mais moi dans ce métro où je regardais la vidéo, à nouveau devant un écran, toujours devant un écran, je voyais leur détresse, l’absence de moyens, un appel à l’aide. Tu vois, ils essayent, mais rien n’est fait. Ils ne savent plus quoi faire, alors ils essayent de se faire entendre. C’est normale non ?

free_aliAmnesty International a écris à plusieurs reprises à ton sujet, et dans ma classe, il m’est arrivé de parler de toi. Mais que faire d’autres ? Tu fais depuis plus de 60 jours, grève de la faim, et oui, pour ceux qui te suivent, nous savons que ce n’est pas la première fois que tu fais cela. Oui, nous le savons par le biais de Farida, car tu as une sœur qui malgré tout ne s’arrêtera pas jusqu’à la fin. Que faire ? Lorsque je vois à quel point les hommes de pouvoirs ne font rien, alors qu’ils en ont les moyens, et quand j’observe ceux qui n’ont aucune influence, la manière dont ils font entendre parler de ta cause, je me dis que la volonté humaine est la richesse des humains. Les droits de l’Hommes et beaucoup de citoyens sont avec toi, et comme tu peux le constater, nous sommes de différentes origines, mais belges. L’injustice n’a pas d’origines, ni d’identités, seuls ceux qui ont compris cela, seront avec toi. Et visiblement, pour le gouvernement belge, ce n’est pas encore le cas.

#FreeAliAarrass

BEN AISSA Ikram

Ecrivaine

Pour Ali Aarrass : Zoé Genot à la rtf.be (4 nov) et Karine Lalieux à la Chambre (3 nov)

dans AU PARLEMENT/DANS LA PRESSE par

Zoé Genotrtbf.be : « Zoé Genot: « Reynders trouve toutes sortes d’excuses pour ne pas aider Ali Aarrass »

« Sa santé s’est vraiment dégradée, il n’a plus rien avalé depuis le 25 août. » Engagée dans la défense des droits d’Ali Aarrass, la députée bruxelloise Zoé Genot (Ecolo) tire la sonnette d’alarme.

Ce ressortissant belgo-marocain est détenu au Maroc depuis sa condamnation à 12 ans de prison en 2012. Ses avocats, dont les arguments ont été suivis par plusieurs associations (la Ligue des Droits de l’Homme, MRAX, Amnesty), dénoncent des aveux extorqués sous la torture au Maroc; aveux qui ont mené à sa condamnation pour complicité d’actes terroristes. Des images interpellantes de son état en prison ont récemment été publiées par ces associations, et des mobilisations pour le soutenir se font jour… LIRE LA SUITE, CLIQUEZ ICI

Karine Lalieux

La Chambre des Représentants Bruxelles, Question orale de Madame Karine Lalieux, Députée fédérale, à Monsieur Didier Reynders, Ministre des Affaires étrangères, relative à l’extradition de Belges vers des pays où le respect des droits de l’Homme n’est pas toujours garanti (le 3 novembre 2015 Groupe PS) 

Monsieur le Ministre, En mars 2011 ma collègue Ozlem Ozen interrogeait votre prédécesseur sur la question des extraditions de Belges vers des pays où le respect des droits de l’Homme n’est pas toujours garanti. Cette question reste aujourd’hui pleinement d’actualité compte tenu des dernières informations qui nous ont été transmises par Amnesty international sur les conditions de détention du Belgo-marocain extradé vers le Maroc par les autorités espagnoles, Ali Aarrass. J’aimerais dès lors, Monsieur le Ministre, vous poser les questions suivantes : – Quelles suites ont été données par notre pays à ces « révélations » sur les conditions de détentions d’Ali Aarrass ? – Plus globalement, quel est exactement le devoir de la Belgique afin de garantir à ses ressortissants condamnés ou extradés dans un autre pays qu’ils y seront détenus dans les mêmes conditions que sur notre sol ? Quelle est votre position à ce sujet ? Je vous remercie pour vos réponses.

 

« Ali Aarrass, l’agonie d’un pas assez Belge », par Anne Löwenthal

dans DANS LA PRESSE par

SOURCE

2 novembre, 2015
Chaque fois que je pense à Ali Aarrass, je vois ces yeux.farida yeux

Ce sont ceux de sa soeur, Farida. Des yeux magnifiques, immenses, qui vous transpercent. Ceux d’une femme, d’une mère, d’une fille, d’une soeur que j’ai croisée sans même savoir qu’elle était celle de cet Ali dont je connaissais vaguement l’existence dans une prison quelque part au Maroc.

J’ai connu Farida parce que j’ai eu besoin d’elle. Pour des sans-abris. Et qu’elle avait créé l’asbl ESG (Engagés, Solidaires et Généreux) qui lutte au quotidien pour une société sans discrimination et sans laissés-pour-compte en organisant notamment des distributions de repas aux plus démunis, « qu’ils soient de « souche » ou pas, qu’ils soient barbus, voilés ou pas, noirs ou blancs, qu’ils aient les papiers ou pas ».

J’ai connu Farida et elle m’a raconté son frère. Un gars de 10 ans de plus que moi, né en Espagne de parents marocains et donc marocain de naissance et pour la vie, puisque cette nationalité, on ne peut pas la perdre ni y renoncer. D’Espagne, Ali et une partie de sa famille sont venus vivre en Belgique, où il a accédé à la nationalité belge. En 1993, il a fait son service militaire en Belgique. Il s’est marié en Belgique, il a travaillé en Belgique et s’est occupé de sa mère. Il n’a jamais eu de problème avec la justice belge. Il n’est retourné vivre en Espagne qu’en 2005, pour rejoindre son père, qui prend de l’âge. Il a une fille.

Le 3 novembre 2006, soupçonné par l’Espagne de trafic d’armes pour des groupes terroristes, il est arrêté puis libéré faute de preuve. Le 1e avril 2008, il est arrêté à nouveau, cette fois à la demande des autorités marocaines, qui disent avoir de nouvelles accusations de terrorisme à son égard. Il est maintenu en isolement pendant 3 ans et est extradé vers le Maroc, malgré de sérieux risques de torture. Il nie avoir commis les faits dont on l’accuse et il est torturé pendant 12 jours dans un centre secret, où il finit par avouer pour que ça cesse. Envoyé ensuite en prison, il y porte, selon les témoignages de ses codétenus, des traces des sévices subis.

Malgré ses plaintes, aucune enquête n’est menée sur les accusations qu’on lui porte ni sur les sévices endurés. Son corps n’est examiné par les autorités marocaines qu’un an après les tortures subies. Ses plaintes sont rejetées et ses aveux, obtenus sous la torture, sont retenus contre lui par le Tribunal. Il est condamné à 12 ans de prison pour usage illégal d’armes à feu et participation à un groupe projetant de commettre des actes terroristes. En prison, il est victime de multiples maltraitances, parmi lesquelles être forcé de rester nu et empêché de dormir la nuit.

La mobilisation, menée par sa soeur Farida, est énorme : de nombreux citoyens, Amnesty, des parlementaires belges et européens, le MRAX, la Ligue des Droits de l’Homme et même le comité des Droits de l’Homme des Nations Unies ont réclamé et réclament encore justice.

La Belgique, quant à elle, refuse une assistance consulaire à Ali Aarrass au prétexte de sa binationalité. Le Ministère des Affaires étrangères affirme veiller à ce qu’il soit bien soigné en prison et c’est tout.

Ali Aarrass a entamé il y a 70 jours une grève de la faim. Ce n’est pas la première, mais ça sera probablement la dernière. Car très rares sont ceux qui survivent à plus de 70 jours de grève de la faim. Et le corps d’Ali Aarrass porte déjà les séquelles des tortures endurées.

Ajourd’hui, Farida est allée voir son frère en prison. Elle est sortie ravagée par le chagrin. Ce même jour, Didier Reynders a souhaité une belle semaine à ses amis Facebook…

Dernières images d’Ali Aarrass, il y a un mois.

Au-delà de ce dossier et de la lâcheté impardonnable de notre gouvernement, c’est bien entendu toute la question de la binationalité qui est posée : est-on réellement tous égaux devant la justice belge? Mérite-t-on l’indifférence de nos autorités parce qu’on a une double nationalité? Alors même qu’il est impossible d’y renoncer? Y a-t-il une seule bonne raison d’infliger des tortures à un être humain? A-t-on le droit de rester passif face à la mort d’un être humain pour ne pas créer d’incident diplomatique? Que vont penser tous ces belgo-marocains de leur valeur aux yeux de nos autorités?

contact.reynders@diplobel.fed.be

Farida Aarrass: « Je crains pour la vie de mon frère», un article de Baudouin Loos 2 novembre

dans DANS LA PRESSE par

Farida Aarrass: « Je crains pour la vie de mon frère»

Baudouin Loos

La sœur d’Ali Aarrass, le Belgo-Marocain condamné à douze ans au Maroc après des aveux extorqués sous la torture, a pu voir son frère en prison ce lundi matin.

Farida Aarrass est encore sous le choc. A peine rentrée de la prison de Salé 2, à côté de Rabat, où elle a vu son frère Ali, en grève de la faim depuis le 25 août dernier, elle ne peut retenir ses larmes au téléphone. « C’est horrible. Ma fille et moi avions l’impression d’avoir un cadavre devant nous, il est squelettique. Si ma mère le voyait, elle ne tiendrait pas le coup. Pourtant, il semble rester maître de lui-même et se montre toujours aussi déterminé. Pas question pour lui d’arrêter sa grève, malgré mes demandes répétées. Je retournerai à la prison ces prochains jours pour avoir gain de cause. Il ne doit pas mourir ! »

Ali Aarrass, pour rappel, est ce Belgo-Marocain de 53 ans – qui n’avait jamais habité au Maroc – condamné à douze ans de prison en 2012 pour terrorisme après avoir été extradé d’Espagne en 2010 puis torturé au Maroc. Il clame son innocence et se plaint de divers mauvais traitements en prison. Un comité de soutien a été créé en Belgique et ce week-end, trois députés, Zoé Genot (Ecolo), Jamal Ikazban (PS) et Youssef Handichi (PTB), ont observé une grève de la faim de 24 heures en solidarité. Plusieurs médias belges qui avaient peu ou pas traité le sujet ont, grâce à eux, décidé d’écrire des articles ou de diffuser des reportages.

« Je dois tenir bon »

« Même s’il a perdu son sourire, il a essayé de me rassurer, raconte encore sa sœur depuis Rabat, reprenant son souffle. Il m’a dit : “Je dois être impressionnant à voir mais je vais bien, j’ai toute ma tête et je dois tenir bon. Si le Maroc est l’Etat de droit qu’il prétend être il doit me rendre la liberté puisque je n’ai commis aucun crime, ni envers le Maroc ni envers ma patrie la Belgique, où j’ai longtemps vécu et fait mon service militaire”. D’autres binationaux bénéficient d’un meilleur traitement », remarque aussi Farida, qui se bat depuis des années pour que la Belgique lui accorde une assistance consulaire (ce que les tribunaux bruxellois ont d’ailleurs confirmé par des décisions en 2014, mais la Belgique a porté l’affaire devant la Cour de cassation, qui n’a pas encore entendu les parties).

Ali Aarrass a été récemment transféré pendant trois jours à l’hôpital Avicenne, à Rabat. « Ali, conclut Farida, a trouvé tout le personnel de l’hôpital très aimable, certains même formidables, il tient à les remercier, comme il le fait pour tous ceux qui se battent pour lui en Belgique. Mais j’ai peur pour lui, je crains pour sa vie. Pourtant, il insiste. Son combat est pour la justice et pour la dignité. »

NB La famille et les amis d’Ali Aarrass consignent depuis des années les informations sur un site qui lui est décidé : www.freeali.eu/

SOURCE

Vidéos : la campagne pour Ali Aarrass dans les médias (RTBF, ZinTV, Egalitv, Télébruxelles, La DH..)

dans DANS LA PRESSE par

grève de la faim le camp

 

 

La vidéo choc d’Ali Aarrass sur YouTube

DH : EXCLU: les images d’un Belgo-Marocain torturé en prison au Maroc ! (VIDÉO)

RTBF : Le comité de soutien à Ali Aarrass interpelle Reynders en pleine conférence

RTBF : Un Belge torturé au Maroc

Télébruxelles : Trois députés en grève de la faim pour Ali Aarrass

Zintv : vidéos de la campagne pour Ali Aarrass

Egalitv Chaine : vidéos de la campagne pour Ali Aarrass 

Au Festival des Libertés (à partir de 4min 35)

RTL info Zoé Genot : l’interview politique 2 novembre

 Bande annonce – « Ali Aarrass, pour l’exemple » de Mohamed Ouachen (2012)

Articles in English : The Brussels Times : Ali Aarrass affair: three Brussels MPs join the hunger strike / Rolling hunger strike launched in Brussels for Ali Aarrass

 Article dhnet 2 novembre 2015 : « Pour l’État belge, il y a des citoyens de seconde zone »

Dans La Libre 30 octobre : « La tragédie Ali Aarrass révèle l’état de nos sociétés », par Mohsin Mouedden, président de l’association « Les Ambassadeurs de la Paix »

dans DANS LA PRESSE/DOUBLE NATIONALITE par
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Si Ali était d’origine Belge, il est certain que notre gouvernement aurait agi d’une manière bien plus volontaire. Pour lui et sa sœur qui a elle aussi entamé une grève de la faim, nous ne pouvons rester silencieux !

Le cas douloureux, voir tragique, du prisonnier belgo-marocain Ali Aarrass, doit nous aider, démocrates, musulmans, Européens et humanistes à faire la lumière sur nos sociétés, ici et là-bas, (ici en Belgique et en Europe, là-bas, au Maroc et dans le reste du monde). Je ne reviendrai pas sur le dossier (1), chacun selon sa conscience et son honnêteté estimera qu’à la lecture des faits, ce dernier est innocent ou coupable. Pour ma part, le prisonnier Ali Aarrass est innocent, victime d’un jugement politique ou d’un acharnement politico-judiciaire d’un autre temps.

La tragédie d’Ali Aarrass révèle beaucoup sur l’état de nos sociétés. Notre démocratie, dit-on exemplaire se compromet et soutien un état pratiquant la torture, notamment sur un ressortissant belge, mais qui a le malheur d’être d’origine marocaine. Me direz-vous, rien de nouveau, des démocraties torturent également via leurs états satellites arabes, les Etats-Unis torturent également à Guantanamo, et alors ? Est-ce une raison pour pratiquer un relativisme édifiant, accepter l’inacceptable et voir nos sociétés, peu à peu plonger dans un état policier sordide ?

La tragédie d’Ali Aarrass révèle également le silence complice de ces intellectuels, médias, politiques qui par amitié au Makhzen (2) (et non au Maroc) préfèrent le silence, pire, la complaisance. Sachons également remercier (là, ou ce ne serait qu’un devoir), ceux qui, dans les médias, politiques et intellectuels belges sont mobilisés.

Racisme d’état

La tragédie d’Ali Aarrass révèle aussi le double traitement, indigne et coupable de ceux qui, aujourd’hui, politiques, mènent notre pays vers les abysses d’un communautarisme ignoble, faisant de la préférence identitaire (nationale) le socle d’une politique qui trouve ses racines dans le sordide XIXe siècle de tous ces idéologues et penseurs qui fabriqueront cette image de l’ennemi de la Nation, le Juif. Aujourd’hui, ce rôle est dévolu à l’arabe, le Maghrébin, le musulman.

Si Ali était d’origine belge, il est certain que notre gouvernement aurait agi d’une manière bien plus volontaire. Ce racisme d’état, puisqu’il s’agit de cela, démontre que les mots de la défunte Anne Marie Lizin ( « Belges entre guillemets » ) sont d’une implacable réalité.

La tragédie d’Ali Aarrass nous dévoile également qu’être né en Belgique ou en Europe, avoir été éduqué à l’européenne, avoir même servi sous les drapeaux ne représente aux yeux de notre gouvernement aucun crédit. Notre gouvernement doit également considérer que la Justice espagnole n’a aucun crédit. Pire, notre gouvernement et en l’occurrence Monsieur Didier Reynders ne bougera pas, même lorsque la Justice de notre pays le condamne et le pousse pourtant à prendre ses responsabilités.

La tragédie d’Ali Aarrass est désespérante à plus d’un titre, toutes les associations considérés comme crédibles (Amnesty International, la Ligue des Droits de l’Homme, l’ONU,…) lorsqu’il s’agit de pointer du doigt des régimes archaïques, non amis de l’Occident, deviennent subitement une gêne pour nos gouvernements. Pire, certains sont même prêts à les boycotter, les censurer, cela seulement pour ne pas froisser un régime archaïque mais, ici, grand ami de la politique atlantiste.

Pas contre le Maroc

Enfin, j’aimerais dire un mot sur les sceptiques, ceux qui sont persuadés ou pensent qu’Ali Aarrass est probablement, peut-être coupable. Ceux-là font dès lors fi de toutes les enquêtes crédibles, méprisent toutes ces associations des Droits de l’Homme, pour préférer une Justice marocaine réputée pour ses méthodes expéditives où la torture n’est qu’un symptôme grossier d’une Justice malade ou, au mieux, sous emprise.

Je voudrais conclure ce texte en rappelant qu’il ne s’agit pas d’être contre le Maroc, vieille rengaine des fidèles du Makhzen qui pratiquent la même stratégie que ceux qui, en Israël, estiment que dès qu’on critique une politique suicidaire on s’attaquerait aux juifs. En soutenant Ali Aarrass, nous soutenons un Maroc fort, dynamique, courageux. Celui qu’on aime de Tanger à Laâyoune.

Il ne s’agit pas non plus, ici, de mépriser le gouvernement belge, mais de lui rappeler qu’il a des devoirs, notamment de protection envers ses citoyens et qu’il se doit de respecter les traités internationaux signés. Si la politique ne se base pas uniquement sur les Droits de l’Homme, que dire lorsque la politique (belge) fait totalement l’impasse sur ces derniers pour leur préférer le confort des riads […] tout en laissant un homme torturé et innocent, agonir.

Je ne voudrais pas non plus faire des parallèles avec d’autres prisonniers, je pense à Nelson Mandela, à Bobby Sand ou au Mahatma Gandhi, voir plus proche de nous, José Bové, Mumia Jamal etc. Le dossier actuel est déjà très lourd contre l’administration marocaine sans qu’il soit nécessaire d’y ajouter des symboles forts. Cependant, à partir du moment où nous estimons Ali innocent sur base de l’enquête espagnole (qui n’est pas l’allié des islamistes, loin de là), nous pouvons considérer quelque part qu’Ali Aarrass à son niveau (il n’avait pas comme objectif de changer politiquement ou culturellement le Maroc) fait lui aussi, partie de cette lignée…

Faudra-t-il attendre sa mort tragique après des années de tortures pour qu’enfin, bien plus tard, le gouvernement belge s’excuse, lui élève une stèle et qu’on reconnaisse son innocence ? Je pense également qu’il faut que chacun, dans son petit confort, se secoue l’esprit, se libère de cette peur paralysante chez beaucoup de Belgo-Marocains qui ne voient dans le Maroc qu’un pays exotique pour des vacances dorées.

Nous devrions interpeller l’Ambassadeur du Maroc partout où il se produit, lui qui aime tant la compagnie des Marocains de Belgique, mais qui refusait hier de recevoir ne fût-ce que pour cinq minutes, une mini-délégation, démontrant là aussi, la gêne d’un homme qui doit probablement lui aussi considérer que son Makhzen dérape grandement…

Nous devrions exercer une pression de chaque instant sur le gouvernement belge via des actions « à la Greenpeace ».

Pour toutes ces raisons invoquées, nous ne pouvons rester silencieux. Si ce n’est pour Ali (qui risque demain de nous quitter) ou sa sœur, qui entamait hier une grève de la faim, faisons-le au moins pour notre dignité et liberté !

(1) Ce Belgo-Marocain a été condamné au Maroc il y a quatre ans pour « appartenance à un groupe ayant l’intention de commettre des attentats terroristes » et se bat pour faire reconnaître son innocence et dénoncer les mauvais traitements dont il est la victime.

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