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LA PRISON AU MAROC

Le Choeur d’Ali Aarrass : dans 20 jours au Théâtre National à Bruxelles ! Réservez votre place!

dans ACTIONS/ARTS/Evénements/LA PRISON AU MAROC par

Les répétitions au Théâtre National ont commencé. Dans 20 jours, Le Chœur d’Ali Aarrass fait entendre sa voix.

Pour réserver c’est ici: >>>>>>> https://www.theatrenational.be/…/458-le-choeur-d-ali-aarrass

 

Candice Vanhecke : nous sommes en route pour Rabat (avec Betty De Graeve et Houria, la femme d’Ali Aarrass) (fr/NL)

dans ACTIONS/LA PRISON AU MAROC par

 » Nous sommes en route pour Rabat avec Houria, l’épouse d’Ali Aarrass, et Bettina De Graeve, secrétaire générale du parti BeOne.

Nous accompagnons Houria qui se rendra demain à la prison de Tiflet, où est emprisonné son mari suite à des aveux obtenus sous la torture.

Par notre présence, Bettina et moi souhaitons témoigner notre solidarité à Ali Aarrass et à sa famille. De nationalité belge et marocaine, Ali a été totalement abandonné par la Belgique qui lui refuse tout soutien.

Ce refus a été condamné par les tribunaux belges. Mais la Belgique a ensuite pris différentes lois qui retirent des droits aux #binationaux, faisant d’eux des citoyens de seconde zone.

#BeOne se bat pour supprimer ces lois et rétablir l’égalité entre tous les citoyens.

Pour soutenir Ali Aarrass et lui permettre de recevoir la visite de ses proches une fois par mois, n’hésitez pas à faire un don sur le site www.freeali.eu. « 

Candice Vanhecke

(NL)

« Sinds gisteren zijn wij, Canidice Vanhecke en ik in gezelschap van Houria, de echtgenote van Ali Aarrass in Rabat aangekomen. Wij vergezellen Houria vandaag naar de gevangenis vzn Tiflet waar haar echtgenoot ten gevolge van met folteringen gedwongen bekentenissen opgesloten zit. Door onze aanwezigheid willen wij onze solidariteit getuigen aan Ali Aarrass en zijn familie. Ondanks zijn belgische en marokkaanse nationaliteit werd Ali door Belgie volledig aan zijn lot overgelaten, hij werd ontzegd van alle hulp wat bovendien door het belgische gerecht veroordeelt werd. De belgische wetgever heeft dan de wet dusdanig gewijzigd dat binationalen niet meer in aanmerking komen voor welke hulp dan ook. Zij worden zo meteen tweederangsburgers! #Be.One komt op voor het herstellen van gelijkheid , gelijke rechten voor allen en het vernietigen van deze discriminerende wetten.
Om Ali te steunen en hem de kans te geven om maandelijks een bezoek te mogen krijgen van zijn familie kan u steeds een gift doen via de website www.freeali.eu »

Bettina De Graeve
Algemeen secretaris Be.One

#Radical Equality #New Politics

Ali Aarrass, martyrisé, porte-drapeau pour l’égalité des binationaux

dans DOUBLE NATIONALITE/FRIENDS OF ALI AARRASS LONDON SUPPORT COMMITTEE/LA PLATAFORMA POR ALI AARRASS/LA PRISON AU MAROC/ORGANISATIONS POUR LES DROITS DE L'HOMME / FOR HUMAN RIGHTS/SANS CATEGORIES/TORTURE par

Par Luk Vervaet,

Pendant les dernières dix années de son calvaire carcéral, de la prison Botafuegos à Algeciras en Espagne jusqu’à la prison de Salé II et de Tiflit II au Maroc, Ali Aarrass est resté un homme digne, un homme debout. Si l’objectif était de le mettre à genoux, de l’effacer, de le faire plier sous la torture, par la violence et l’isolement total, ce fut raté.
Par sa persévérance, ses grèves de la faim, ses témoignages contre la torture, ses actions devant les justices belge, espagnole et marocaine, il a été et est toujours le moteur d’un large mouvement pour l’égalité et la justice.
De 2014 jusqu’à ce jour, Ali Aarrass a attaqué devant les tribunaux le non-respect des conventions internationales sur les droits de l’homme dans son affaire et la discrimination et le racisme d’État contre les citoyens binationaux belgo-marocains. Du fond de sa cellule, il a non seulement défié la Belgique, le Maroc et l’Espagne, mais aussi la peur, la soumission et le fatalisme qui règnent parmi nous, qui nous trouvons en liberté. En écrivant ces lignes, je me dis que, s’il y a une personne en Belgique qui mérite le prix de la défense des droits de l’homme, c’est bien Ali Aarrass.
Le Maroc, l’Espagne et la Belgique ont, à la fois conjointement et à leur manière, bafoué les droits fondamentaux d’Ali Aarrass, faisant de son affaire un des scandales judiciaires et politiques majeurs de cette dernière décennie.
Dans le chef de la Belgique et du Maroc, c’est l’histoire d’une parfaite entente sur le traitement discriminatoire de leurs citoyens binationaux respectifs.
Pendant toutes les années de la détention d’Ali Aarrass, la Belgique n’a à aucun moment envisagé sa protection consulaire ou humanitaire. De son côté, le Maroc n’a à aucun moment envisagé d’autoriser une protection consulaire belge, allant même jusqu’à lui refuser une assistance humanitaire belge. Ajoutons à cela que des avocats belges ne peuvent ni plaider au Maroc, ni rendre visite à leur client de nationalité belgo-marocaine.
Mais commençons par le début, commençons par les positions belges par rapport à l’Espagne, le pays qui a arrêté Ali Aarrass à Mellila le 1er avril 2008, à la demande du Maroc qui sollicitait son extradition.

La première confrontation : le refus belge d’une assistance à Ali Aarrass en Espagne

Dès son incarcération en Espagne en vue de son extradition, Ali Aarrass n’a pas cessé de clamer son innocence. Il entame trois grèves de la faim pour protester contre son incarcération et contre la demande d’extradition.
Dès le début de son incarcération, Ali sollicite une visite consulaire de son pays, la Belgique. Puis, la campagne contre l’extradition d’Ali, lancée en Belgique par le Comité Free Ali, en Espagne par Amnesty international et à Mellila par la Plataforma por Ali Aarrass, demande à la Belgique d’intervenir pour protéger son ressortissant.
Or, pendant les deux ans et demi de sa détention en Espagne, le consul belge en Espagne refuse de lui rendre visite.   À l’interpellation de la députée Zoé Genot, le 29 novembre 2010, qui demande une intervention à Monsieur Vanackere (vice-premier ministre et ministre fédéral des Affaires étrangères et des Réformes institutionnelles de 2009 à 2011) auprès de l’Espagne pour vérifier la situation d’Ali Aarrass dans les prisons espagnoles et pour empêcher son extradition vers le Maroc, celui-ci répond : « Pour ce qui concerne votre question relative à une visite du consul, l’assistance aux Belges détenus à l’étranger ne prévoit pas l’organisation de visites consulaires dans les pays de l’Union européenne. » Un argument qui ne tient pas debout. Quand j’enseignais dans la prison de Saint-Gilles, je me suis adressé à l’ambassade des Pays-Bas à Bruxelles pour leur demander une visite chez des détenus néerlandais, arrêtés et condamnés en Belgique pour trafic de stupéfiants. Il ne me fallait pas argumenter, une visite dans la prison a bien eu lieu, sans que cela soit considéré comme une ingérence ou comme un manque de confiance dans le système judiciaire belge.
Mais pourquoi n’avez-vous pas évoqué le dossier Aarrass avec votre collègue espagnol ? lui demande Zoé Genot. Et le ministre de répondre : « Je n’ai pas évoqué le dossier d’extradition avec mon collègue espagnol car il n’est pas d’usage que la Belgique intervienne dans une procédure d’extradition entre pays tiers même lorsque cette dernière concerne un ressortissant national. De plus, j’ai entière confiance dans les garanties que le système judiciaire espagnol offre au niveau des procédures d’extradition et du respect des droits de l’homme. Il prévoit, en effet, des possibilités d’appel et ce, jusqu’au niveau de la Cour européenne des droits de l’homme en cas de non-respect de la Convention européenne des droits de l’homme. Vu ce qui précède, je n’entreprendrai pas de démarche qui pourrait être interprétée par mon collègue espagnol comme une ingérence dans des affaires internes et surtout comme un manque de confiance dans le système judiciaire espagnol. » Analysons cet argument de plus près. Disons d’abord que « l’entière confiance » du ministre dans le système judiciaire espagnol s’est avérée tout à fait relative. Quand, dix ans plus tard, il s’agit de la Catalogne, il n’est plus du tout question de confiance belge ou même européenne.[1] Et là, la Belgique ne se gêne pas pour intervenir et pour s’ingérer dans les affaires internes de l’Espagne, comme en témoignent les titres des journaux.[2] Une illustration de plus que nos autorités nous servent de grandes déclarations sur le respect et la confiance uniquement quand cela les arrange.
Ensuite, après une enquête minutieuse du juge antiterroriste Garzon, l’Espagne a innocenté Ali de toute implication dans une entreprise terroriste. C’est pour cette raison, que l’Espagne, tout en gardant Ali en prison, hésite pendant deux ans et demi à l’extrader.

Un non-lieu et une extradition qui n’a pas lieu pendant deux ans et demi… cela n’a pas pu échapper aux autorités belges, vu leur « entière confiance dans le système judiciaire espagnol ». L’Espagne va aussi remettre en liberté un Hispano-marocain, accusé des mêmes faits, sous la même demande d’extradition, et innocenté comme Ali. La seule raison pour garder Ali en prison, c’est qu’il est belge et pas espagnol.

Tout cela n’a en rien changé le refus de la Belgique de faire entendre sa voix et d’assurer un minimum de protection à son citoyen innocenté. Vanackere parlait de « la possibilité de s’adresser à la Cour européenne des droits de l’homme en cas de non-respect de la Convention européenne des droits de l’homme ». Ali et ses avocats ont saisi le Comité des Droits de l’Homme des Nations-Unies. Le 26 novembre 2010, ce Comité a demandé officiellement à l’Espagne de ne pas extrader Ali Aarrass vers le Maroc, en raison du risque sérieux et avéré qu’il y subisse de mauvais traitements. Là non plus, la Belgique n’a pas voulu saisir l’opportunité de se joindre à la demande du Comité.
Avec comme résultat que, le 14 décembre 2010, au moment où le conflit diplomatique et médiatique entre l’Espagne et le Maroc sur le Sahara occidental était à son comble, l’Espagne décide de ne pas respecter la demande du Comité des Droits de l’Homme. Elle procède à l’extradition forcée d’Ali, par avion de Madrid à Casablanca, sans même avertir les avocats d’Ali Aarrass ou sa famille.
Il y a un épilogue pervers et morbide à ce chapitre sur l’attitude de la Belgique en Espagne. Suite aux interpellations parlementaires en Belgique, à une intervention parlementaire de la part de députés britanniques contre son extradition, adressée à l’Espagne, aux démonstrations à répétition devant l’ambassade espagnole à Bruxelles, à la pétition, la conférence de presse, la soirée d’information et j’en passe, il y a eu une visite consulaire belge à Ali Aarrass. Oui, peu de gens le savent, mais il y a bel et bien eu une visite consulaire. Seulement, au moment de la visite du consul, la cellule d’Ali Aarrass à la prison de Madrid était vide. Parce que la visite a eu lieu le jour après son extradition vers le Maroc ! En lisant la position du ministre des Affaires étrangères Vanackere, on ne peut qu’en conclure que la visite consulaire belge a été délibérément organisée après son extradition. Une mise en scène élaborée uniquement pour sauver la face devant l’opinion publique et le mouvement de solidarité avec Ali.

 Le  ministre de la Justice Stefaan De Clerck a fait preuve du même cynisme. Comme la question des extraditions relève de ses compétences, le Comité Free Ali s’était adressé à lui par mail. C’était le 1er décembre 2010, quinze jours avant l’extradition d’Ali Aarrass. La réponse du ministre arrive le 20 janvier 2011, soit presque deux mois plus tard, pour nous dire ce qu’on savait déjà depuis six semaines et se dégager de tout appel à l’aide. Parce qu’une fois au Maroc, le Belgo-marocain Ali Aarrass n’était plus son problème. Voici sa réponse : « Par la présente, j’accuse bonne réception de votre courrier du 1er décembre 2010 lequel a retenu toute mon attention. D’après les informations qui m’ont été transmises, j’ai le regret de vous communiquer que l’extradition de Monsieur Ali Aarrass de l’Espagne vers le Maroc a déjà eu lieu ».

Le « principe » de la non-assistance consulaire belge aux binationaux belges au Maroc

L’extradition au Maroc en décembre 2010 fut suivie d’un long silence d’un mois. Ali avait disparu. Personne n’était informé de son lieu de détention. Il n’avait pas accès aux services d’un avocat. Farida Aarrass s’adresse alors au ministre des Affaires étrangères, lui demandant de s’informer auprès des autorités marocaines sur la situation de son frère afin de savoir où il se trouve. En réponse à son email, le ministre répond : « Je vous confirme que la position en matière d’aide consulaire aux bipatrides est de ne pas intervenir auprès des autorités locales du pays de leur autre nationalité. Comme Ali Aarrass est considéré comme de nationalité marocaine par les autorités marocaines, nos services ne les contacteront donc pas pour votre frère ».

Cette position sera répétée pendant des années. Ali, de son côté réapparaît le 18 janvier 2011, lorsqu’il est présenté au juge d’instruction, assisté de son avocat. Sorti de dix jours de torture, Ali décide de porter plainte du chef de torture, non seulement au Parquet mais également auprès du ministre de la Justice et du Conseil National des Droits de l’Homme.

 Cela ne change en rien la position de la Belgique. Ainsi, le 7 mars 2012, en réponse à une nouvelle question de la parlementaire fédérale Zoé Genot à la commission des Relations extérieures, le nouveau et actuel ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders, répond : « Nous n’intervenons jamais pour un binational sur le territoire d’un pays dont il possède la nationalité. La Belgique applique ce principe qui a été confirmé entre autres par la Convention de La Haye du 12 avril 1930 concernant certaines questions relatives au conflit de loi sur la nationalité, stipulant qu’un État ne peut exercer sa protection diplomatique au profit d’un de ses nationaux à l’égard d’un État dont celui-ci est également le ressortissant national. Et la Belgique a signé cette convention. Ce principe est appliqué sans discrimination pour tous les détenus de double nationalité. Le même principe est bien entendu appliqué sur le territoire belge ». Un an plus tard, le 20 février 2013, même réponse – mot pour mot – de Reynders à la demande de recevoir la famille Aarrass : « Je ne peux que vous confirmer que le Service Public Affaires étrangères n’intervient pas pour un binational sur le territoire d’un pays dont il possède la nationalité. Ce principe est appliqué sans discrimination pour tous les détenus de double nationalité. Je n’estime donc pas opportun d’organiser une rencontre concernant ce dossier ». Et dans une lettre à l’ambassade de la Belgique à Rabat du 5 août 2013, Didier Reynders écrit : «… Je confirme le principe que les ambassades belges s’abstiennent d’accorder la protection consulaire à des personnes ayant la double nationalité ».
Comme vous le pouvez constater, la Belgique a érigé en principe la non-assistance consulaire aux binationaux. Elle a ainsi érigé en principe la discrimination d’une partie de sa population.

Après la victoire historique d’Ali Aarrass sur la protection consulaire, la Belgique et le Maroc contre-attaquent

La Belgique sera obligée de reculer sur son principe de discrimination et de racisme d’État après une victoire historique d’Ali Aarrass devant les tribunaux belges. En 2014 en effet, Ali et ses avocats obtiennent du tribunal en première instance à Bruxelles d’abord et en appel ensuite, l’obligation pour la Belgique de lui fournir l’assistance sollicitée. C’est une victoire historique. Une victoire qui n’a pas été célébrée à sa juste valeur par le mouvement antiraciste. Par contre, la Belgique et le Maroc ont bien compris l’importance de ce jugement. La Belgique n’abandonne pas un combat dont l’enjeu est trop important. Elle continue à s’opposer à ce jugement et se pourvoit en cassation. Entretemps, dans sa demande d’autorisation d’une assistance consulaire au Maroc du 4 mars 2014, ordonnée par le tribunal, elle stipulera clairement qu’elle n’est pas d’accord de faire cette demande, mais qu’elle y est obligée et qu’elle attend la suite de la procédure judiciaire. Ainsi l’ambassade belge à Rabat écrit le 4 mars 2014 au ministère des affaires étrangères au Maroc que « la demande (d’assistance consulaire au Maroc) et la communication qui en résulterait… laissent entièrement inaffectée sa position juridique sur le plan international concernant l’exercice de l’assistance consulaire en faveur de binationaux. » Le 11 mars 2014, l’affaire Ali Aarrass et le pourvoi en appel sont discutés lors d’une rencontre entre la Belgique et le Maroc. Il ressort de cette réunion « … Que les autorités marocaines ne souhaitent pas voir se créer un précédent, la question de la possible condamnation de l’État belge en appel (procédure belge) et de ses suites jurisprudentielles se posant alors… ».

À partir de 2016, les initiatives pour briser Ali Aarrass vont se suivre.

Le 28 juin 2016, deux ans (!) après la réception de la demande belge du 4 mars 2014, le Maroc envoie sa réponse, refusant une visite consulaire belge à Ali Aarrass, « détenu dans le cadre d’une affaire de terrorisme et de radicalisme ». Reynders y réagit le 16 août 2016 en disant que cette réponse « … a le mérite de nous fournir une réponse claire… », et à une autre occasion que la réponse était tout à fait normale et conforme aux accords et pratiques internationaux.
Le 10 octobre 2016, les autorités pénitentiaires marocaines décident de transférer Ali de la prison de Salé II à la prison de Tiflet II où il sera enfermé en isolement total. Un isolement prolongé qui, pour Amnesty international « s’apparente à la torture ou à d’autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants au titre des Règles Nelson Mandela ». Le Comité contre la Torture (CAT) de l’ONU, saisi par les avocats d’Ali, ordonne que « le régime pénitentiaire de Ali soit allégé et ses droits garantis ». Le Maroc ne réagit pas et continue sa détention solitaire jusqu’à ce jour.
En avril 2017, la Cour de cassation au Maroc rejette le pourvoi en cassation d’Ali Aarrass introduit en 2012.
Le 21 juin 2017, le Ministère des Affaires étrangères et de la Coopération du Maroc refuse la demande belge d’une « visite à caractère strictement humanitaire ».
Le 29 septembre 2017, la Cour de Cassation en Belgique casse les arrêts en faveur d’Ali Aarrass de 2014 et donne raison à la Belgique.
Sur ce, Ali Aarrass et ses avocats saisissent la Cour européenne des droits de l’homme pour violation des articles 1er et 3 de la Convention.
Et ce n’est pas fini.
En 2018, pour couper court au combat d’Ali pour obtenir la protection de la Belgique et pour les droits égaux des binationaux, la Belgique fait inscrire la non-protection des citoyens binationaux dans une nouvelle loi. Sur proposition des ministres Reynders et Geens, le 9 mai 2018, une nouvelle loi modifiant la protection consulaire enlève, par la loi (!), toute protection consulaire belge aux citoyens belges ayant une double nationalité, une fois qu’ils se trouvent dans le pays de leur deuxième nationalité. Le nouvel article 11 du code consulaire dit ceci : « Il est inséré un article 79 : Ne peuvent prétendre à l’assistance consulaire les Belges qui possèdent aussi la nationalité de l’État dans lequel l’assistance consulaire est demandée, lorsque le consentement des autorités locales est requis ».

Ali Aarrass et ses avocats décident alors de saisir la Cour constitutionnelle de cette question, en espérant que cette dernière sanctionnera ce racisme d’État.

Notes

[1] Sur la situation des droits de l’homme en Espagne lire aussi : http://www.freeali.eu/a-lattention-de-lancien-ministre-van-ackere-on-torture-en-espagne/
[2] . « Charles Michel, seul chef de gouvernement européen à condamner la violence en Catalogne » https://www.rtbf.be/info/belgique/detail_le-premier-ministre-charles-michel-premier-dirigeant-europeen-a-condamner-la-violence-en-catalogne?id=9724111 ; « Belgique : l’affaire catalane envenime les relations avec Madrid « , https://www.courrierinternational.com/article/belgique-laffaire-catalane-envenime-les-relations-avec-madrid ou « La justice belge refuse d’extrader le rappeur espagnol Valtonyc vers Madrid » https://www.liberation.fr/direct/element/la-justice-belge-refuse-dextrader-le-rappeur-espagnol-valtonyc-vers-madrid_87381/

Au Théatre national Boulevard Emile Jacqmain, 111-115 1000 Bruxelles

Le Chœur d’Ali Aarrass, Julie Jaroszewski, 23 > 27.04.2019 

 

 

 

 

Calendrier : Mardi 23.04.2019  20:15 Grande Salle  / Mercredi 24.04.2019 19:30 Grande Salle / Jeudi 25.04.2019 20:15 Grande Salle / Vendredi 26.04.2019 20:15 Grande Salle / Samedi 27.04.2019 20:15 Grande Salle

 

De sa cellule, Ali Aarrass nous lance un appel : « Mes tortionnaires doivent être poursuivis ! »

dans COMMUNIQUES DE PRESSE/Evénements/LA PRISON AU MAROC/TORTURE par


Communiqué d’Ali Aarrass du 23 février 2018 depuis la prison de Tiflet 2

« Moi, Ali Aarrass, je vous fais part de ce communiqué légitime pour vous annoncer que j’ai été à nouveau torturé dès mon arrivée dans cette prison par le directeur et ses fidèles. Ce directeur a été limogé fin janvier 2018. Si j’ai évité de vous le faire savoir c’est parce que je voulais épargner ma famille et surtout mes parents âgés et malades. Ils ont tous énormément enduré et je tenais à leur éviter des peines et douleurs supplémentaires. Pour moi c’est une raison fondamentale.

Mais j’ai été et je suis toujours menacé et harcelé, de manière récurrente. J’ai du vivre avec cette souffrance et le silence auquel je m’étais soumis m’a pesé très lourd sur la conscience. J’ai voulu taire tous ces faits de torture et autres mauvais traitements depuis mon arrivé à Tiflet 2 et cela malgré la visite de mes proches et des avocats.

Je ne voulais pas leur faire part des tortures abjectes qu’ils m’ont fait subir. J’espère que vous comprendrez ce sentiment d’amour filial qui m’est sacré.

Mais j’espère aussi que vous comprendrez qu’il me soit devenu impossible de garder silence plus longtemps au vu de ce qu’ils me font encore endurer. Il est clair qu’ils veulent me briser dans ces conditions inhumaines. A ce moment précis, moment où je vous parle, j’ignore ce qu’il adviendra de moi. Cette communication est entendue dans son entièreté par les gardes et fonctionnaires.

S’il y a une justice et un état de droit, qu’ils poursuivent ces tortionnaires.

Par ce moyen je m’adresse et interpelle les avocats, mais aussi tous ceux qui peuvent faire quelque chose, aux comités de soutien, aux défenseurs des droits de l’homme, afin qu’ils mettent un terme à ce traitement inhumain. Ces tortionnaires qui détruisent tout ce que vous essayez de bâtir doivent être poursuivis.

Malgré tout ce que je peux vivre, il me tient à cœur de rendre hommage à toutes ces femmes et hommes qui m’ont toujours soutenu, en vous remerciant tous ».

Ali Aarrass, de la prison de Tiflet 2.

Rencontre avec Marie-Jo Fressard (France) et Farida Aarrass (Belgique), âmes sœurs des prisonniers politiques au Maroc.

dans ACTIONS/Evénements/LA PRISON AU MAROC par

Prisoners’ News et EgalitTV vous invitent au brunch du dimanche (croissants, café, thé…). Luk Vervaet y interviewe Marie-Jo Fressard et Farida Aarrass, auteures et militantes.

Sur les livres de Marie-Jo Fressard : « Marraine des deux plus anciens détenus politiques marocains Ahmed Chahid et Ahmed Chaïb (Préface : Gilles Perrault, auteur de « Notre ami le Roi » et postface : Khadija Ryadi, lauréate du prix des Nations Unis pour les droits humains), paru chez Antidote publishers et « Drôle d’occupation pour une grand-mère » Histoires de prisonniers politiques sahraouis, petite histoire du conflit au Sahara Occidental à travers le parcours de Hassan, Salek et Salah., paru chez Edition APSO.

Sur le livre de Farida Aarrass et Ali Aarrass : « Lettres de prison et Journal d’une grève de la faim » (préface : Nicolas Cohen et Dounia Alamat du bureau d’avocats Juscogens, postface : Claude Debrulle, administrateur à la Ligue des droits de l’Homme) paru chez Antidote Publishers). Et sur son combat depuis 10 ans, avec sa famille et le Comité Free Ali, pour la libération de son frère Ali.

 

Quand ? dimanche 25 février à 11.30 – 14.30 h
Où ? ESG asbl, Rue d’Anderlecht, 30, 1000 Bruxelles
Facebook : cliquez ICI 

« Le témoignage de la maman d’Ali Aarrass sur sa visite à son fils à la prison de Tiflet II », par Farida Aarrass

dans ACTIONS/LA PRISON AU MAROC par

 (photo : la maman d’Ali Aarrass)

Je suis allée chez ma mère pour partager avec elle un moment. Elle voulait que j’apprenne les détails de sa visite rendue à Ali le 3 avril 2017.

Je l’écoutais attentivement tout en faisant mine de ne pas être trop surprise, alors que je sentais que mon coeur allait lâcher tant je contenais les sentiments, qui provoquaient en moi une rage indescriptible.

Voici son récit :

– Ma fille, lorsque nous sommes allées voir ton frère, celui-ci est venu à nous dans un état qui m’a terriblement choquée. Il est si maigri que je n’ai pas pu retenir mes larmes. 
 Ils nous ont fait attendre deux heures avant de nous autoriser à enfin le voir.

J’ai bien vu que le fait d’apprendre cela l’avait mis hors de lui et que le sentiment d’impuissance l’a terriblement révolté. Une fois dans mes bras, nos pleurs devenaient incessants (j’ai déjà vécu cette scène tant de fois que je ne peux que trop bien la comprendre). 
Ton frère ne cessait d’embrasser mon front, mes joues, à nouveau mon front, sans relâche.

Il m’a repris dans ses bras et me serrait si fort que j’ai pu sentir toute sa détresse. Ensuite il a saisi ma main droite et y déposa un baiser, puis ma main gauche et y déposa un second, et voilà qu’il recommença ces gestes tant de fois que je m’effondrais d’imaginer sa solitude.

(Je tiens à préciser que ma mère ignore tout de ses conditions de détention. Mais elle me dit que le fait d’être nouveau dans une autre prison, ne peut que le condamner à se retrouver seul puisqu’il n’y connait aucun détenu)

Elle raconte et se retient de pleurer… Chaque fois qu’elle sent sa gorge se resserrer elle cesse le temps que ça passe. Mais à chaque phase insoutenable au niveau de la douleur provoquée par cette immense injustice, elle essaie de m’encourager à son tour en me motivant comme elle peut.

– Farida ma fille, j’ai beaucoup insisté auprès de Ali pour qu’il continue de patienter. Il était fâché parce qu’ils nous ont laissé attendre deux heures et quand je lui ai dit qu’il ne doit pas se fâcher il m’a répondu : «  Yemma je dois faire respecter mes droits ! Ce sont mes droits et je ne les laisserai pas les écraser !  » 

Elles n’ont pu rester avec Ali que 40 minutes !!!

Ma mère reprend en larmes…
Ma fille, incha Allah tout ceci aura une fin. Oui ma fille tu verras qu’il ressortira de là par la grâce d’Allah, la tête haute. Je n’ai jamais connu un homme aussi digne ma fille. Ton frère fait partie des gens si courageux et si droit qu’Allah ne l’abandonnera jamais. J’en suis ressortie tellement affectée, mais on finit par relativiser et se dire qu’Allah est juste et que justice lui sera faite.

Elle m’a également fait part de son ressenti face à tous les refus de la part des gardes. Ceci non ! Et ça non plus !Ce produit lui est interdit ! Ces affaires lui sont interdites !

Elle était en colère mais a su faire preuve de la plus grande et belle patience et a essayé de raisonner les gardes en leur disant que ce n’est pas humain toutes ces interdictions. Mais qu’au final ça n’aura servi à rien, qu’ils répondent qu’ils n’y sont pour rien, qu’ils ne font qu’obéir aux ordres données plus haut.

Ma mère a été comme toute mère l’aurait fait je pense, aussi douce et aimable qu’elle a pu envers son fils mais aussi envers tout le monde sur place, pour essayer de les faire changer d’avis. Tout ça fut vain dit elle, ils ont apparemment reçu des ordres et ils ont peur de désobéir.

Partir et devoir reprendre de tas de choses qu’elle pensait feraient du bien à Ali, son tendre et unique fils qu’elle chérit tant et qui lui manque terriblement, fut pour elle dur, très dur. Mais partir et laisser derrière elle ce fils qui a toujours été aussi bienveillant envers elle et envers tant de personnes, elle l’a très mal vécu.

Durant tout le chemin de retour elle a pleuré et imploré Dieu de lui rendre justice. Elle est convaincue qu’un jour on se retrouvera tous ensemble à nouveau et qu’on partagera de magnifiques moments comme avant.

Que Dieu exauce les voeux de ma mère.

Un détail m’avait échappé, je l’ajoute parce qu’il fait honneur aux parents et proches des détenus en général, et aux mamans en particulier.

Ma mère me racontait qu’une maman qui devait avoir plus ou moins mon âge, attendait également son tour au rang des fouilles où tout est passé au peigne fin avant d’être accepté ou refusé, selon le bon vouloir de la part d’un coordinateur qui se tient debout sur place.

Cette maman avait fait de ses propres mains tout une pile de crêpes marocaines. Elle a veillé à ce que son fils puisse en avoir et surtout à ne pas en manquer en attendant sa prochaine visite, prévue on ne sait quand. 
 Mais ô combien grande fut sa peine en apprenant qu’elles ne lui seraient pas remises. 
 Refusées ! Pour quelle raison ?! On ne veut pas, c’est tout ! 
 Aucune explication qui tienne… 
 De quoi vous faire sortir les gongs et vous torturer intérieurement sans pour autant vous donner le droit d’exprimer toute la colère suscitée par ces arrogants refus !

Ma mère m’explique avec beaucoup de peine et en pleurs à quel point cette pauvre maman était touchée, attristée, malheureuse. Qu’elle l’observait avec bienveillance pour lui témoigner toute son affection, ce qui l’a aidée à se calmer…

Puis pour terminer elle me dit l’avoir suivi du regard lorsqu’elle a pu enfin retrouver son fils et les voir s’étreindre et sangloter à n’en plus finir.

Ma pauvre mère portant en elle son empathie fusionnelle, n’a pas pu empêcher ses larmes de couler en se rappelant cette si triste scène.

Ces lieux sont voués à provoquer les pires accablements et amertumes. L’abattement de tous ces êtres s’y trouvant, forcés et contraints de réconforter un tant soit peu leurs proches si chers abandonnés de tous.

Ces parents si voués à leur progéniture.

Capables de braver tous les climats et toutes les fatigues.

Capables de s’endetter pour rapporter un peu de bien-être à leur enfant.

Que Dieu préserve nos parents et leur épargne toute souffrance !

Farida Aarrass

Free Ali Aarrass à la Fête du 1er Mai ! Rejoignez-nous à notre stand à la Place Rouppe.

« J’ai le cœur gros, la tristesse me l’a ravagé », récit d’une visite à Ali Aarrass à la prison de Tiflet

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Dimanche 26 février 2017

Nous voilà arrivés à Salé  dans l’après midi.

Dans la ville de Salé….

Une fois à l’hôtel, Maître Nicolas Cohen dit devoir passer des coups de fils afin d’établir contact avec les différentes personnes qui pourraient nous aider aux démarches que nous allons entreprendre.

Nicolas travaille déjà.  Il prépare le programme tandis que moi… et bien je me prépare psychologiquement à la rencontre qui aura lieu dès demain lundi, avec mon frère.  

J’appréhende son état, sa condition… J’ignore quel est son état après ces presque 5 mois d’isolement total.  Je n’ai que les informations qu’il me transmet lors de son unique coup de fil hebdomadaire, les mardis.  Coup de fil qui ne dure que 5 minutes et qui ne lui permet jamais d’aller jusqu’au bout de ce qu’il voudrait ou aimerait dire, puisque le garde chargé de la surveillance, l’interpelle dès que la 5ème minute est là.

Je sais qu’il est capable de nous cacher toute réalité qui pourrait nous attrister ou nous inquiéter d’une quelconque manière.  Il l’a toujours fait, et il est dans la capacité de maintenir cette même attitude pendant aussi longtemps qu’il l’estimerait nécessaire.

Nicolas et moi avons été dans la Médina, à la recherche d’une boutique pour acheter des recharges, pour les coups de fils.

Il fait beau, le soleil brille et l’air est doux…. 

Je remets tant de choses en question et à la fois me résous à presque renouer avec ce pays qui finalement est celui de mes origines. 

C’est sûrement la joie à l’idée de retrouver Ali qui me rend si euphorique.  Suis-je vraiment prête à me réconcilier avec l’ensemble.  Je ne sais pas…. C’est une question que je reporte à plus tard.

La question qui m’interpelle pour l’instant c’est comment vais-je retrouver Ali demain ?

Je l’ignore… Je ne sais pas du tout répondre et me dis qu’il vaut mieux attendre de le voir pour savoir. 

Que peut être sa condition n’est pas si catastrophique que je l’imagine.

Je vais donc faire preuve de patience et attendre de voir, pouvoir constater…

 

Lundi 27 février 2017

Nous nous levons tôt car il faut aller au Parquet et plus précisément chez le procureur afin de demander une autorisation de visite pour Maître Cohen.

Maître Dadsi nous a donné rendez-vous à la gare de Rabat Ville, à 9h30.  A cause de la densité de la circulation, il n’arrive qu’à 10h15. 

Nous prenons immédiatement la route pour le parquet.  L’autorisation est faite rapidement par le procureur et nous en allons ensemble vers Tiflet 2.

Je suis discrètement impatiente et surexcitée à l’idée de retrouver Ali mon cher frère qui me manque tellement.

Les deux avocats discutent entre eux, de différentes choses, moi je ne pense qu’au moment de retrouvailles avec mon frère. 

Au milieu de nulle part…

La prison de Tiflet 2 se trouve à environ 45 minutes de Salé.  Il s’agit d’un complexe pénitentiaire construit au milieu de nulle part.  Il a été implanté au milieu d’un champ, un endroit isolé de tout.  Le calme et le silence assourdissant y est surprenant. 

Ma joie s’entremêle à de l’appréhension…  Cette appréhension s’accentue au fur et à mesure que nous approchons de l’entrée.  Soudain, je sens que j’ai du mal à gérer le stress qui m’envahit, mais je feins être on ne peut plus calme.

Les avocats avancent d’un pas sûr.  Ils sont rassurés et presque certains de pouvoir visiter Ali.  J’aurais aimé pouvoir jouir d’une telle assurance dans de telles circonstances.  Malheureusement je n’y arrive jamais.  Pour moi c’est constamment l’incertitude.  Je ne sais pour ainsi dire, jamais, ce qu’il en sera.

A l’approche vers ce grand portail, l’émotion m’envahit…. Je suis toujours en mode self contrôle, mais je ne peux faire abstraction des sentiments qui prennent le dessus. C’est ainsi généralement jusqu’à ce que je voie mon frère.  Après, tout est complètement différent.  Mais en ce moment précis et malgré la difficulté, je me force à ne penser qu’à l’instant présent…

Ils sonnent au grand portail bleu métallique.  Le lieu est funeste, lugubre. Il n’inspire vraiment pas confiance.  Nous sommes loin de tout.  Je m’imagine seule dans ces lieux et ressens l’angoisse que cela procure.

Un gardien ouvre le grand portail, demande ce qu’ils veulent et ils présentent leur documentation en expliquant qu’ils viennent rendre visite à leur client Ali Aarrass.

Le gardien leur demande de patienter tout en inspectant simultanément les documents remis.  Il s’agit d’une autorisation émise il y a moins d’une heure à l’un de nos avocats, par le procureur en personne.

Je me tiens sur le côté, pensant qu’on va pouvoir y entrer tous en même temps.  Mais assez rapidement on m’informe qu’en tant que proche je dois rentrer par une autre porte et pas tout de suite.  Les avocats vont pouvoir y aller en premier et une fois qu’ils auront terminé, je le pourrai à mon tour.  Et oui c’est comme ça, nous sommes apparemment soumis à des traitements différents. 

Mais franchement je n’y accorde aucune importance. Je suis décidée à attendre le temps qu’il faudra, du moment qu’on nous autorise à nous revoir mon frère et moi.

Vous savez, dans des circonstances pareilles, j’apparente le calme en personne… On me le dit souvent et je sens que c’est aussi le cas en ce moment même.  Et pourtant…. 

Dans mon fort intérieur je me prépare à la révolte à l’idée qu’on puisse me refuser de revoir mon frère.  Non ô que non, ça je ne pourrais l’accepter !

D’ailleurs je me retrouve à me parler toute seule, à me faire des réflexions à voix haute…

Je fais des pas… j’avance en m’éloignant de l’entrée et reviens de nouveau, je fais des va et vient tout en me parlant à voix haute.  Je m’en contrefiche de ce qu’on pourrait penser, c’est mon état actuel et il me plaît de me tenir cette discussion.

Je me dis : « Faites-moi attendre, embêtez moi, malmenez moi autant que vous le voudrez.  Je m’attends et me prépare toujours à tout.  Mais je ne serais jamais prête à recevoir un refus de visite… ça NON ! »

Je ressens encore et encore…toujours les mêmes tensions, les mêmes pressions, les mêmes appréhensions, le même chamboulement intérieur à l’approche du moment tant attendu.  Et de nouveau me revient cette forme d’euphorie étrange qui fait tant de bien.  Elle m’envahit à l’idée de revoir Ali que je n’ai plus vu depuis 13 mois.  Je l’ai vu pour la dernière fois, en janvier 2016, deux mois après sa suspension de grève de la faim qui dura 72 jours. 

Je me reprends, me ressaisis, décide de ne pas sombrer dans cette presque folie provoquée par tous ces questionnements, par toutes ces incertitudes, par tous ces sentiments mêlés de joie et craintes multiples….

Les avocats, sont déjà rentrés et moi j’attends mon tour.

Les deux sacs…

J’ai posé les deux sacs que je ramène à Ali sur le côté.  Dans l’un d’eux, des fruits.  Des bananes, des pommes, des oranges. Dans l’autre, des chocolats, des gâteaux en frangipane, des spéculoos, des gaufres.  Mais aussi la boite de crayons de couleurs, un pinceau, un taille crayon ainsi que deux crayons ordinaires que Christine m’a confié pour Ali.  J’y ai également rangé, les chocolats et gâteaux que Insaf a tenu à lui offrir.  Aussi d’autres objets que Ali avait demandés.  Christine et Insaf font partie du Comité Free Ali et sont devenues pour moi, comme d’autres personnes que je ne cite pas ici, des membres de notre famille devenue si grande. 

Dans les autres objets que Ali avait demandés, des piles crayons pour pouvoir utiliser la télécommande. 

Une petite TV encastrée se trouve dans la cellule, mais une télécommande sans piles ne permet pas de l’allumer. 

Il avait également demandé des balles de tennis pour pouvoir les lancer contre le mur de la cour où il passe une heure par jour, mais toujours seul.   A défaut d’avoir de la compagnie, il disait qu’elles rebondiraient partout, lui reviendraient en ricochant et finiraient par lui donner l’illusion de jouer avec quelqu’un.  Cela lui permettrait aussi de faire de l’exercice…

Il voulait aussi avoir un blaireau pour faire mousser le savon et pouvoir se raser.  Ainsi qu’un tout petit poêlon avec couvercle afin qu’il puisse de temps en temps demander au gardien de lui ramener un peu d’eau chaude pour se laver.  Dans sa cellule il ne dispose que d’eau froide et il n’a droit qu’à une douche par semaine. 

Je lui ai également ramené des cotons tiges, une boite de compléments alimentaires de qualité.  Je sais qu’à défaut d’avoir une bonne alimentation, ces compléments alimentaires peuvent lui faire le plus grand bien.  Ils lui permettraient de renforcer son système immunitaire qui doit être en bien piteux état.  Je fais allusion aux conséquences désastreuses de cette longue et horrible grève de la faim qui dura 72 jours, mais aussi au fait qu’on lui refuse tous les extras à l’heure actuelle.  La preuve c’est qu’il a perdu 18 kg depuis son transfèrement à Tiflet 2, où il est soumis à un régime de détention terriblement dur.  L’isolement !

J’attends toujours en observant l’heure.  Il s’est écoulé 45 minutes quand un gardien ouvre la porte sur le côté.  L’entrée réservée aux proches des détenus.   Il me demande mes documents et je lui donne mon passeport.  Il me dit d’attendre encore et s’en va à l’intérieur en refermant derrière lui.

Je reprends les va et vient pour mieux patienter. 

Je me remets à parler seule : « Tant que les avocats sont avec lui on ne me fera pas rentrer, je n’ai qu’à attendre encore un peu… »

J’avais pris soin de dire aux avocats qu’il ne fallait surtout pas dire à Ali que j’étais là tant qu’ils n’avaient pas terminé avec lui.  Je le connais si bien, qu’à coup sûr il écourterait l’entretien avec eux pour ne pas me laisser attendre. 

La porte s’ouvre et quatre mamans sortent.  A leurs mains des sacs vides pliés, des caddies vides…  Elles viennent de rendre visite à leur proche de toute évidence.  Elles ont l’air de bien se connaître, elles discutent entre elles et vont s’éloigner lentement.  Il s’est de nouveau écoulé 15 minutes.

Je les observe s’éloigner…  Au loin j’aperçois du bétail qui broute de l’herbe et se déplace calmement.  Je regarde ces murs et estime leurs hauteurs.  Je ne sais plus où placer mon regard tant l’impatiente me gagne… 

La porte s’ouvre à nouveau.  Le gardien me dit que le passeport ne suffit pas.  Il me faut la carte nationale.  Je réponds que je n’ai pas de carte nationale.  Il demande ma carte de séjour en Belgique.  Je ne l’ai pas avec moi, je l’ai laissée à l’hôtel.  

Il retourne à l’intérieur et moi j’ai envie de CRIER TRES FORT !

Ils n’ont pas intérêt à m’empêcher de voir Ali !!!

Je patiente tant bien que mal.  La porte s’ouvre de nouveau et je lui demande s’il a l’intention de me laisser attendre encore longtemps.  Il me dit de rentrer…

Je suis à l’intérieur et je passe dans un bureau où il me demande si je reconnais les photos sur les copies des passeports appartenant à l’épouse de mon père, à l’épouse de Ali, à mon jeune frère.  Je lui qui ils sont à tour de rôle et enfin il me permet d’aller plus loin.  Mais pas si loin puisqu’on me dit d’attendre encore à l’intérieur.   Je prends mon mal en patiente.  Ai-je le choix ?!

Je peux enfin m’asseoir.  J’aperçois de là où je suis l’appareil qui scanne les produits et le lieu des fouilles des aliments et autres articles qu’on pourrait rapporter à nos proches.  Cependant c’est vide. Personne en vue.  Étrange, serais-je la seule personne à rendre visite à cette heure-ci ?

Petit à petit ils intègrent leur poste.  D’abord une gardienne qui s’assied à proximité du tapis roulant où l’on pose les affaires.  Puis un gardien qui plaisante avec elle.  Elle rit souvent aux éclats.  Un troisième gardien est celui qui est venu réceptionner mon passeport. 

Ce dernier me dit que tant que les avocats sont avec mon frère, je ne peux rentrer.  Je réponds que c’est entendu et que je suis disposée à attendre le temps qu’il faudra. 

Le temps passe plus vite ici.  Enfin on me demande de tout poser sur une table.  Je m’empresse de le faire et sans qu’on me le dise je commence à tout sortir afin qu’ils examinent l’ensemble au plus vite. 

Un quatrième garde s’approche.  Il est petit de taille… Il semble être attendu par tous les autres comme s’il était le seul à pouvoir décider de ce qui est accepté ou pas.  Je suis choquée d’assister à cette façon de faire.  C’est comme si je devais marchander mais inutilement puisqu’ils ont sûrement reçu des ordres de presque tout refuser.  Ce garde sur lequel ils comptent tous, ne m’esquisse pas le moindre regard.  Il ne tient pas à croiser le mien.  C’est un comportement que je finis par connaître on ne peut mieux.  A la fois éviter la gêne que procurent tous les refus et le comment se protéger des problèmes qui risquent de tomber sur lui s’il ose défier le moindre ordre donné plus haut.  Qu’à cela ne tienne… Je suis complètement dévastée par la rage de savoir que quasiment tout est interdit à Ali, sauf les fruits qui vont être coupés en deux !!!!  Et la boite des crayons de couleurs.  Jusque-là on me fait croire que les balles de tennis lui seront remises…

Les fouilles…

Je suis dans un état second et continue de faire face à tant de mauvaise foi et tant de dureté quand la gardienne me dit d’entrer dans une pièce pour me fouiller.

J’obéis instinctivement, comme portée par le besoin d’avancer au plus vite vers ce but qui est le mien.  La rencontre avec mon cher frère. 

Je ne savais pas encore ce qui m’attendais.  J’écartais les bras et les jambes pour faciliter la tâche à celle-ci. Afin qu’elle fasse vite et qu’on en finisse !!!

J’ignorais totalement que j’allais être malmenée, humiliée, subir de tels attouchements en guise de fouilles corporelles.  Je me suis énervée fortement, mes mains m’ont trahies.  Je tremblais et l’ai repoussée assez fort pour la déstabiliser.  Mais elle m’a jeté un regard immonde et m’a ordonné de la laisser faire et qu’à défaut je n’entrerai pas.  J’ai eu envie de pleurer, de crier, de la tuer et pourtant j’ai tout ravalé et me suis laissée faire.  C’était le prix à payer pour revoir Ali.  Je l’ai payé avec l’espoir qu’un jour elle le paie très cher.  J’en suis ressortie avec la nausée et mal au ventre.

Je suis au bord des larmes et je sais que ce n’est pas le moment de lâcher prise.   Ali est seul et a besoin de moi en forme.  Je dois lui remonter le moral, le soutenir du mieux que je le peux. 

Le gardien me demande de le suivre…

Enfin… ! 

Nous descendons des larges marches qui mènent vers un hall tout aussi large.  C’est une forme de tunnel sous terrain qui laisse entrevoir au fond d’autres escaliers qui montent vers un petit hall à droite, au bout de ce hall, une très grande salle au plafond tout aussi haut. 

Les tables…

Je suis dans cette immense salle de visite où l’air qui y règne est on ne peut plus glacial voir glauque. 
 En son sein des énormes tables en inox. Toutes neuves ! Un inox brillant et à la fois si froid. Elles doivent faire près de 2m de large, la longueur de chacune d’elles, je ne la connais pas. Mais de toutes manières elles sont toutes alignées, les unes collées aux autres, formant ainsi une très longue ligne droite… Trois lignes droites qui forment un grand U ! 
Puis pour encore mieux distancer les détenus de leurs proches venant leur rendre visite, à chacune de ces immenses tables, sont fixés des bancs du même matériau. Quelques feuilles en carton ici et là pour que vous les glissiez sous votre popotin, il ne faudrait pas attraper froid voyons ! Puis sous ces tables, encore et toujours dans le même matériau, des plaques empêchant les pieds de se toucher. Je pourrais dire que c’est presque hermétiquement fermé.

En y arrivant dans cette absurde et si horrible salle, j’ai eu le sentiment qu’il s’agissait de tables de lavage mortuaire. Cela m’a glacé le sang….
Mais dès que j’ai aperçu au fond de celle-ci, Ali Aarrass mon cher frère, cela m’a fait oublier pendant un instant où j’étais et tout ce qui nous entourait.

Ali me voit à son tour et se précipite vers moi…. Quant à moi je suis bloquée par ce mobilier géant qui finalement nous empêche tous les deux de nous prendre dans nos bras !

Ali et moi on se regarde avec à la fois les larmes aux yeux et la rage de devoir vivre cette situation si injuste et si immonde qu’on veut nous imposer !

A l’échange de ce regard de tas de choses sont dites et on se comprend immédiatement. Nous allons enfreindre les règles et on va passer par le coin du grand U où une table en plastique a été placée afin de fermer l’accès. La table en question nous l’avons littéralement éjectée sous les yeux des gardiens qui semblaient ne rien comprendre et qui nous voyant nous jeter dans nos bras, n’ont même pas osé intervenir.

C’était le meilleur moment ! 
 Nous nous sommes abandonnés ainsi durant quelques petites minutes…. Je pleurais fort et on m’entendait dans cet espace si froid, si vide… au plafond si creux que cela résonnait… Je m’en fichais, je me suis lâchée et même si Ali me demandait de me calmer, je n’arrivais pas.

Il me posait des questions en les susurrant à mon oreille. 
 T’ont-ils malmenée ?
T’ont-ils humiliée ?
T’ont-ils fait un quelconque mal ?
Dis-moi Farida… 
J’ai répondu que non, que je pleurais de joie de pouvoir le revoir enfin et le reprendre dans mes bras. 
 Il m’a dit, tu as osé venir jusqu’ici ?!
Je lui ai répondu que jamais rien ni personne ne pourra m’éloigner de lui, à moins que ce ne soit Allah qui le décide. 
 En le tenant dans mes bras je réalise à quel point il a maigri, mais je ne fais aucune remarque… Tout ce qui compte c’est que nous sommes là tous les deux et que nous allons partager un agréable moment ensemble.

Nous sommes ensuite passés chacun de son coté de ces tables « mortuaires ». L’estimation que j’ai faite d’à peu près 2 mètres de large, je l’ai faite en tenant compte du fait que Ali et moi nous tenions par les mains…enfin par les bouts des doigts plutôt, tout en nous penchant très fort en avant pour y arriver.

Ignoble pensée que cette installation….

Tout semble être mis en place pour nous toucher au plus profond de nos êtres.  Toute cette humiliation, ces méthodes, ces traitements dégradants, ne sont certainement pas mis en place pour veiller à la réinsertion des détenus, mais de les intimider en vue de les asservir. Comment fait Ali pour tenir encore et encore ?  Mon Dieu mais c’est horrible !!!

Ali me demande comment vont nos parents, je lui explique leur état de santé, et il pleure comme un gosse.  J’ai mal pour lui, mais je me suis jurée que je ne lui cacherai plus rien.  Je crains qu’un malheur n’arrive et qu’il ne s’y soit pas préparé.  Il sèche ses larmes et me demande comment va la famille au complet ainsi que les personnes du Comité Free Ali.  Je lui raconte un maximum de choses qui vont le faire sourire.  Il me raconte que les lettres de soutien sont la meilleure chose qu’il puisse avoir, pour se remonter le moral, pour augmenter sa résistance.  Il me demande de remercier tout le monde, tous ceux qui le soutiennent.  De n’oublier personne…

Je lui promets…

Il me parle de sa relation avec Dieu.  Il m’apprend qu’il n’a jamais été aussi proche de Lui.  Qu’il maintient une relation extraordinaire avec son Créateur.  Qu’il prie beaucoup, jour et nuit et que cela lui fait beaucoup de bien. 

Après il reprend son air triste et me dit :

Farida, il n’y a rien de pire que d’être privé de tout contact humain !

Il pleure en le disant, ses larmes coulent et je ressens toute cette horrible souffrance qui est la sienne.  Je pleure avec lui et me garde d’émettre le moindre mot, je lui laisse la parole, la possibilité de s’exprimer.  Il est tout le temps seul il ne peut donc rien dire à personne.  Parle Ali dis-moi tout ce que tu veux me dire.  Mais les pleurs l’empêchent de poursuivre…  Je ne sais que penser, que dire, que faire ?   Être là assise en face de lui et être à la fois aussi impuissante ! 

Je vais donc lui dire que je lui ai ramené les balles de tennis.  Je lui dis que les piles ont été refusées sous prétexte qu’ils en vendent en prison.  Ali se retourne vers le gardien qui nous surveille.  Lui dit que ce n’est pas vrai qu’on vend des piles dans la boutique, et le gardien de répondre qu’il ne sait rien dire, rien faire.

Mais Ali revient sur la question de l’isolement… 

Il reprend en me disant.  Tu sais, je ramasse les miettes de mon pain et lorsque je vais à la cour, je les donne aux petits oiseaux qui viennent spontanément les piquer.   Et tu sais quoi ? Je leur parle à ces oiseaux. 

On veut éteindre mon humanisme, mais cela leur sera impossible, car comme tu vois, je l’entretiens d’une manière ou d’une autre. 

Farida, je ne sais combien de temps je vais pouvoir tenir ainsi… 

Ces mots vont m’achever…

Je le regarde, il me regarde et on se dit encore et encore de tas de choses que je ne peux divulguer ici. 

25 minutes…

Je lui dis qu’il doit tenir bon, que nous allons faire de tas d’actions pour arriver à un changement.  Ne fut ce qu’obtenir que ses conditions de détention soient adoucies.  Il me fait comprendre qu’il a confiance en nous et qu’il compte sur nous. 

Soudain, le gardien lui dit que c’est fini la visite !

Je suis outrée, choquée !!!  Cela ne fait que 25 minutes qu’on se parle et il veut déjà y mettre un terme !!!

Ali feint ne pas l’entendre la première fois.  Mais ce dernier s’impose et c’est moi qui intervient en lui disant de nous laisser encore un peu de temps.  Il fait semblant qu’il refait une ronde autour de la salle et revient nous dire de terminer.  De m’en aller en m’indiquant le hall par lequel j’étais venue.  Ali se lève et me dit vas-y Farida, je ne serai rassuré qu’une fois que je te saurai en Belgique.  Je n’appellerai pas demain mardi, je demanderai la permission de t’appeler exceptionnellement mercredi afin de m’assurer que tu es bien arrivée. 

J’ai le cœur gros, la tristesse me l’a ravagé. 

Voir Ali dans ces conditions, si maigri, si pâle, si triste, si seul…

Que faire mon Dieu ?!  Pour l’instant c’est le vide total.  Il m’est impossible de réfléchir…

Les balles de tennis…

Je repasse par le hall tout en regardant Ali s’éloigner. Ali qui ne me quitte pas du regard, tout comme j’ai du mal à le quitter moi aussi.  Je ne le vois plus et j’avance par le même chemin qui mène aux grands escaliers, pour redescendre dans le tunnel ou passage souterrain et remonter de nouveau de l’autre côté pour aboutir dans la salle de fouilles.  Je n’ai pas réalisé immédiatement que je suis seule à faire ce chemin.  Que je suis seule en arrivant là et qu’il n’y a personne pour m’ouvrir les portes.

Mon regard fixe le sac portant les affaires qui ont été refusées à Ali.  Je vois qu’ils ont ajouté les balles de tennis, ils ne les lui ont pas données ces crapules !

Je vais attendre que quelqu’un daigne venir m’ouvrir.  J’attends encore et encore en vain.  Je suis toujours seule après cinq, dix, minutes et plus. 

Je décide donc de m’approcher de l’une de toutes ces portes, à travers laquelle je devine des voix lointaines.  Je frappe de toutes mes forces, non pas une fois ni deux mais au moins vingt fois et deux gardes de venir ouvrir et me demander qu’est-ce que je fais ?

Je réponds que je frappais pour pouvoir sortir de ces lieux.  

J’en profite pour leur dire que ces balles de tennis, sont des simples balles de tennis et non pas des bombes.  Que Ali est tout seul tout le temps et que ça lui aurait fait le plus grand bien de pouvoir les avoir.  Ils me regardent d’un air qui me laissent entendre qu’ils n’y peuvent rien.  J’abandonne, je sors.

Les avocats m’attendent et je remonte dans la voiture.  On s’en va.  Je regarde derrière moi, je regarde ces murailles, cet endroit où Ali est à l’abandon.  Je pleure en cachette des avocats.  Je pense à Ali mon cher et tendre frère.  Je lui souhaite de tout mon cœur la liberté et qu’Allah lui rende Justice.

Pas facile du tout cette visite. Ce fut l’une des plus pénibles…vraiment très dur…

Farida Aarrass

Le 1er avril 2017, Ali Aarrass commencera sa 10ème année de détention en régime d’isolement. Rassemblement Place de la Monnaie 12-14h !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le 1er avril 2017, Ali Aarrass commencera sa 10ème année de détention en régime d’isolement. Rassemblement Place de la Monnaie 12-14h !

dans ACTIONS/LA PRISON AU MAROC par

A l’occasion du début de la dixième année de la détention d’Ali Aarrass, le Comité Free Ali vous invite autour d’un stand d’information pour un moment de commémoration et de protestation contre la détention arbitraire d’un homme innocent.
Nos revendications :
1. L’arrêt immédiat de la détention solitaire d’Ali Aarrass dans la prison de Tiflet, qui lui a été imposée depuis son transfert dans cette prison depuis octobre 2016
2. L’obtention d’une réponse à sa demande de cassation, introduite en 2012, restée sans réponse de la part des autorités marocaines
3. L’autorisation d’une assistance consulaire belge, refusée par les autorités marocaines depuis février 2014.
4. La libération d’Ali Aarrass pour détention arbitraire demandée depuis décembre 2013 par le Groupe de travail de l’ONU sur la détention arbitraire  restée sans réaction des autorités marocaines.

Vu le silence assourdissant et l’attitude intransigeante des autorités marocaines, vu les pratiques inhumaines de détention infligées à Ali Aarrass, la Belgique doit demander le transfert immédiat de son citoyen vers la Belgique.

samedi 1 avril de 12 – 14h Place de la Monnaie, Bruxelles

Evénement facebook cliquez ICI

PETITION AMNESTY INTERNATIONAL à SIGNER EN LIGNE : LE QUOTIDIEN D’ALI AARRASS : ENFERMÉ À L’ISOLEMENT 23 HEURES PAR JOUR DEPUIS PLUS DE 4 MOIS

cliquez ICI

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